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Tour de France 2020 : C’est aussi le tour de LA France

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Tour de France 2020 : C'est aussi le tour de LA France
Thibault Camus / AFP

EDITO – Jour de repos, jour d’édito. le Tour de France en a fini avec sa deuxième semaine. Voilà ce que l’on en retient. 

La Poupoularité

Pendant dix ans, on a entendu à notre aise pendant le mois de juillet que le Tour de France, c’était aussi le tour de LA France. Cette semaine, peut-être que cela n’a jamais été aussi vrai. C’était dans une étape patrimoniale, le mercredi 10 septembre entre Chauvigny et Sarran. Une étape qui a traversé une France immémoriale, immarcescible. Comme la popularité de Raymond Poulidor.

Raymond Poulidor c’est le Tour de France et le Tour de France ce n’est pas tout Raymond Poulidor. Le Limousin a pourtant représenté pendant près de 60 ans ce que la France se rêvait et de se rêve encore en partie d’être. Immuable. Le force de la terre qu’on remue et moissonne. Tout ce que cela demande de travail et d’épuisement. On a proverbialisé l’amour de la France pour les perdants, son refus de consacrer les gagnants. Ce n’est pas tant les perdants que la France glorifie, ce sont ceux qui souffrent. Ce qui passionne les Français, en bons catholiques, c’est la souffrance, l’effort. Quand c’est trop facile, en France on n’aime pas. Il faut le sang, la sueur et les larmes des premiers martyrs.

Sur la dualité Anquetil-Poulidor, tout a été dit et infiniment mieux. Ce qui frappe, c’est la persistance du mythe Poulidor. Sur la route du Tour, aux alentours de Saint-Léonard-de-Noblat, le Limousin se revivait les grandes heures de la Poupoularité. Cette ferveur, cet amour en fait, était aussi touchante qu’étrange. A l’heure où tout passe, tout casse, tout s’efface, il est un réconfort de constater que les grands champions ne meurent pas. Au fond, les absents n’ont pas toujours tort.

Circonspection churchillienne

Quand ce n’est pas Raymond Poulidor qu’on célèbre, c’est Jacques Chirac qu’on honore. Compagnon du Tour de France presque malgré lui, Jacques Chirac est l’envers politique de la médaille Poulidor. Habitué aux places d’honneur de la plus grande des courses politiques. Vainqueur d’autres très prestigieuses mais renvoyé à ses défaites présidentielles. Jusqu’au grand malentendu de 1995, Jacques Chirac aurait pu être ce coureur politique qu’on aime bien mais qui ne gagne pas ce qu’il convoite tant.

Jusqu’à son arrivée à Sarran, la France du Tour et de la Corrèze a creusé le sillon du poulidorisme et célébrant la mémoire de Chirac. Amateur de vélo comme Sam Bennett des cols hors-catégorie, l’imagerie populaire l’associe pourtant à cette grande fête qu’est le Tour. Pourtant, Jacques Chirac était loin de la mémoire mitterrandienne capable d’en citer tous les vainqueurs depuis 1903. Considérant toute activité sportive avec une circonspection toute churchillienne, Chirac avait le sens du groupe et de la photo. Ce n’était pas sur le Tour de France qu’il était à l’aise mais au milieu des sportifs et de la France des grands espaces. Un esprit de corps et l’idée d’une certaine France.

A Sarran, dont Chirac, Maire de Paris, était député, la passion pour le Grand est elle aussi intacte. Tour de France ou pas.

La cure de nostalgie du Tour de France

Sportivement, on a l’impression que le Tour de France a eu envie d’une autre cure de nostalgie. La Jumbo-Visma de Primoz Roglic contrôle le Tour comme aux plus grandes heures de la Banesto, US Postal ou Sky réunies. Même du temps du règne de la toute puissante puissante équipe britannique, on peine à se rappeler d’arrivée de Froome ou Thomas avec autant d’équipiers. Dans le Grand Colombier, on avait la sensation d’avoir raté quelque chose et que la JV courait un chrono par équipes.

Egan Bernal, dépassé déjà au Puy Mary, a craqué dans l’Ain. Il finit avec Wout Van Aert dans sa roue qui avait mené la cohorte jaune à un rythme délirant. On se demande encore comment le Belge peut sprinter avec Ewan et Sagan et grimper avec Bernal. L’homme nouveau serait-il de retour ?

L’homme nouveau pourrait tout aussi bien s’appeler Tadej Pogacar. Largué en première semaine dans les bordures du sud, le Slovène s’est promis de remonter et d’attaquer. Il est désormais le dauphin de son compatriote Roglic. Si les choses devaient en rester là, le doublé slovène serait évidemment inédit.

On peut reconnaître au coureur UAE un certain panache. On peut aussi trouver au cyclisme slovène une vitalité étonnante. Du sang neuf sur le Tour ?

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Talking Heads et Pannetone

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Quartararo, Gasly, Alaphilippe, les Bleus disent non à la disette en 2020

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Quartararo, Gasly, Alaphilippe, les Bleus disent non à la disette en 2020
AFP - AFP - MaxPPP

EDITO – Après le Moto GP et la F1, c’est au tour du cyclisme français de mettre fin à une disette de plus de 20 ans. En 2020, année si particulière, les Bleus ont décidé de conjurer le sort. Pour notre plus grand bonheur.

Ce 27 septembre 2020 restera gravé dans nos mémoires. Tout du moins, dans celles des passionnés de sport français en général, à défaut de marquer les plus aigris d’entre nous. Car 23 ans après Laurent Brochard, sacré champion du monde à San Sebastian, Julian Alaphilippe est allé décrocher l’arc-en-ciel au sommet des collines d’Émilie-Romagne, avant d’atterrir sur le circuit d’Imola pour y lever les bras. Et si à vous aussi, le natif de Saint-Amand-Montrond vous a foutu les larmes, c’est normal. Au-delà de la longue disette de plus de 20 ans, et de l’immense émotion contagieuse du nouveau Roi de la petite reine, c’est aussi un soulagement pour le cyclisme (et le sport) tricolore.

La délivrance

Car oui. 23 ans, c’est long. Parfois placés (Anthony Geslin en bronze en 2005, Romain Bardet en argent en 2018), les Bleus n’ont jamais réussi à (re)mettre la main sur la tunique arc-en-ciel en élite depuis l’exploit de La Broche en 1997. Et si la France fait partie des nations favorites tous les ans depuis quelques années maintenant, Julian Alaphilippe n’y est pas étranger. Passé tout près à Bergen (Norvège) en 2017, il avait ensuite calé en 2018 sur le circuit d’Innsbruck (Autriche), dans l’Enfer d’Höttinger et ses pentes à 28%. En 2019, éreinté pour un Tour de France prodigieux et lessivé par la pluie et le froid britannique du Yorkshire, il n’avait pas pesé sur la course.

Cette fois, la donne fut différente. Ce championnat du monde, relocalisé à Imola, sur un circuit de 28 km comprenant deux difficultés courtes mais raides, a redistribué le cartes. D’un parcours pour grimpeurs prévu à Martigny (Suisse) à un tracé pour vrais puncheurs en Émilie-Romagne. Cela tombe bien, Alaphilippe est le meilleur d’entre eux, et l’a prouvé une fois de plus ce dimanche. Avec, il faut vraiment le souligner, un travail remarquable des Bernard, Pacher, Peters, Molard, Madouas, Elissonde et Martin.

Cyclisme 2020 - Championnats du monde 2020 - Course en ligne hommes - Julian Alaphilippe sacré

Julian Alaphilippe sacré champion du monde à Imola – AFP

Au bout de ce récital écrit sur le tableau noir du briefing de Thomas Voeckler samedi soir, un sentiment unique : la délivrance. Alaphilippe, lui, vient de réaliser son rêve, mais aussi celui de toute une génération de suiveurs et fans, souvent moquée le lundi matin à la machine à café, car les Pinot, Bardet, Alaphilippe and co ont encore tenu le rôle des magnifiques perdants sur le Tour de France ou les précédents Mondiaux. Après le maillot arc-en-ciel, qui sait, peut-être que la tunique jaune attendra l’un de nos Bleus en 2021 ? Laissez-nous le droit de rêver !

Avant Alaphilippe, Quartararo et Gasly ont dépoussiéré le sport français

Oui, cette année 2020 est définitivement hors normes pour le sport français. Car avant le show des Bleus d’Alaphilippe en Italie, ils sont deux à avoir mis fin à une longue, très longue disette dans leur discipline. L’un d’entre eux, d’ailleurs, ne s’est pas privé lui aussi pour mettre le bleu blanc rouge à l’honneur sur le territoire de la botte transalpine. Le 6 septembre dernier, Pierre Gasly remportait le Grand Prix d’Italie de Formule 1, à Monza. Le Normand devenait le premier pilote français à s’imposer en F1 depuis la victoire d’Olivier Panis à Monaco, le 19 mai 1996. Une éternité. Si le concours de circonstances a indéniablement joué en faveur du pilote AlphaTauri, son succès n’en reste pas moins une grande bouffée d’oxygène pour les sports mécaniques français, dans une discipline où un pilote tricolore n’a plus glané le titre mondial depuis 1993 et le sacre d’Alain Prost.

Quiz F1 : Êtes-vous incollable sur Pierre Gasly ?

Pierre Gasly, vainqueur du Grand Prix d’Italie à Monza – AFP

Ce sacre mondial, Fabio Quartararo, 21 ans, peut y croire en Moto GP. Le 19 juillet dernier, le Rookie de l’année 2019 enlevait le Grand Prix de Jerez en Espagne. Le premier pilote français à l’emporter dans la catégorie reine depuis Régis Laconi. Ce dernier s’était imposé à Valence (Espagne) le 19 septembre 1999. Leader du championnat du monde à six courses du terme de l’exercice 2020, le Niçois est, depuis, monté sur la plus haute marche du podium sur les Grands Prix d’Andalousie et de Catalogne. Exceptionnel, comme l’est cette année 2020 particulière.

Personne ne sait si sans cette pandémie, sans ces calendriers remodelés, les Alaphilippe, Gasly et Quartararo auraient réalisé ces mêmes exploits. Le dernier cité, peut-être. Soit, aujourd’hui, le sport français peut savourer. En ces temps difficiles, où la grisaille règne, au sens propre comme au figuré, ces héros ont remis de la couleur dans nos vies. Et ce n’est pas les plus grognards et jaloux qui nous enlèveront ce bonheur que seul le sport peut nous procurer. Et ça, c’est une certitude.

Dicodusport


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Dernier Tour de France avant la fin du monde

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Dernier Tour de France avant la fin du monde
Sébastien Nogier / AFP

EDITO – Le Tour de France 2020 est fini. Tadej Pogacar en est le grand gagnant, Primoz Roglic le grand perdant. Chronique du dernier Tour de France avant la fin du monde. 

Elle court, elle court, la maladie du Tour

On pensait pourtant en avoir fini. Après des jours et des mois de prévention, on s’était dit qu’on en serait sorti pour de bon. Voilà que la maladie est de retour. L’épidémie frappe de nouveau, cette fois elle semble encore plus forte. Peut-être parce qu’elle est plus sournoise, plus souterraine. Sans doute aussi parce que cette fois encore il y en aura à convaincre, d’autres à tempérer, certains à démentir.

Nous y voici donc : le grand doute est de retour. Enfin pas pour tout le monde. Peut-être même pas pour l’immense majorité des suiveurs du cyclisme international. Au vrai, on a du mal à savoir. Qui doute de qui ? Qui doute de quoi ? A quel jeu de dupe jouent les uns et les autres ? Du côté des anti, les voix se font entendre. Plus fortes, forcément plus fortes. Des anciens Maillots Jaunes, des habitués de la montagne, des journaux de gauche… Pour eux aucun doute possible : la grande maladie du cyclisme regagne le peloton. Ils ne veulent pas croire qu’un coureur capable de sprinter entre Bennett, Ewan et Sagan puisse se mettre à la planche dans les Alpes et faire péter les meilleurs grimpeurs du peloton.

Impossible aussi qu’un pays grand comme le plus grand département français place deux coureurs sur le podium. Surtout deux coureurs aussi forts et hégémoniques dans un Tour de France aussi dur. Mieux vaut ne pas leur causer watts développés.

Un paquet de saucisses

Du côté des pour, on croit au miracle. On croit surtout que le Tour de France est une course dans laquelle tout peut arriver, à tout le monde et à n’importe quel moment. Un Tour de France pour lequel on peut se transcender et penser en équipe. Une épreuve à ce point mythique et grandiose qu’elle permet tout, même l’impossible. Oui, Wout Van Aert peut faire péter un groupe maillot jaune. Oui il est l’un des meilleurs coureurs du monde, peut-être le meilleur du moment, et sa forme lui permet tout.

Surtout, la Jumbo-Visma a couru comme un paquet de saucisses. Cette équipe fière et sûre d’elle n’a pas pris au sérieux Tadej Pogacar. Coincée dans un modèle dépassé qui voudrait qu’on ne gagne pas un Tour de France sans une grande équipe. Un modèle que Pogacar et son équipe UAE-Emirates ont su dépasser. Mieux, ils se sont joués de la Jumbo et de son hégémonie pour attendre le moment parfait et prendre la tête du général.

Un plan parfaitement rôdé et préparé qui explique que Pogacar ait pilé Dumoulin, Van Aert, Cavagna, ou Roglic, pourtant membres de l’oligarchie des meilleurs rouleurs. Les watts ne voudraient rien dire sur un CLM de cette importance dans une étape d’un Tour de cette dimension.

Le Tour de France est la plus grande course du monde

Pendant ce temps, Joxean Fernandez Machin sourit. Parce qu’il en connait la valeur. On se rappelle qu’en 2008, alors que le Tour essayait bon an mal an de se sortir des années Armstrong, Machin ne souriait pas tellement. La queue entre les jambes, la honte pour tout masque, il avait dû, comme toute son équipe Saunier Duval, déguerpir de la course. La faute à un contrôle positif à l’EPO de son coéquipier Riccardo Ricco. La vie est un éternel retour.

Le Tour de France est la plus grande course du monde. C’est peut-être un poncif, c’est peut-être idiot. Mais c’est comme ça : le Tour de France est la plus grande course du monde. Qu’on lui change ses habitudes juilletistes, il survit. Il fait mieux que survivre. Le long des routes, la ferveur a été aussi fervente  qu’on peut effervescer par temps de CoVid. Qu’on lui fasse porter tous les maux de l’empreinte carbone jusqu’au machisme, il survit. Il en sort même grandi et rappelle combien Roland Barthes avait raison de le placer parmi ses Mythologies.

Le Tour de France a survécu à infiniment plus grave. Il survivra à tout. 

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Tour de France 2020 : Les amours déçues de Thibaut Pinot et autres histoires

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Thibaut Pinot forfait pour les Mondiaux d'Imola
Thibault Camus / AP Pool

EDITO – Jour de repos, jour d’édito. Voilà ce que l’on a retenu de la première semaine du Tour de France 2020.

Le Tour de France n’est pas tout…

Parfois, le Tour de France est un amour qui se refuse. On le convoite, on lui fait les yeux doux, on se prépare et on se fait beau. Rien à faire, il se refuse obstinément à certains ; il s’offre corps et âme à d’autres. Chaque fois, le sentiment est détestable. Tous ces efforts, tous ces sacrifices, tout ce que ça demande. Tout ça pour des défaillances, tout ça pour des blessures, tout ça pour des chutes.

Les hispters du biclou vous diront que le Tour ne fait pas tout, justement. Ils vous diront que dans le cyclisme, il y a plus d’une course par jour. Tous les jours de janvier à novembre. Que le Tour de France, avec tout ce qu’il trimballe de cadenassage et d’enjeux financiers phénoménaux, pervertit le formidable sport de mouvement et de suspense qu’est le vélo. Ces mêmes qui vous rappelleront que les courses d’un jour, ça d’accord ! là oui ! c’est le vrai esprit d’un cyclisme dont ils semblent être les détenteurs. A les écouter, on se demanderait presque ce que les meilleurs cyclistes du monde et de l’histoire ont depuis un siècle à vouloir le remporter.

… mais le Tour de France est presque tout

Le Tour de France permet au cyclisme d’être ce qu’il est dans le cœur des millions de suiveurs. C’est à la fois une porte d’entrée pour accéder à un sport aussi tentaculaire qu’addictif et une valeur refuge. On peut ne pas aimer les distributions cinq étoiles, mais force est de constater que le Tour de France est encore le meilleur moyen de voir s’affronter les meilleurs cyclistes de la planète.

Alors non, le Tour de France ce n’est pas tout. De formidables courses à gagner, il y en a d’autres. Mais le Tour de France c’est beaucoup. Courir pour le gagner, c’est énorme et le gagner c’est presque tout. Alors être prêt – mais pas assez, tout donner – sans doute trop – et finalement le perdre, c’est pour ainsi dire perdre tout.

Voilà, c’est fini

Thibaut Pinot fait partie de ceux qui sont désormais habitués à presque tout perdre. L’an passé, il n’y avait pas plus fort que lui à la pédale. Il avait englouti le Tourmalet en une bouchée, la concurrence avec. Les meilleurs n’avaient rien pu faire. Ce Tour-là était pour lui. N’était une blessure qu’on ne se fait pas sur un vélo et un adieu en larmes. Cette année que le Tour de France semblait plus ouvert que jamais et taillé pour un costaud, on l’attendait bien sûr. Mais il a fallu qu’il chute. Il a fallu qu’il soit moins bien. Un tout petit peu moins bien. Et c’est déjà fini. A la fin de la première semaine, Thibaut Pinot a perdu le Tour de France. Sans doute la fois de trop. Pinot l’a dit à trois quarts de mot, il ne prend pas assez de plaisir sur une bicyclette pour consentir de nouveau aux sacrifices que demande la préparation d’un Tour de France. On croyait que Thibaut Pinot avait tout perdu. Il a peut-être perdu davantage.

Bois d’humilité

Et puis il y a ceux à qui le Tour se donne, à qui il donne tout sans réfléchir. Et même si c’est prédit, même si on l’avait vu venir. Julian Alaphilippe fait partie de ceux-là. Un coureur d’une classe et d’un panache presque sans égal. Un cycliste qui, même sans être aussi impérial qu’en 2019, réussit encore des coups. Parce que c’est Julian Alaphilippe, parce que c’est le Tour de France. L’Auvergnat en jaune, même l’espace de quelques jours et même si une connerie l’en prive, c’est peut-être ce qu’on a vu de plus beau cet été.

Le Tour ne se trompe jamais. Il sait reconnaître les plus grands coureurs du monde. Et là, il sait que c’est le tour de Wout Van Aert. Le meilleur cycliste du monde, c’est lui. Et même s’il est, officiellement, venu comme coéquipier, il est suffisamment au-dessus du lot pour gagner déjà deux étapes. Fait du même bois d’humilité qu’un Philippe Gilbert, il sait se mettre au service d’un leader désigné quand il le faut. Chapeau.

Le temps est assassin

Le leader en question, c’est Primoz Roglic. Et il est le plus costaud du peloton. On l’avait compris depuis la reprise et son abandon dans le Dauphiné n’avait instillé qu’un doute aussi léger qu’un bob Cochonou. Primoz ne commet pas – encore ? – d’erreur. Roglic a la meilleure équipe. Primoz Roglic est le grandissime favori auquel Ineos Grenadiers semble devoir laisser le Tour pour la première fois depuis 2014. Il faut dire que Jumbo-Visma s’est donné les moyens d’aligner une équipe surpuissante. Au sortir des Pyrénées, Roglic est en jaune. Sauf à tout perdre comme dans le dernier Giro, il le sera sur les Champs.

Le Tour de France sait aussi que le temps est assassin et emporte avec lui le prestige des gagnants. Alors il surveille ses jeunes pousses. Il les couve d’un œil attendri, bienveillant mais intransigeant. Ainsi regarde-t-il Guillaume Martin, Tadej Pogacar et Pavel Sivakov. Se dit-il qu’un jour il cédera à leurs mots doux et leurs avances ? Le Tour a ses raisons que la raison devance.

Le Tour est le plus grand amoureux et la plus grande course du monde. Ceux qui essaient de se persuader du contraire ont trop souffert en amour.

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Biathlon

Edito : Martin Fourcade, quand champion rime avec dimension

Nico

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AFP

Il y a champion et champion, deux notions bien distinctes qui n’ont rien à voir l’une et l’autre. Martin Fourcade est un champion mais aussi un champion. Vous ne comprenez rien ? Rien de grave, on est là pour vous expliquer. 

Il existe deux sortes de champions, enfin sûrement plus. Enfin, on relève deux grandes familles de champions. Dans la première, on peut mettre tous les sportifs qui ont marqué leur sport, gagné des trophées à répétition et plus globalement, dominé leur sport. Si Martin Fourcade entre dans celle-ci comme un nombre incalculable de sportifs, il a aussi toute sa place dans la deuxième, celle où champion rime avec dimension. Seuls quelques sportifs ont réussi à faire changer leur sport de braquet, pour les amoureux du cyclisme. Le Catalan, lui, y est parvenu haut la main.

Il ne sera pas l’athlète le plus titré du biathlon. Ole Einar Bjørndalen le restera un moment, mais le Français sera à jamais l’athlète qui a permis à son sport de changer de dimension, comme Michael Jordan a pu le faire pour le basket, Roger Federer pour le tennis ou Usain Bolt pour l’athlétisme. Je n’oublie pas le champion norvégien Bjørndalen ni Raphael Poirée, sans qui Martin Fourcade n’aurait peut-être pas existé. En tout cas, sûrement pas celui qu’on connait aujourd’hui. Comme pour les autres qui l’accompagnent dans cette catégorie, il a eu des éléments favorables, mais qui n’enlèvent rien à ce qu’il a pu accomplir car les réseaux sociaux sont à disposition de tous les sportifs. 

Martin Fourcade et à gauche, son digne héritier, l’Isérois Émilien Jacquelin – AFP

Un autre exploit

Dans un pays où il est difficile de sortir du triptyque football, rugby et tennis, si ce n’est pour les Jeux Olympiques, il a réussi à faire entrer un mélange savant de ski de fond et de tir à la carabine dans de nombreux ménages. Un exploit majuscule. Ses performances stratosphériques, couplées à son aura naturelle et à ses engagements divers, ont fait de lui un des sportif capable de changer la destinée de son sport dans son pays. Cela ne s’arrête évidemment pas aux frontières de la France. À travers le monde, il a aussi ouvert des vocations, avec de plus en plus de nations qui pratiquent aujourd’hui le biathlon.

Parti au sommet, après une victoire éclatante sur la poursuite de Kontiolahti, là où il avait débuté son ascension 10 ans plus tôt, mais surtout avec le sentiment du devoir plus qu’accompli quand on voit cette équipe de France, dense comme jamais et le nombre de fans de biathlon qui ne cesse de grandir. Martin Fourcade est donc un champion, mais aussi un champion, les deux quoi, tout en étant plus un champion qu’un champion. Mais maintenant, c’est plus clair non ?

Dicodusport


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Cyclisme

Édito : Chapeau les Artistes !

Nico

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Édito – Vainqueurs d’étapes ou du maillot du meilleur grimpeur, en passant par le port du maillot jaune pendant 14 jours, Julian Alaphilippe, Thibaut Pinot et Romain Bardet ont réalisé un GRAND Tour de France.

Les mauvaises langues diront que Julian Alaphilippe ne termine même pas sur le podium, que Thibaut Pinot n’est pas allé au bout et que Romain Bardet est passé à côté de son Tour de France. La réalité est tout autre. Il y a un peu plus de trois semaines, au moment de partir de Bruxelles, des deux mains, nous aurions signé.

Comment ne pas commencer par Julian Alaphilippe ? Vainqueur de deux étapes, avec un raid monumental en solitaire à Épernay et un chrono taillé pour lui à Pau, deuxième en haut du Tourmalet et porteur du maillot jaune durant 14 jours, le numéro un mondial a été le grand homme de cette Grande Boucle. Certains l’imaginaient en jaune sur les Champs-Élysées, mais le natif de Saint-Amand-Montrond est déjà allé bien plus loin que ce que l’on pouvait imaginer. Animateur de la course dans un premier temps, il est devenu ensuite gestionnaire, et avec brio dans les Pyrénées au point de terminer devant tous les grimpeurs sauf, Thibaut Pinot en haut du Tourmalet. Pour cette année, il était trop juste, mais il repart avec une certitude, celle de pouvoir gagner le Tour un jour.

Julian Alaphilippe intouchable lors du chrono de Pau – AFP

Pour Thibaut Pinot, tout a basculé sur la route de Gap, lorsque sa cuisse a heurté son guidon en voulant éviter une chute. Aurait-il remporté le Tour de France ? Impossible de le savoir, comme il l’a expliqué lui même après son abandon. Egan Bernal était très fort, mais le Franc-Comtois était dans le coup dans les Alpes après avoir dominé les Pyrénées. La bordure aura été un mal pour un bien, une perte de temps qui l’a obligé à attaquer et à prendre conscience qu’à la pédale, il était le plus fort. En haut du Tourmalet, personne ne pouvait espérer rivaliser, tellement le protégé de Marc Madiot était aérien. La déception est énorme, mais les perspectives sont encore plus grandes. Rendez-vous en 2020.

Thibaut Pinot a voltigé dans le Tourmalet – AFP

Enfin, Romain Bardet, une nouvelle fois très attendu, est très rapidement passé à côté de son sujet dans la lutte pour le général. Un contre-la-montre par équipes raté, un moral dans les chaussettes et des Pyrénées terribles. Une défaillance colossale qui n’arrive que très peu de fois dans une carrière. La plupart aurait mis le pied à terre, mais plus fort il est revenu. Si ses détracteurs veulent retenir la faillite, nous retiendrons la réaction, celle d’un champion, capable de se remobiliser pour de nouveaux objectifs. La victoire d’étape lui a tendu les bras, mais Nairo Quintana était injouable dans le Galibier. Pour le maillot à pois, jusqu’au bout il aura tremblé, mais après Warren Barguil en 2017 et Julian Alaphilippe en 2018, c’est encore un Français qui repart avec les pois.

Romain Bardet a sauvé son Tour de France avec le maillot à pois – Reuters

Ne boudons pas notre plaisir. Durant trois semaines, ces trois champions ont animé la plus belle course du monde, avec un engouement populaire exceptionnel. Vivement 2020 !

Nicolas Jacquemard


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