Sulfureuse mais talentueuse : qui est Jutta Leerdam, nouvelle championne olympique sur 1000 m en patinage de vitesse ?
PATINAGE DE VITESSE JO 2026 – Championne olympique du 1000 m, Jutta Leerdam ne laisse personne indifférent. Portrait de la Néerlandaise.
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Jutta Leerdam a remporté sa toute première médaille d’or olympique
Elle avait tout gagné… sauf l’or olympique. À 27 ans, Jutta Leerdam courait après le Graal ultime dans une carrière de sportive déjà hors normes. Son palmarès parlait pour elle : sextuple championne du monde, dont trois titres sur le 1000 mètres (2020, 2022 et 2023), sextuple championne d’Europe, multiple vainqueure en Coupe du monde et figure incontournable du patinage de vitesse mondial. Année après année, la Néerlandaise s’était imposée comme la référence absolue de sa discipline, alliant puissance, glisse et une capacité rare à performer sous pression.
Pourtant, il lui manquait encore cette ligne symbolique, celle qui fait définitivement basculer une carrière dans une autre dimension : l’or olympique. Aux Jeux de Pékin en 2022, Leerdam avait buté sur la Japonaise Miho Takagi, se contentant d’une médaille d’argent frustrante. Une deuxième place prestigieuse, certes, mais vécue comme un inachevé par une athlète habituée à dominer. Depuis ce jour, le rendez-vous olympique était devenu une obsession assumée, un objectif central autour duquel s’est construite toute sa préparation.
À Milan-Cortina, la Néerlandaise a enfin effacé ce manque. En décrochant l’or olympique sur 1000 mètres, elle a non seulement complété son immense collection de titres, mais elle l’a fait avec la manière. Son temps de 1:12.31, nouveau record olympique, témoigne de sa supériorité du jour. Une victoire nette, sans contestation possible, construite sur une course parfaitement maîtrisée du premier au dernier mètre. Leerdam n’a laissé aucune ouverture à ses rivales, imposant son rythme et sa puissance dans un contexte de pression maximale.
À l’arrivée, ses larmes ont résumé bien plus qu’une simple joie sportive. Elles racontaient des années d’attente, de doutes parfois, et surtout le soulagement d’avoir enfin transformé un statut de favorite en consécration olympique. Car lorsqu’on est annoncée comme la grande patronne de la discipline, ne pas gagner l’or peut parfois peser plus lourd que de ne jamais avoir été attendue.

La « diva du patinage » a fait des vagues avant son sacre
Si la joie de Jutta Leerdam a été si intense au moment de son sacre, c’est aussi parce que sa route vers ces Jeux Olympiques a été loin d’être tranquille. Ces derniers mois, la Néerlandaise a parfois davantage fait parler d’elle pour l’extra-sportif que pour ses performances sur la glace. Arrivée aux JO en jet privé, elle a choisi de rester à l’écart de la délégation néerlandaise, préférant une préparation individualisée, centrée sur son bien-être et sa concentration.
Un choix assumé, mais qui n’a pas fait l’unanimité. Aux Pays-Bas, où la culture sportive reste très attachée au collectif, cette mise à distance a été perçue par certains comme une entorse aux règles tacites de l’équipe nationale. Le journaliste et ancien footballeur Johan Derksen n’a pas manqué de le souligner, estimant qu’« un entraîneur devrait exiger qu’elle respecte les règles de l’équipe ». Derrière cette critique se cache un débat plus large : jusqu’où une star peut-elle aller pour optimiser sa performance individuelle, au risque de froisser l’institution ?
Sur le plan purement sportif, la dynamique n’était pas non plus idéale. Son dernier titre mondial remontait à 2023, et elle avait été battue à plusieurs reprises lors des Championnats du monde suivants, en 2024 et 2025. Pour la spécialiste du 1000 mètres, cela nourrissait l’idée d’un léger recul, voire d’un passage de témoin progressif vers d’autres patineuses. À cela se sont ajoutées des interrogations physiques, notamment autour de sa cheville droite.
Une photo, devenue virale, l’a montrée en train de recevoir un soin à coups de marteau et de burin, pratique relevant de certaines médecines alternatives. Spectaculaire et déroutante pour le grand public, cette méthode a suscité moqueries, incompréhensions et débats. Là encore, Leerdam n’a pas cherché à justifier longuement ses choix, fidèle à son approche : faire ce qu’elle estime nécessaire pour être prête le jour J.
C’est assez courant comme pratique, y’a une chaine YouTube où pas mal de personnalité se font remettre en place a coup de marteau. C’est bizarre au début à voir.https://t.co/FsR5mvw1ZR
— Rémy JAC (@Remy_Jac) February 9, 2026
Au final, cette médaille d’or prend une valeur encore plus forte. Elle n’est pas seulement la récompense d’une course parfaite, mais aussi la réponse sportive à des mois de bruit médiatique, de doutes et de critiques. Dans le moment le plus exposé de sa carrière, Leerdam a choisi de répondre sur la glace.
Jutta Leerdam, millionnaire sur Instagram comme financièrement
Avant même son sacre olympique, Jutta Leerdam figurait déjà parmi les sportives les plus influentes de ces Jeux d’Hiver. Avec 5,3 millions de followers sur Instagram, elle dispose d’une visibilité exceptionnelle pour une athlète issue d’un sport hivernal. Sur les réseaux sociaux, elle partage son quotidien, ses entraînements, ses voyages et sa vie personnelle, construisant une image très travaillée, à la frontière entre sportive de haut niveau et icône lifestyle.
Ce choix de communication s’est traduit par une stratégie assumée : refuser les conférences de presse et limiter les échanges avec les journalistes avant les JO, préférant s’adresser directement à sa communauté. Une manière de maîtriser son discours et d’éviter les interprétations, mais aussi un positionnement qui interroge sur la place des médias traditionnels dans un événement aussi universel que les Jeux Olympiques.
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Cette influence se traduit aussi financièrement. Selon les informations de RMC, Jutta Leerdam aurait perçu environ 4,2 millions d’euros en 2025, ce qui la place parmi les sportifs les mieux rémunérés de ces Jeux Olympiques d’Hiver 2026, hommes et femmes confondus. Sponsoring, partenariats et exposition médiatique jouent un rôle clé dans ces revenus, bien au-delà des seules primes sportives.
Il faut dire que le patinage de vitesse est une véritable institution aux Pays-Bas. Là où ce sport reste encore confidentiel en France — malgré l’émergence de talents comme Timothy Loubineaud ou Violette Braun — il bénéficie outre-Rhin d’un écho populaire et médiatique immense. Leerdam incarne parfaitement ce lien entre sport, culture et spectacle.
En couple avec un pro-Trump
L’image parfois sulfureuse de Jutta Leerdam est également nourrie par sa relation avec Jake Paul, star de YouTube reconvertie dans la boxe. S’il serait réducteur de définir une athlète par son compagnon, le profil de ce dernier ne laisse personne indifférent. Accusé d’agression sexuelle, connu pour ses positions complotistes durant la pandémie de Covid-19 et pour avoir organisé des fêtes clandestines en période de confinement, Jake Paul traîne une réputation controversée.
Affiché comme pro-Trump, il s’est encore illustré récemment en critiquant sur le réseau social X le show de Bad Bunny lors de la mi-temps du Super Bowl, recevant au passage une note de la communauté pour propos trompeurs. Autant d’éléments qui contribuent à placer Leerdam sous un projecteur médiatique parfois éloigné du sport.
Mais sur la glace, la Néerlandaise a rappelé une chose essentielle : au-delà du bruit, des polémiques et de l’exposition, ce sont les performances qui restent. Et avec cet or olympique, Jutta Leerdam a définitivement inscrit son nom parmi les plus grandes de l’histoire du patinage de vitesse.
Purposefully turning off the halftime show
Let’s rally together and show big corporations they can’t just do whatever they want without consequences
(which equals viewership for them)
You are their benefit. Realize you have power.
Turn off this halftime. A fake American…
— Jake Paul (@jakepaul) February 8, 2026


