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Tour d’Italie 2023 : Les coureurs à suivre

Emilien Descampiaux

Publié le

Tour d'Italie 2023 Les coureurs à suivre
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TOUR D’ITALIE 2023 – 22 équipes seront présentes au départ du 106eme Giro d’Italia. On fait le tour des forces en présence et des coureurs à suivre.

La Soudal Quick-Step autour d’Evenepoel

La Soudal Quick-Step sera bien sûr axée autour de son leader pour le classement général : Remco Evenepoel. Le vainqueur du Tour d’Espagne passe à l’étape supérieure avec le Tour d’Italie et ses étapes de haute-montagne. Surpuissant en contre-la-montre et solide en montagne, le prodige belge doit encore prouver au-delà des 2 000 mètres d’altitude. De plus, contrairement à La Vuelta, son équipe sera bien plus forte avec le renfort de Jan Hirt, les progrès d’Ilan Van Wilder et l’expérimenté Mattia Cattaneo. Hirt (6e l’an dernier) peut rester une bonne carte en cas de mésaventure avec Remco Evenepoel pour le général. De l’expérience, Pieter Serry en apportera beaucoup tout comme Davide Ballerini dans la plaine.

La Jumbo-Visma, quelque peu amoindrie, avec Roglic comme leader

Primoz Roglic est l’autre grand favori à la victoire finale. Le Slovène de 33 ans a fini troisième de l’édition 2019 et compte trois Tours d’Espagne à son palmarès. Malheureusement, il doit faire face à l’avènement de Jonas Vingegaard au sein de l’équipe Jumbo-Visma. Alors, Roglic est présent sur les routes italiennes pour garder son statut au sein de sa formation néerlandaise. Roglic n’est pas connu pour être un coureur très offensif. Il est plutôt calculateur grâce à son punch et sa pointe de vitesse. Excellent dans le contre-la-montre, il sera à la lutte avec Remco Evenepoel dans ce domaine. Maintenant, l’équipe présente autour de lui sera certes moins forte que sur une Grande Boucle, mais elle reste solide. Sepp Kuss sera bien sûr le principal lieutenant en haute montagne. L’Américain a montré à de nombreuses reprises son importance pour soutenir Roglic lors des Grands Tours et des courses par étapes. Mais, l’Américain a montré quelques signes d’agacement sur son rôle au sein de l’équipe.

Le meilleur grimpeur de la dernière édition, Koen Bouwman, fera son travail en montagne jusqu’à la limite. Excellents rouleurs, Edoardo Affini et Jan Tratnik seront importants dans la plaine, voire un peu plus pour Tratnik. Enfin, la seule interrogation sera le jeune Michael Hessmann. Troisième du dernier Tour de l’Avenir, l’Allemand découvrira les joutes d’un Grand Tour. Malheureusement, le COVID a éliminé de la liste Tobias Foss et Robert Gesink. Ils sont remplacés par la machine à rouler Rohan Dennis et le grimpeur Sam Oomen, appelé en renfort après le forfait de Jos van Emden.

La densité d’UAE Team Emirates

UAE Team Emirates proposera une belle sélection sur ce Tour d’Italie. Deuxième de Tirreno-Adriatico et troisième du Tour de Catalogne, Joao Almeida sera le leader pour le général. Le Portugais a terminé quatrième et sixième du général en 2020 et 2021. Néanmoins, pour monter sur le podium, il va falloir être costaud sur les trois semaines en limitant les coups de mou. Sur les étapes de montagne, il sera protégé par Jay Vine, Brandon McNulty et Davide Formolo. Pour les sprints massifs, Pascal Ackermann essaiera de s’imposer avec l’aide de Ryan Gibbons.

Enfin, Alessandro Covi et Diego Ulissi auront leur carte à jouer sur les étapes vallonnées en plus de jouer les équipiers pour Almeida. En cas de déception avec Almeida, Vine a montré l’an dernier sur La Vuelta qu’il peut aller chercher des étapes de montagne et le maillot de meilleur grimpeur.



Bahrain-Victorious avec plusieurs cartes

Grande favorite pour le classement général par équipes, la Bahrain-Victorious présentera un groupe solide avec deux coureurs qui sont déjà montés sur un podium d’un Grand Tour. Damiano Caruso a connu son heure de gloire en 2021 avec une incroyable dernière semaine qu’il lui avait permis de monter sur la deuxième marche du podium du Tour d’Italie. Le vétéran italien de 35 ans ne sera peut-être plus capable de s’élever à un tel niveau ,mais il lui reste de beaux restes. Gravement blessé sur le Tour de France l’an dernier, Jack Haig sera le leader de sa formation. Le troisième du Tour d’Espagne a vu sa forme progresser ces dernières semaines avec une dixième place à Paris-Nice et une troisième sur le Tour des Alpes.



Enfin, Santiago Buitrago s’est révélé sur les routes italiennes l’an dernier avec un succès d’étape et une douzième place au général. Le grimpeur colombien de 23 ans a continué de progresser en ce début d’année avec une troisième place à Liège-Bastogne-Liège, au Saudi Tour et sur le Tour d’Andalousie ainsi qu’une huitième place sur le Tour des Alpes.

INEOS Grenadiers avec appétit

Tao Geoghegan Hart sera un sérieux prétendant au podium à Rome. Intrinsèquement, il semble un peu en dessous de Roglic et Evenepoel. Le vainqueur du Giro 2020 va devoir limiter les dégâts sur les chronos avant de s’exprimer pleinement en montagne. Troisième de Tirreno-Adriatico et vainqueur du Tour des Alpes, il semble être proche d’être à 100 %. Malheureusement, TGH va devoir partager le leadership avec Geraint Thomas. Le Gallois a fini troisième du dernier Tour de France derrière les deux meilleurs coureurs de Grands Tours actuels. Thomas connaît une de ses dernières grandes saisons physiquement parlant.

Même s’il n’a jamais brillé sur le Giro, il sait très bien se préparer pour un grand rendez-vous. Avec Pavel Sivakov (9e en 2019), Laurens De Plus et Thymen Arensman (6e du dernier Tour d’Espagne), il y aura de solides grimpeurs autour des leaders. Avec le grimpeur néerlandais, INEOS Grenaders a même trois coureurs capables d’entrer dans un top 10 à Rome et de jouer le général par équipe. Filippo Ganna tentera de s’emparer du premier maillot rose et de gagner les deux premiers chronos. L’Italien n’hésitera pas à donner un coup de main dans la plaine.

Bora-Hansgrohe en embuscade

Quatrième du Tour d’Italie 2021 et cinquième du Tour de France 2022, Aleksandr Vlasov espère monter enfin sur la boîte au bout de trois semaines de course. Le coureur russe a été plus en retrait en ce début d’année en se classant cinquième du Tour de Valence et neuvième de Tirreno-Adriatico. Sur le Tour des Alpes, il s’est montré irrégulier avant son abandon. Vlasov devrait limiter la casse sur les contre-la-montre et sera parmi les meilleurs en montagne. Néanmoins, il doit compter sur la sous-performance de Thomas, Evenepoel ou Roglic pour monter sur le podium.

Dix-neuvième du dernier Giro avec un succès d’étape sur l’Etna, Lennard Kämna sera le principal lieutenant en montagne de Vlasov ,à moins qu’on retrouve du grand Bob Jungels. L’Allemand sort d’un excellent Tour des Alpes et a montré l’an dernier un grand soutien en haute montagne lors de la prise de pouvoir de Jai Hindley. Le rouleur luxembourgeois, lui, a réalisé ses meilleurs résultats en Grands Tours sur le Giro : 6e en 2016 et 8e en 2018. Enfin, Giovanni Aleotti a du mal à confirmer les espoirs posés en lui après sa deuxième place sur le Tour de l’Avenir 2019.


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Objectif étapes pour AG2R Citroën et Jayco AlUla

Sans véritable leader pour le général, l’équipe AG2R Citroën visera essentiellement les étapes avec une équipe jeune. Lauréat d’une étape en baroudeur en 2021, Andrea Vendrame sera l’atout numéro un avec un profil polyvalent capable de régler un petit groupe au sprint et d’être plus que correct dans un petit col. Aurélien Paret-Peintre avait fini seizième en 2020 avec une concurrence assez limitée. Néanmoins, son Tour de France s’achevait au quinzième rang l’année suivante et il avait montré de réelles capacités en montagne. Après une saison 2022 décevante, le natif d’Annemasse pourrait se tester pour viser une place générale dans les 15 premiers. Cependant, en cas de défaillance, il visera lui aussi les échappées.

Ensuite, Eddie Dunbar sera pour la première fois de sa carrière le leader de son équipe sur un Grand Tour. Le coureur irlandais, propulsé leader de la Jayco-AlUla ressemble beaucoup à Simon Yates. Va-t-il tenir sur les trois semaines ? Le neuvième du dernier Tour de Romandie a quand même quelques lacunes en contre-la-montre et semble limité en haute montagne. Une place à l’entrée du top 10 serait déjà un bon début dans ce projet de coureur de Grand Tour. Filippo Zana sera très suivi par le public italien avec son maillot de champion d’Italie. Il sera un des lieutenants de Dunbar en montagne. Enfin, Michael Matthews peut être un candidat sérieux au maillot cyclamen et à certaines étapes sélectives. Son équipe tentera de disperser les sprinteurs dans certaines étapes sélectives.

Trek-Segafredo et Alpecin-Deceuninck à la chasse aux bouquets

La Trek-Segafredo a perdu sa meilleure carte pour le général en la personne de Giulio Ciccone, covidé. L’Italien était auteur d’un super début de saison. L’équipe américaine jouera presque tout sur Mads Pedersen. Le Danois est le grand favori pour le maillot cyclamen. Vainqueur de trois étapes sur le dernier Tour d’Espagne, il peut gagner à la fois dans les sprints massifs et sur les arrivées escarpées. Bauke Mollema ne jouera pas sa carte au général, mais un succès d’étape sur une étape de montagne. Natnael Tesfatsion sera à suivre chez les puncheurs. Comme pour Jayco-AlUla, elle sera déterminée sur certaines étapes à distancer les gros sprinteurs sur des parcours avec du relief.

Sans ses deux chefs de file Jasper Philipsen et Mathieu van der Poel, Alpecin-Deceuninck tentera d’aller chercher au moins un bouquet cette année. Elle comptera sur son sprinteur australien Kaden Groves, vainqueur d’étape sur le dernier Tour d’Espagne. De plus, il a fait des progrès sur les parcours vallonnés cette saison et ne devrait pas être lâché tel un Jakub Mareczko. Groves bénéficiera des expériences de Ramon Sinkeldam et de Kristian Sbaragli à l’amorce de l’emballage final. Lauréat à Gênes l’an dernier sur le Giro, Stefano Oldani essaiera de rééditer l’exploit cette année sur une étape vallonnée. Nicola Conci a le même profil.

Qu’attendre de Cofidis, Astana et EF Education EasyPost ?

Chez Cofidis, on chassera les étapes. Simone Consonni a fini à trois reprises sur un podium d’étape et le sprinteur espère enfin récupérer un bouquet sur ses terres. Davide Cimolai est dans la même situation mais son rôle au sein de l’équipe nordiste a changé en devenant poisson-pilote. Sur les étapes vallonnées et les arrivées pour les puncheurs, Victor Lafay aura une belle carte à jouer, lui qui a remporté la huitième étape de l’édition 2021. En haute montagne, Rémy Rochas pourra enfin jouer sa carte au lieu de jouer les lieutenants pour les grimpeurs de l’équipe.

Côté Astana, Mark Cavendish tentera de décrocher un dix-septième succès d’étape sur les routes du Giro. Malheureusement, le champion de Grande-Bretagne n’a presque rien montré depuis le début de saison, hormis une troisième place sur le Grand Prix de l’Escaut. On devrait de toute façon voir les coureurs de la formation kazakhe dans les échappées avec Samuele Battistella, Luis Leon Sanchez, Simone Velasco et Cristian Scaroni.

Deuxième en 2013 et en 2014, Rigoberto Uran n’a plus le niveau pour retrouver le podium. Mais le Colombien peut être utile pour chercher un succès d’étape et une place au général. Les dirigeants de l’équipe américaine EF Education EasyPost attendent plus de Hugh Carthy. La grande tige britannique vient de finir deuxième du Tour des Alpes et est déjà montée sur le podium d’un Grand Tour : troisième du Tour d’Espagne 2020. Carthy peut entrer dans les 5 premiers avec une belle troisième semaine. Enfin, Magnus Cort Nielsen sera présent pour troubler les cartes sur les sprints après une étape difficile ou en échappée pour faire parler sa pointe de vitesse. Le Danois a prouvé à de nombreuses reprises qu’il était un poison dans une échappée.

Dernier Grand Tour pour Thibaut Pinot ?

Quatrième en 2017, Thibaut Pinot ne devrait pas jouer une place au général dans un premier temps. Il visera un succès d’étape et si les jambes suivent en troisième semaine, pourquoi pas se mêler à la bagarre. Sinon, il peut aussi lorgner du côté du maillot de la montagne. Le grimpeur franc-comtois s’est rassuré sur le dernier Tour de Romandie.  Le vice-champion du monde du contre-la-montre Stefan Küng visera les deux premiers chronos avec de fortes chances de succès. Mais, le Suisse devrait faire face à la concurrence de Evenepoel, Ganna et Roglic. Bruno Armirail fera office de repère pour Küng sur les chronos et de soutien en montagne pour Pinot, comme il l’avait fait sur la Vuelta pour David Gaudu. Rudy Molard devrait tenter sa chance sur les profils accidentés alors que Jake Stewart devrait se frotter aux sprinteurs sur certaines arrivées massives.

Contrairement à ses habitudes, la Movistar n’aura pas de coureurs pour briller au classement général. La formation espagnole misera dans un premier temps sur son sprinteur colombien Fernando Gaviria, déjà lauréat à six reprises sur le Giro. Gaviria sera soutenu dans les sprints par Max Kanter et Albert Torres. Malheureusement, Gaviria risque de connaître des soucis dès que la route s’élèvera quelque peu. Dans un second temps, la formation espagnole comptera sur Einer Rubio et Carlos Verona pour aller chercher une étape en montagne. Le Colombien a gagné une étape sur l’UAE Tour et pourrait être une bonne surprise au classement général. Enfin, Will Barta peut briller sur le chrono inaugural.

Comme beaucoup d’équipes, Intermarché-Circus-Wanty visera une victoire d’étape avec des coureurs et des profils très différents. Arne Marit et Niccolò Bonifazio tenteront difficilement de se montrer sur les sprints. Sven Erik Bystrøm et Rune Herregodts seront à l’avant de la course sur des profils accidentés alors que les Italiens Lorenzo Rota et Simone Petilli iront dans les échappées en montagne. Herregodts sera également à suivre sur les chronos.

Pozzovivo pour mener Israel Premier-Tech

Fidèle à sa stratégie, Israel Premier-Tech comptera sur un vétéran pour briller au classement général. Arrivé en mars au sein de l’effectif israélien, le grimpeur italien de 40 ans Domenico Pozzovivo pourrait encore entrer dans un énième top 10. Néanmoins, avec son âge avancé, on n’est pas à l’abri d’une défaillance. Il tentera de décrocher un second succès d’étape en carrière. On suivra avec intérêt les performances du jeune grimpeur américain Matthew Riccitello, 16e du Tour des Alpes. Le natif de Tucson participera à son premier Grand Tour. Discret depuis le début de saison, Stephen Williams pourrait sortir de sa boîte sur un sprint dans un petit peloton. Vainqueur de deux étapes sur La Vuelta et d’une étape du Tour de France, Simon Clarke peut compléter la trilogie sur une étape accidentée. Enfin, Mads Würtz Schmidt est un solide baroudeur.

Pour son premier Tour d’Italie, la formation Arkéa-Samsic jouera la carte de l’offensive et sera articulée autour de Warren Barguil. Le grimpeur breton a été assez discret en ce début de saison avant de retrouver de bonnes sensations. Malheureusement, une infection au COVID est venue couper son élan. Thibault Guernalec sera à suivre sur les chronos. David Dekker tentera de se frotter aux meilleurs sprinteurs pour des tops 10 d’étape.

En l’absence de Max Poole et Romain Bardet, le Team DSM n’aura pas de réelle chance au général. Andreas Leknessund et Harm Vanhoucke seront les meilleurs grimpeurs mais ils ne viseront pas forcément le classement général. La curiosité pourrait venir du vainqueur de la Cadel Evans Road Race, Marius Mayrhofer, le jeune sprinteur allemand. À moins qu’Alberto Dainese nous refasse le coup de l’an dernier avec un succès surprise au sprint.

Par la suite, Lorenzo Fortunato cherchera un deuxième succès en carrière après sa victoire surprise au Monte Zoncolan en 2021. Quinzième et seizième des deux dernières éditions, le grimpeur transalpin est le leader de la formation Eolo-Kometa, et peut faire mieux au vu de son excellent Tour des Alpes achevé au sixième rang et de sa maîtrise sur le Tour des Asturies. L’autre gros atout de cette équipe sera le rapide Vincenzo Albanese. Troisième du Tour de Sicile, il a une belle pointe de vitesse pour jouer placé, mais rarement gagnant sur des profils accidentés. Enfin, Mirco Maestri est un solide baroudeur souvent dans l’échappée matinale sur les grandes courses italiennes.

À 28 ans, Filippo Fiorelli est la valeure sûre de l’équipe Bardiani CSF-Faizanè. Rapide au sprint, il peut viser quelques placettes sur les arrivées massives. De plus, il est capable de tenir le coup sur les parcours accidentés. Vingt-quatrième l’an dernier, Luca Covili est le meilleur grimpeur et sera d’attaque quand la route s’élèvera. Enfin, Davide Gabburo a terminé à deux reprises deuxième d’étape l’an dernier. Ce baroudeur-puncheur tentera d’enfin lever les bras.

Enfin, le Team Corratec aura sans doute la sélection la plus faible de cette édition. Hormis Valerio Conti, peu de noms connus à se mettre sous la dent. Excellent chez les jeunes, Alexander Konyshev n’a jamais confirmé chez les élites.

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