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Cyclisme sur route

Thibaut Pinot : « Si je gagne le Tour en 2019, ce n’est même pas sûr que je continue en 2020 »

Nicolas Jacquemard

Publié le

Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2023 – Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) s’est livré à un grand entretien pour nos confrères de L’Équipe, au moment d’annoncer sa retraite en fin de saison

Le grimpeur français Thibaut Pinot vit ses derniers mois dans la peau d’un cycliste professionnel. À 32 ans (33 le 29 mai prochain), Thibaut Pinot prendra sa retraite dans quelques mois, au terme de son contrat avec le Groupama-FDJ qui restera sa seule équipe professionnelle. Le Franc-Comtois explique notamment qu’il vit bien le fait d’avoir décidé de mettre un terme à sa carrière.

Je ne dessine pas une croix sur le mur chaque matin parce qu’il me reste neuf mois à faire. Je suis serein, je n’ai aucune peur d’une petite mort ou ce genre de choses. Depuis que j’ai pris ma décision, je me sens beaucoup moins nerveux et plus libre. J’ai toujours dit que quand je ne serais plus capable de gagner, j’arrêterais. Et je parle de gagner à la pédale. J’ai toujours été lucide sur mes capacités. Je sais que je n’aurai plus jamais mon niveau de 2019. Ce qu’on attendait de moi, c’était de gagner le Tour.

2019, symbole d’une carrière au goût d’inachevé

Ensuite, Thibaut Pinot se confie aussi sur le Tour de France 2019 et fait une confidence de taille. S’il avait remporté le maillot jaune, il aurait pu mettre un terme à sa carrière fin 2019.

Si je gagne le Tour en 2019, ce n’est même pas sûr que je continue en 2020. J’étais dans ma bulle et je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait. C’est après que j’ai réalisé que je pouvais gagner le Tour. Peut-être que ça a été un mal pour un bien, peut-être que je n’aurais pas supporté de gagner le Tour de France. Mais sur le coup, non ça ne hantait pas mes nuits.

Au moment de faire le bilan de sa carrière, Thibaut Pinot reconnaît qu’il y aura toujours un goût d’inachevé. Le coureur aux 33 victoires en carrière revient notamment sur le Giro 2017.

Ma carrière entière est un inachèvement, pas seulement le Tour 2019. Les moments où j’ai été à 100 % et sans aucun pépin, ça se compte maximum sur les doigts des deux mains, sur quatorze ans. J’ai toujours eu une merde. Si ça se trouve, le Giro 2017, si je ne tombe pas malade comme un chien pendant dix jours, je dois le gagner (il finira 4e, à 1′17″ de Tom Dumoulin). C’est passé inaperçu, mais pour moi je suis plus proche là que dans le Tour 2019. C’est ma fragilité et finalement, je l’ai acceptée. Maintenant si j’ai une bronchite pendant la taille des pommiers, ça devrait aller (il rit).

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