Super League : Le TO XIII pour remplacer Toronto ?
Lundi, les clubs de Super League ont voté à l’unanimité. Le Wolfpack de Toronto ne réintégrera pas l’élite du XIII européen, estimant que le projet n’était pas viable à long terme. 12 équipes doivent figurer pour la prochaine saison de Super League. Qui pour remplacer le club canadien dans l’élite ?
L’information nous vient du journaliste très bien informé John Davidson sur Twitter. D’après lui, les clubs de Super League pourraient voter dans la semaine pour le 12ème club qui les rejoindra pour la prochaine saison de Super League. Mais ces derniers pourraient également décider de rester à 11 formations. Dans le cas d’une nouvelle intégration, des critères de sélection seront mis en place et des votes auront lieu. À l’heure actuelle, on ne sait pas encore quels critères seront mis en place. On imagine que cela sera lié à la capacité financière du club, à ses infrastructures et à la qualité de son effectif.
Told by a reliable source that the Super League clubs will vote tomorrow for a 12th club for the competition for 2021. Selection criteria for who comes up to be decided.
— John Davidson (@johnnyddavidson) November 2, 2020
Le Toulouse Olympique XIII peut-il y croire ?
En tant que Français, il serait tout simplement formidable de voir un deuxième club tricolore dans l’élite du rugby à XII européen. Cela permettrait aux Dragons Catalans de Perpignan d’avoir davantage de concurrence à l’échelon national, et cela donnerait lieu à deux derbys chaque saison.
Points forts
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La progression du club
Le TO XIII est un club qui s’est construit brique par brique, pour être aujourd’hui un club bien installé dans le Championship, la deuxième division anglaise. Après deux titres de champion de France en 2014 et 2015, le club occitan a décidé de rejoindre le championnat anglais en 2016 avec dans un coin de la tête, l’objectif de rejoindre un jour la Super League, favorisé par le système de promotions/relégations des championnats. Le TO a d’abord fait ses preuves en League 1, synonyme de troisième échelon. La première saison est excellente : quasiment invaincus durant la saison, les Toulousains ont obtenu leur accession pour la Championship en gagnant le deuxième billet d’accession, grâce à des victoires contre York et Barrow, et ce après avoir perdu contre les Rochdale Hornets en finale.
Depuis 2017, le club est donc en Championship. Il termine 5ème lors de la première saison, ce qui est une excellente performance. Les bonnes prestations du club se ressentent aussi au niveau de la sélection, car des joueurs comme Bastien Ader ou Clément Boyer ont participé à la Coupe du monde 2017 avec l’équipe de France. L’année suivante, le club progresse encore et termine troisième du championnat derrière Toronto et les London Broncos. Qualifié pour les Super 8 Qualifiers, un système de classement permettant d’accéder à l’élite où l’on retrouve les quatre derniers de Super League et les quatre premiers du Championship, Toulouse échoue à la 6ème place avec un bilan de 3 victoires et 4 défaites et ne participe donc pas au Million Pound Game, synonyme de quatrième billet pour la Super League. Cette année-là, ce sont les London Broncos qui accèdent à l’élite.
L’année suivante, le TO XIII termine deuxième de la saison régulière derrière l’ogre et richissime club de Toronto qui a mis des moyens démesurés pour accéder à la Super League. Hélas, la Super League échappe encore aux Occitans après avoir perdu en demi-finales préliminaires contre Featherstone, qui s’inclinera par la suite face à Toronto qui rejoindra l’élite. Cette saison, le club était encore en Championship et avait démarré l’exercice 2020 sur les chapeaux de roue, avec 5 victoires en 5 matchs.
Depuis son arrivée dans le championnat anglais, Toulouse ne cesse d’impressionner les observateurs. La progression est constante, le club toulousain gagne des places chaque saison et est aujourd’hui un solide club de division 2. Des clubs comme Leigh ou Toronto, qui avaient des projets faramineux avec des patrons richissimes, se sont écroulés par la suite, car les projets n’étaient pas viables financièrement sur le long terme. Toronto en est le récent exemple : beaucoup d’argent, un contrat à 10 millions de dollars sur deux ans offert à Sonny Bill Williams, et au final une équipe avec beaucoup de joueurs, pour 6 défaites en Super League. Le futur du club est désormais en suspens, car il ne sera pas réintégré en Super League.
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L’effectif
Petit à petit, le club a mis en place un collectif bien rôdé, grâce à des coups astucieux effectués sur le marché des transferts. Quatre joueurs sont actuellement en équipe de France : Bastien Ader, Stan Robin, Bastien Canet et Stanislas Robin. Mark Kheirallah, capitaine de l’équipe, a été formé en NRL chez les Sydney Roosters et est présent au club depuis 2012. Junior Vaivai, recruté l’an dernier, sort lui aussi de la NRL où il a fait ses débuts avec les Rabbitohs. Il possède une solide expérience de la Super League après avoir joué une saison avec les Rovers d’Hull KR. D’autres joueurs comme James Bell, Frankie Winterstein ou Harrison Hansen ont également été formés en NRL et apportent à ce jour toute leur expérience au club.
Pour la prochaine saison, le club a également fait signer des joueurs de grande qualité. Eloi Pélissier fera son retour en France après un passage chez les London Broncos. Mitch Garbutt, le pilier australien, amènera son expérience suite à deux succès en finale de Super League avec Leeds. Ces dernières semaines, on parle beaucoup de Joseph Paulo et surtout de Dominique Peyroux, qui jouent tout simplement chez la meilleure équipe de Super League, à savoir St-Helens. Le club s’est encore renforcé, toujours dans l’objectif d’accéder à la Super League.
🚨 Le TO XIII recrute le talonneur international 🇫🇷 @EloiPelissier pour les deux prochaines saisons 💪👏
🇬🇧 Toulouse signs French international hooker Eloi PELISSIER for next 2 seasons 👍
Toutes les infos ici 👉 https://t.co/yb8RXzsVMR pic.twitter.com/4D8fAJ7LHY
— Toulouse Olympique XIII (@TOXIII) November 1, 2020
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Le stade
Le stade Arnauné est l’enceinte traditionnelle du club. Suite à des travaux, le club a dû délocaliser ses rencontres soit au Stade Argelès de Blagnac, soit à Ernest Wallon de manière exceptionnelle comme ce match face à Toronto où les Toulousains avaient écrasé les Canadiens. Ce match fut une franche réussite puisque 6 000 personnes étaient présentes dans les tribunes. Depuis, un accord a été trouvé avec Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, pour que le TO XIII dispute ses rencontres à Ernest-Wallon de manière permanente. Un vrai boost pour le club : la capacité du stade Arnauné est de l’ordre de 4500 personnes alors que celle d’Ernest Wallon est proche des 20 000 places, digne d’un club de Super League. Avec cet outil de travail partagé avec le Stade Toulousain, le TO XIII a un argument de poids.
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Les droits TV
On imagine que de voir deux équipes françaises dans le Top 12 de la Super League serait un boost pour les droits TV de la compétition. Diffuseur historique du rugby à XIII en France, beIN SPORTS a arrêté la diffusion de la Super League pour la saison 2020, estimant que l’augmentation réclamée par la Super League n’était pas viable pour la chaîne. Depuis, c’est la Chaîne L’Équipe qui a pris le relais, mais pour un nombre limité de matchs seulement. Si Toulouse accède à la Super League, beIN SPORTS reviendra-t-il dans la partie ?
Points faibles
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Toulouse n’est pas le seul candidat
Malheureusement, d’autres équipes sont également bien positionnées pour rejoindre la Super League. Leigh a aussi, sur le papier, un squad capable de rivaliser en Super League, tout comme le TO XIII. Widnes, relégué la saison dernière, pourrait faire partie des prétendants, même si le club a mal démarré sa saison sur le plan sportif. Le club de York a beaucoup d’argent, et a recruté pas mal de joueurs de Super League pour la prochaine saison. Les Broncos de London sont aussi un club bien géré, qui n’a peut-être pas autant d’argent que d’autres équipes, mais qui prend de bonnes décisions. De plus, il n’y a pas de club de Super League basé à Londres cette saison. La concurrence est de taille pour le TO.
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Les Anglais se favorisent entre eux
Les clubs de Super League ne pourraient pas voir d’un bon œil l’arrivée d’un deuxième club français dans l’élite. Ce n’est un secret pour personne, les clubs anglais apprécient peu la présence des Dragons Catalans. Ils estiment notamment que les coûts de transport pour disputer une rencontre au Stade Gilbert Brutus de Perpignan sont exorbitants alors que quand ils se déplacent en Angleterre, cela leur coûte logiquement beaucoup moins cher. De plus, les clubs de Super League n’ont pas été enchantés par la signature de l’Australien Israel Folau chez les Catalans, lui qui a fait scandale suite à des déclarations chocs postées sur son compte Instagram en 2019.
Le projet de Toulouse est solide, c’est un club qui a grandi pour être aujourd’hui bien ancré dans le championnat anglais. On espère de tout cœur que les Occitans pourront rejoindre la Super League. Bien sûr, pour le moment, nous sommes encore dans l’hypothèse, mais nous devrions avoir des réponses cette semaine sur la prochaine saison de Betfred Super League.


