Thibaut Pinot, quand le presque parfait ne suffit pas
Idéalement placé après les neuf premiers jours du Tour de France, Thibaut Pinot a perdu (presque) tout espoir de remporter la Grande Boucle sur la 10ème étape. Cruel.
Thibaut Pinot apprend, grandit et se bonifie avec l’âge, c’est un fait. Des nombreuses erreurs qu’il a pu faire par le passé, il a presque tout gommé, pour rendre une copie presque parfaite lors des neuf premières étapes de la Grande Boucle 2019. Mais à ce niveau d’exigence, la moindre erreur peut être fatale. Ce lundi, il était devant avec son équipe sur les premières tentatives de bordure, et il n’aura fallu qu’un moment d’inattention (et un rond-point) pour tout perdre, ou presque.
Pourtant, comme l’a expliqué le porteur du maillot jaune à l’arrivée pour nos confrères de L’Équipe, Julian Alaphilippe, le vainqueur du dernier Tour de Lombardie connaissait les risques :
Je savais que j’avais l’équipe autour de moi : à partir de ce moment-là, l’accélération s’est produite. Je n’ai su qu’après 5 ou 10 kilomètres qu’il était dans le groupe derrière. Quelques kilomètres avant, il était devant avec ses coéquipiers, il savait qu’il y avait des risques.

Thibaut Pinot avant le départ du Tour – AFP
Philippe Mauduit, directeur sportif de la FDJ, était quant à lui fataliste au micro de France Télévisions juste après l’arrivée :
C’est une sale journée ! Aujourd’hui (lundi), ce n’était pas le jour où il fallait passer à côté. Il y a eu la panique dans le peloton et on n’était pas présents. On a cafouillé au moment où il fallait être là. Il y a eu un moment où ils se sont perdus dans le peloton. On a vu que d’autre favoris étaient piégés comme Jakob (Fuglsang), Rigoberto (Uran), Richie (Porte). C’est le cyclisme…
Une déception, oui, mais pas une désillusion
Si ce Tour de France n’a pas encore rendu son verdict et que Thibaut Pinot est toujours en course pour réaliser une belle performance, il aura de nouveau appris sur ce Tour cuvée 2019. Le « presque parfait » ne suffit pas, chaque détail compte, et il n’y a pas de place pour l’incertitude ou le cafouillage.
Ce mardi, lors de la journée de repos, le leader de la Groupama-FDJ l’a reconnu, tout en pensant aux prochaines échéances : « Une bordure, c’est comme un chrono par équipe, on aurait dû être plus vigilant. Mais je sais que j’ai les jambes, j’ai la rage. Je suis encore sous le coup de la déception mais le matin du chrono et au Tourmalet, je repenserai à tout ça. Je me suis toujours relevé. Il peut se passer plein de choses, l’arrivée au sommet du Tourmalet va faire très mal et il n’y aura rien du tout, ça se jouera à la cuisse. »
Même son de cloche chez le big boss de la formation française, Marc Madiot : « La course continue, il ne faut pas s’arrêter à un rond-point mal négocié, à la difficulté sur un coup de bordure. Il n’y avait pas de place pour tout le monde, cela ne s’est pas passé comme on le voulait. On repart à l’attaque, on repart au charbon. » Des paroles qui contrastent, en bien, avec le dépit du coureur de Mélisey ce lundi, à Albi. Rassurant, à l’aube des premières hautes montagnes.


