Nous suivre
Cyclisme sur route

Toms Skujins, de l’ombre à la lumière

Olivier Dobiezynski

Publié le

Toms Skujins, de l'ombre à la lumière
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE – Équipier à l’année chez Lidl-Trek, mais redoutable lorsqu’il défend les couleurs de son pays, le Letton Toms Skujiņš mène une carrière atypique. Lumière sur un coureur qui ne ressemble à aucun autre.

Il n’a pas le nom le plus ronflant du peloton actuel. Le Letton Toms Skujiņš, 34 ans cette année, est pourtant un coureur qui mérite qu’on s’y attarde. Non pas tant pour son palmarès, finalement assez modeste, que pour sa capacité à sortir de sa boîte sur une course d’un jour et à livrer une performance XXL, notamment lors des grands championnats.

Un coureur habitué aux tâches obscures

En 2025, comme depuis son arrivée chez Lidl-Trek en 2018, Toms Skujiņš a surtout endossé le rôle d’équipier, que ce soit sur les courses par étapes ou sur les classiques d’un jour. Sur les Flandriennes, il évolue dans l’ombre d’un leader de la trempe de Mads Pedersen. Avec, en plus, des coureurs de renom comme Jasper Stuyven et des jeunes talents tels que Mathias Vacek au sein de la formation américaine, difficile pour le Letton de se faire une place au soleil sur les classiques. À l’exception peut-être des Strade Bianche, où il se voit généralement confier le rôle de leader, avec à la clé, par exemple, une deuxième place en 2024. Ainsi, malgré son profil de solide rouleur-puncheur, il ne compte qu’un seul top 10 sur un Monument : une dixième place au Tour des Flandres 2024.

Sur les courses par étapes, Skujiņš se contente d’un rôle d’équipier, même s’il lui arrive de jouer sa carte sur des étapes ciblées. Il a ainsi terminé deuxième d’une étape du Tour de France 2020 derrière Nans Peters, ou encore d’une étape du Tour d’Italie en 2023. Prometteur à l’époque où il dominait le calendrier américain, le Letton a depuis rangé une partie de ses ambitions personnelles au profit du collectif, pour aider plus fort que lui.

Un homme de championnats

Cependant, le coureur balte a trouvé une autre manière d’exprimer son immense capacité physique et son mental de dur-au-mal. Il révèle toute sa valeur lorsqu’il revêt le maillot de l’équipe nationale lettone sur les grands championnats, qu’ils soient mondiaux ou européens. Ne souffrant d’aucune réelle concurrence — malgré la présence de coureurs comme Krists Neilands — il bénéficie d’une totale liberté pour s’exprimer. Sa science de la course en circuit l’aide également à s’y montrer régulièrement performant. Quatrième à Zürich en 2024, cinquième à Kigali cette année, il ne manque plus grand-chose à Toms Skujiņš pour décrocher une médaille mondiale. Même constat sur le plan continental, avec une belle cinquième place lors des Championnats d’Europe disputés en Ardèche cette année.

On pourrait penser que le Letton gâche un peu son potentiel en restant cantonné à un rôle d’équipier chez Lidl-Trek. Mais on peut aussi croire qu’il y trouve son équilibre : exercer son métier dans l’ombre, préparer minutieusement ses objectifs personnels et faire briller son pays lors des rares rendez-vous où les cyclistes courent pour leur nation. Une manière différente, mais tout aussi noble, de laisser sa trace dans le peloton moderne.





Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *