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Rugby – Rétro 2017 (2/2) : Black Ferns, Antoine Dupont et le Mondial 2023 au menu

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2017 aura été une année mouvementée pour le monde de l’Ovalie. Aujourd’hui, deuxième partie de notre rétrospective, avec au menu notamment, le sacre des Black Ferns et l’explosion Antoine Dupont. 

26 août : les Black Ferns récupèrent leur bien

En Irlande, les Néo-Zélandaises n’ont pas fait dans la dentelle à l’occasion de la Coupe du Monde féminine. 49 essais inscrits sur l’ensemble de la compétition, dont 19 rien que pour leur premier match, face aux pauvres Hongkongaises. En finale, les Black Ferns étaient opposées aux Anglaises, tenantes du titre.  Dans un match accroché et passionnant, les coéquipières de Portia Woodman, meilleure marqueuse du Mondial avec 13 essais, s’imposent 42-31 et décrochent leur cinquième titre mondial. Comme pour les hommes, les Néo-Zélandaises ne laissent que des miettes aux autres nations. Très belle troisième place pour les Bleues, battues en demi-finale par l’Angleterre ; elle auront eu le mérite de redonner du baume au cœur aux supportrices et supporters tricolores.

Les Néo-Zélandaises intouchables en Irlande – Getty Images


11 novembre : Antoine Dupont flambe

A 21 ans, le demi de mêlée du Stade Toulousain impressionne et détonne. S’il a explosé à Castres entre 2016 et 2017, le natif de Lannemezan s’est parfaitement intégré dans la ville rose, symbole d’un club en plein renouveau. Auteur de quatre essais en sept matchs de Top 14 cette saison, Antoine Dupont a éclaboussé de son talent le premier test-match des Bleus face à la Nouvelle-Zélande, au Stade de France. Avec près de 100 mètres parcourus ballon en mains en six courses pour sept défenseurs battus, il a maintenu le XV de France en vie, avec sa fougue et sa vision du jeu quasi parfaite, et ce même quand les siens étaient au fond du trou. Excellent en défense avec sept plaquages et un ballon gratté, il a sans cesse remis les Bleus dans le sens de la marche, comme sur cette percée au centre du terrain en début de seconde période, où il a déchiré la défense néo-zélandaise. Malgré la lourde défaite (18-38), l’ancien Castrais a montré qu’il fallait désormais compter sur lui en équipe de France. Une éclaircie au milieu de la tempête.

Face au All Black Beauden Barrett, meilleur joueur du monde, Antoine Dupont ne s’est pas défilé – Alain Jocard / AFP


15 novembre : la France organisera le Mondial en 2023

Au terme d’un grand retournement de situation, la France accueillera la Coupe du Monde du rugby pour la deuxième fois, en 2023. Alors que World Rugby avait recommandé la candidature de l’Afrique du Sud fin octobre, les fédérations et confédérations en ont décidé autrement à Londres, lieu de l’annonce du pays hôte. La candidature tricolore l’a emporté par 24 voix contre 15 au deuxième tour face à la candidature sud-africaine. Gros lobbying effectué par les acteurs du projet français, Bernard Laporte en tête, a porté ses fruits. Si cela est une bonne chose pour les amateurs de rugby dans l’hexagone, on se souviendra également du manque de fair-play des instances françaises, suite à la recommandation de l’instance dirigeante du rugby mondial : dans les colonnes du Figaro du 3 novembre dernier, le président de la Fédération Française de Rugby dégainait :

« On nous dit que nos hôtels sont moins bien qu’en Afrique du Sud alors qu’on est le pays le plus visité au monde. On nous dit qu’à Saint-Etienne, il n’y a pas assez de chambres, alors qu’ils ont organisé le championnat d’Europe de football il y a un an. On nous dit que les stades sont moins bons qu’en Afrique du Sud, alors qu’ils sont neufs […] On est moins bien notés sur le dopage parce qu’on nous dit qu’on est trop sévères ! Sur la sécurité, on est au même nombre de points alors qu’il y a 52 morts par jour en Afrique du Sud. C’est un truc de fou ! »

Du Bernard Laporte dans le texte. Bref, on retiendra qu’une chose, c’est que le rugby sera à la fête en France dans six ans. On ne va pas s’en plaindre.


25 novembre : l’Écosse, plus qu’un épouvantail

Qu’on se le dise, le rugby écossais est en train de progresser aussi vite que le rugby français creuse sa tombe. Réputé pour être joueur mais inconstant par le passé, le XV du Chardon mêle aujourd’hui l’utile à l’agréable. Le départ de Vern Cotter n’a rien changé, et le relais pris par Gregor Townsend n’a fait que confirmer les progrès notables des Écossais. Durant la tournée d’automne, la bande à Stuart Hogg, l’intenable arrière des Glasgow Warriors, a tenu la dragée haute aux All Blacks, ne s’inclinant que de cinq points (17-22), dans un match d’une grande intensité. Mais c’est face aux Wallabies que le Chardon a marqué les esprits, en l’emportant 53-24 à Murrayfield, tout en inscrivant huit essais aux vice-champions du monde en titre. Une performance que les Écossais avaient déjà réalisé en juin dernier, en Australie, en s’imposant à Perth, (19-24). Et si Flower of Scotland était l’hymne en vogue durant le Tournoi des VI Nations 2018 ? Affaire à suivre.


27 décembre : Novès out, Brunel in

Sans surprise, tant la nouvelle avait fuité de toute part du côté de la Fédération depuis mi-décembre, Guy Novès a été débarqué du poste de sélectionneur du XV de France. L’ancien manager du Stade Toulousain était à la tête des Bleus depuis fin 2015 et une Coupe du Monde totalement ratée en Angleterre. Avec seulement 33% de victoires durant son mandat, Novès a donc été remercié par Bernard Laporte. Ce dernier a sans doute oublié que lors de ses deux premiers tournois des VI Nations dans la peau du sélectionneur, il avait eu le même bilan que Guy Novès, avec cinq victoires pour cinq défaites. Pas aidé à cause des blessés, abandonné par ses cadres et parfois en désaccord avec les hommes forts de la Fédération, le Gitan et son staff seront remplacés par Jacques Brunel, ancien manager de Perpignan et sélectionneur de la Squadra Azzura (2011-2016). Ce dernier ne sait toujours pas par qui il sera épaulé, car Bernard Laporte n’a pas annoncé de staff fixe pour le moment, et souhaiterait mobiliser les entraineurs du Top 14 avant les grands rendez-vous internationaux.  Face aux refus de Franck Azéma (Clermont), Patrice Collazo (La Rochelle), Fabien Galthié (Toulon) ou Pierre Mignoni (Lyon), la situation semble bien compliquée. Un beau bazar, en somme.

Jacques Brunel était l’adjoint de Bernard Laporte, lorsque ce dernier était à la tête du XV de France (2000-2007) – AFP

En revanche, l’histoire du (dés)amour entre Novès et Laporte ne va pas en rester là : la Fédération a licencié Guy Novès et son staff (Yannick Bru et Jeff Dubois) pour faute grave, sans entretien préalable entre les principaux intéressés. Le désormais ex-sélectionneur des Bleus a riposté, en pointant du doigt le caractère illégal de la manœuvre de Laporte&Co. On l’aura compris, on n’est pas au bout de nos surprises et 2018 s’annonce de nouveau tumultueux pour le rugby français. Mais où sont nos valeurs ?

Flo Ostermann

 


Journaliste/Rédacteur depuis septembre 2015 - Mes premiers souvenirs dans le sport ? Les envolées du Stade Toulousain et les duels Villeneuve-Schumacher et Häkkinen-Schumacher à la fin des années 90, la Coupe du monde de football en 1998, l’exploit du XV de France face aux All Blacks en 1999, mais aussi Richard Cœur de Lion qui vole sur les montagnes du Tour de France. Bien parti pour devenir professeur d’EPS, les événements de la vie (et la flemme d’animer des séances de 3x500 mètres toute ma vie) m’ont conduit à revoir mes plans. Me voilà depuis fin 2017 sur Dicodusport, média grâce (et pour) lequel je partage ma passion : le sport dans tous ses états. Le tout accompagné par les fous furieux et folles furieuses cités sur cette page !

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