Toulouse, Toulon, La Rochelle : les grandes premières des clubs français en finale de Champions Cup
CHAMPIONS CUP – L’Union Bordeaux-Bègles dispute ce samedi sa première finale de Champions Cup contre Northampton. C’est le onzième club français à se hisser en finale de la plus belle coupe d’Europe. On fait le point sur les premières des dix autres clubs tricolores.
Ce samedi (15h45), l’Union Bordeaux-Bègles dispute la première finale de Champions Cup de son histoire. Face à Northampton, les Bordelo-Béglais peuvent écrire, à la fois, une page de son histoire et celle du rugby français. Le onzième club français à se qualifier pour une finale de la plus grande coupe d’Europe de rugby n’est plus qu’à un match de la consécration. Comme les joueurs de Yannick Bru, dix autres clubs français ont eu l’occasion de se confronter à leur histoire. Que s’est-il passé pour eux ? Et que sont-ils devenus par la suite ?
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1996 – Première finale de coupe d’Europe, le Stade Toulousain déjà dans le coup
Une finale de coupe d’Europe de rugby, un match qui va aux prolongations et le Stade Toulousain qui s’impose au bout du suspense. Non, on ne vous parle pas de la dernière finale de la Champions Cup contre le Leinster. Mais bien de la toute première finale de l’histoire de ce qui s’appelait la Heineken Cup. Une finale entre les Toulousains et le club de Cardiff. Un match accroché entre des Toulousains qui marquent deux essais dans le temps réglementaire. Par Thomas Castaignède (5ème) et Jérôme Cazalbou (10ème). Toulouse a pris la main, mais les Gallois ont grignoté avec des pénalités. Pour arracher la prolongation (15-15). C’est finalement Christophe Deylaud qui aura le dernier mot, sur une pénalité à la 115e minute.
La suite ?
Cinq autres Coupe d’Europe suivront cette première. Dont la dernière l’an passé contre le Leinster. Ce qui fait du Stade Toulousain le club le plus titré de l’histoire de la compétition. Mais, battus en demi-finale cette année par l’UBB, les Toulousains devront patienter pour la septième.
🏉 Les joueurs du Stade toulousain soulèvent leur cinquième trophée européen dans le ciel de Twickenham. Après 1996, 2003, 2005 et 2010, il y a maintenant 2021 ! #ChampionsCup #SRST pic.twitter.com/x4B1hwEaY5
— francetvsport (@francetvsport) May 22, 2021
1997 – Le CA Brive succède au Stade Toulousain
La coupe d’Europe est Française. Un an après le Stade Toulousain, c’est le CA Brive (de Patrick Sébastien, celui qui chante les sardines), qui s’impose pour la deuxième édition. Et cette fois, pas de contestation face à Leicester. Une nette victoire 28-9. Après un premier acte accroché (8-6), les Brivistes pulvérisent les Anglais dans le second acte. Sébastien Viars (5ème), Gérald Fabre (55ème), Sébastien Carrat (64ème), (80ème), marqueront les quatre essais des Corréziens. Des Anglais démolis, mais aussi un avion bien saccagé sur le trajet du retour. Sur ça, le CA Brive s’en est bien moins vanté.
La suite ?
Les Brivistes retourneront en finale de coupe d’Europe l’année suivante. Tous proches du « back to back » ils tiennent encore la victoire à l’amorce du temps additionnel, contre les Anglais de Bath. Qui vont offrir aux Français une bien vilaine douche froide, quand Jonathan Callard (auteur de tous les points de son équipe) marque la pénalité de la gagne (19-18). Pour Brive, c’est le début d’un lent déclin. Depuis dix ans, c’est l’alternance Pro D2 et Top 14. En course, cette saison, pour l’accession dans l’élite française, avec une demi-finale de Pro D2 à venir.
L’essai de Viars (fallait donner avant !). RT si tu aimes, 💜 si c’est ton préféré #20ansdeja https://t.co/TIkkg8ZoGU
— 📌 Allez Brive ⬇️ (@allezbriverugby) January 25, 2017
1999 – Colomiers, une première sans suite
S’il y a bien un exemple que l’UBB ne veut pas suivre, c’est celui de l’US Colomiers. Le club de la banlieue de Toulouse connait une période dorée au tournant des 20ème et 21ème siècles. Avec une finale perdue du championnat de France en 2000. Et un an auparavant, une finale perdue en Coupe d’Europe. Une vraie surprise de voir ce « petit club » se hisser en finale. Malheureusement, en finale face à l’Ulster, il n’y aura pas match. Le club irlandais s’impose assez facilement 21-6, dans une finale sans le moindre essai.
La suite ?
Après ces deux épopées, Colomiers retombe dans le rang. Une double relégation financière les amène en 2004 en Fédérale 1 (qui était à l’époque le 3e échelon du rugby français). Il alternera entre Pro D2 et Fédérale 1 jusqu’en 2012, avant de s’installer dans le second échelon français. Depuis le début des années 2020, le club remonte en puissance. Leader l’année de l’interruption liée au Covid, Colomiers dispute les barrages de Pro D2 cette saison, comme ce fut le cas en 2021 et 2022. En ayant terminé 3e de la saison régulière. Et en étant sans doute l’équipe la plus séduisante du championnat.
#OnThisDay, 1999✨
25 years ago today Ulster beat Colomiers 21-6 in the 1999 Heineken Cup Final 🏆 pic.twitter.com/IMefGgdnpw
— Ulster Rugby (@UlsterRugby) January 30, 2024
2001 – Le Stade Français battu au terme d’une finale spectaculaire
Avec Max Guazzini à sa tête, le Stade Français est redevenu un ambitieux du rugby français. L’un des clubs omnisports les plus célèbres de France (à l’époque) applique naturellement ses ambitions à l’échelle européenne. Et atteint la finale de la Coupe d’Europe en 2021. Une finale qui reste à ce jour une des plus spectaculaires de l’histoire de la compétition. Mais cela ne tournera pas en faveur des Parisiens. Qui vont mener à plusieurs reprises dans cette finale. Notamment à deux minutes du terme, avec un drop de Diego Dominguez (78e), auteur des 30 points de son équipe, tous à la botte. Avant de se faire crucifier dans la foulée sur un essai. Une défaite 34-30.
La suite ?
Le Stade Français a été en finale en 2005, de nouveau battu, cette fois-ci par le Stade Toulousain. Institution du rugby français, malgré quelques sursauts (un titre en 2015 et une demie la saison passée en Top 14), les Parisiens n’ont plus la puissance des années 2000. Cette année est même une année galère. Le maintien n’étant pas du tout validé à deux matchs de la fin du championnat. L’institution est en péril et voir le Stade Français en Pro D2 serait une révolution dans le rugby tricolore. Loin d’une potentielle finale de Champions Cup.

Malgré un Diego Dominguez de gala, le Stade Français a perdu en finale de la Coupe d’Europe 2001 – Photo Icon Sport
2003 – L’USA Perpignan battue par Toulouse
Première finale franco-française de l’histoire de la coupe d’Europe, l’USA Perpignan défie le Stade Toulousain, de retour à ce niveau, après le sacre lors de la première compétition. Et c’est le plus expérimenté qui prendra le dessus sur le petit nouveau. Si le score reste serré au final (22-17 pour Toulouse), jamais les Catalans n’ont vraiment été en mesure de peser dans cette finale. Menés 19-0 à la pause, la réaction sera trop tardive, à l’image de l’essai de Pascal Bomati dans le temps additionnel. Un essai pour l’honneur et rendre le score un peu moins lourd. Toulouse file vers son second sacre.
La suite ?
Après une période dorée jusqu’au début des années 2010, avec un titre de champion de France en 2009, les Catalans sont relégués en Pro D2 en 2014. Une relégation à la fois historique et surprise. Ils vont y rester jusqu’en 2018, avant de faire l’ascenseur et de s’installer en Top 14 depuis 2021. Mais souvent sur le fil, comme cette saison, où l’USAP occupe actuellement la 13e place, synonyme de barrage. Mais semble monter un projet cohérent et sérieux, qui pourrait payer à moyen terme. À condition d’éviter la relégation cette saison.
On remonte le temps jusqu’en 2003 avec cette finale contre l’USAP , un essais de Clerc après une action titanesque de Jauzion. Le centre ultime. pic.twitter.com/x4cTtTPSma
— ACTU’ STADE TOULOUSAIN (@actu_stade) May 21, 2024
2006 – Le Biarritz Olympique échoue lui aussi
Autre club phare du rugby français, le Biarritz Olympique accède la finale en 2006. Comme le Stade Français, cela se solde par une défaite. Comme le Stade Français, une défaite frustrante face au Munster (23-19). Après avoir ouvert le score (7-0), les Biarrots craquent dans les dix dernières minutes du premier acte (10-17). Menés même de dix points, ils reviennent petit à petit, jusqu’à un point (19-20). Mais l’ultime pénalité d’un certain Ronan O’Gara (73e) redonne l’avantage définitif à la province irlandaise. Il n’a pas manqué grand-chose face à une équipe qui jouait sa troisième finale pour son premier sacre.
La suite ?
Le BO connait un âge d’or dans les années 2000. Qui l’amène sur une nouvelle finale de la coupe d’Europe en 2010. Sur un nouveau duel franco-français contre le Stade Toulousain. Une nouvelle finale perdue de peu (21-19). Qui marquera le lent déclin des Basques. Avec une descente en Pro D2 en 2014 (en même temps que Perpignan). Ils y resteront jusqu’en 2021, avec un passage éclair en Top 14. Aujourd’hui maintenu sportivement en Pro D2, le BOPB se voit rétrogradé financièrement en Nationale. Et fait appel de la décision. L’avenir n’est désormais plus totalement dans leurs pieds.
Speaking of memories to cherish….@Stringer9‘s try against Biarritz in the 2006 @ChampionsCup final is one that no Munster fan will ever forget. #ThanksPeter pic.twitter.com/rWn2BTMTDR
— Munster Rugby (@Munsterrugby) June 26, 2018
2013 – Nouveau duel franco-français avec le RC Toulon et l’ASM Clermont, tous deux novices
Encore un duel franco-français en 2013, avec la finale entre le RCT et l’ASM. Une finale dominée par les Varois au bout du suspense (16-15). Avec notamment ce fameux essai de Delon Armitage où il chambre la défense clermontoise avant d’aller aplatir l’essai qui permet au sein de reprendre définitivement le match en main (63ème). Chacune des deux équipes a eu son moment dans cette finale.
La suite ?
Ce titre entame une ère de trois titres consécutifs pour le RC Toulon (un exploit encore inédit aujourd’hui dans la compétition). Dont un sacre en 2015, de nouveau contre les Clermontois, dans ce qui fut le vrai feuilleton du rugby français dans le cœur des années 2010. Clermont retrouvera même une 3e fois la finale, encore perdue face aux Saracens en 2017.
Les deux équipes sont ensuite un peu retombées dans le rang, avec des apparitions en phase finale du Top 14, des apparitions en Champions Cup. Mais sans pour autant retrouver le lustre de cette époque dorée. Aussi, cette saison est probante pour Toulon. Toujours en course pour une demi-finale directe en Top 14 et beau quart de finaliste de Champions Cup (battu par Toulouse). Clermont lutte pour le Top 6.

2016 – Comme Clermont, le triplé perdant pour le Racing 92
Équipe émergente des années 2010 (un peu après le RC Toulon), le Racing 92 atteint les sommets européens en 2016. Et ce sont les Saracens qui vont stopper la route du club francilien. En forme de belle leçon (21-9). Le Racing dominé par le métronome Owen Farrell (qui porte désormais les couleurs ciel et blanche) qui marquera pas moins de sept pénalités dans cette finale. L’indiscipline coûte cher à une époque où le rugby était plus fermé qu’aujourd’hui. Avec moins d’occasions de faire la différence et des points au pied plus primordiaux.
La suite ?
Comme Clermont, le Racing se hissera trois fois en finale, pour trois défaites (15-12 contre le Leinster en 2018 et 31-27 contre Exeter en 2020). Jamais loin, mais jamais gagnant. Cette défaite en 2020 marque le déclin du Racing, qui laisse place paradoxalement à une vraie ère dorée du rugby français dans la compétition. Le Racing était encore en phase finale de Top 14 l’an passé. Est encore en course cette année, même s’il faudra sans doute un miracle. Mais les Racingmen ont longtemps flirté et touché la zone orange cette saison. On est loin du lustre de la fin des années 2010.
2021 – La Rochelle, la défaite en apprentissage accéléré
Encore un duel franco-français en 2021. Le rugby repart de plus belle après le Covid et on a même le droit de gouter au bonheur d’une ambiance et des spectateurs en finale de la Champions Cup, après des mois et des mois de huis clos. Une finale qui oppose Toulouse à La Rochelle, nouvel ogre ambitieux qui a progressé de manière fulgurante sur la scène nationale et européenne. Mais qui subit la loi des Toulousains, décidément coupeur de tête compatriotes en finale européenne. Une finale remportée 22-17 par les hommes d’Ugo Mola. Qui sont alors allés chercher leur cinquième sacre européen. Devenant la seule équipe en tête du nombre de victoires.
La suite
Cette finale ouvre une série de trois consécutives. Mais les deux autres vont être remportées par les Rochelais. À chaque fois face au Leinster (24-21 et 27-26). Avec un certain gout pour la deuxième, qui se jouait à l’Aviva Stadium, l’antre du Leinster. Et alors que les Irlandais avaient réalisé une entame de match tonitruante. La Rochelle avait fait basculer le match dans le second acte. En revanche, sur la scène nationale, jamais La Rochelle n’a pu faire basculer son destin. Crucifié en 2023 face au Stade Toulousain et le rush de Romain Ntamack. Les deux dernières saisons sont plus compliquées, tant sur le plan national, qu’européen. Même si les Rochelais vont mieux, en cette fin de championnat, leur place dans le Top 6 n’est pas acquise.
La saison dernière s’est terminée sur un titre historique pour le Stade Rochelais 🤩
Mais comment les champions se défendront cette année ?
Prévision de la saison de #ChampionsCup 👉 https://t.co/CcgOJVFbGd pic.twitter.com/uY5bMFxyaA
— Investec Champions Cup France (@ChampionsCup_FR) November 17, 2022


