Tour d’Espagne 2023 : Les favoris et outsiders de la Vuelta
TOUR D’ESPAGNE 2023 – À l’approche de l’automne, place au troisième et dernier Grand Tour de la saison : la Vuelta a España. L’édition 2023 présentera un parcours très exigeant. Cette année, ce Tour d’Espagne sera placé sous le signe de la quête d’un triplé unique pour la Jumbo-Visma après les succès de Primož Roglič sur le Giro et de Jonas Vingegaard sur le Tour. On fait le point sur les favoris et outsiders.
Jonas Vingegaard ⭐⭐⭐⭐⭐
Le double vainqueur sortant du Tour de France, Jonas Vingegaard, sera au départ d’un deuxième Grand Tour en un an. L’objectif de Jumbo-Visma est donc clair : remporter tous les Grands Tours en une saison. Vingegaard partagera le rôle de leader avec Primož Roglič.
De nombreuses questions seront posées à la Jumbo-Visma sur la tactique avec les deux leaders. Un leader absolu ? L’équipe ne l’annoncera pas à l’avance. Lors de cette Vuelta, ce seront les étapes qui détermineront qui sera le leader. En principe, Jonas Vingegaard a montré un haut niveau plus impressionnant qu’un Roglič en maîtrisant Tadej Pogacar.
Mais il y a aussi quelques points d’interrogation. Peut-il le refaire ? Comment le corps de Vingegaard va-t-il réagir ? Mentalement, sera-t-il au top sur trois semaines ? Depuis le Tour, il n’a effectué aucun stage en altitude. Est-ce suffisant pour être au top niveau pendant trois semaines ?

Primoz Roglic ⭐⭐⭐⭐⭐
Primoz Roglic a déjà remporté le Tour d’Espagne à trois reprises, mais il a dû abandonner la saison dernière après une malheureuse chute. Il aura donc envie de se venger et on connaît la capacité pour Roglic à rebondir après un échec. Contrairement aux années précédentes, Roglič ne sera pas le seul leader.
L’avantage du Slovène par rapport à son coéquipier danois est qu’il a pu parfaitement se préparer pour le Tour d’Espagne ces derniers mois, avec suffisamment de repos et divers entraînements en altitude. La semaine dernière, il a conclu cette préparation avec le Tour de Burgos, où il a remporté deux étapes et le classement final.
De plus, le Tour d’Espagne est le Grand Tour le mieux dessiné pour Roglič, avec moins de haute montagne, des montées raides et explosives. De plus, le contre-la-montre par équipes sera un avantage pour lui (et pour Vingegaard) vis-à-vis de la concurrence, tandis que sur le contre-la-montre individuel, il devra limiter la casse face à son équipier danois et Remco Evenepoel.

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Remco Evenepoel ⭐⭐⭐⭐
Remco Evenepoel sera l’homme sur lequel la Jumbo-Visma va devoir se méfier. Il est l’un des meilleurs cyclistes du monde actuellement. Depuis l’année dernière, Roglič sait aussi qu’il ne faut pas sous-estimer Evenepoel. Le Belge avait clairement le dessus sur le Slovène avant sa chute. Puis, Roglic a su reprendre du temps, avant de malheureusement abandonner.
Plus tôt cette année, Evenepoel et Roglič se sont déjà rencontrés lors du Giro, sur lequel le Belge a clairement pris le meilleur départ, jusqu’à ce qu’il doive abandonner en raison d’un test positif au Covid-19. Depuis, Evenepoel n’a pas chômé en finissant troisième du Tour de Suisse, en n’étant clairement pas au top de sa forme. Ensuite, il a été sacré champion de Belgique sur route en écrasant la concurrence sur un parcours roulant. Cet été, il a gagné pour la troisième fois la Clásica San Sebastián, avant de perdre son maillot arc-en-ciel à Glasgow sur un parcours qui lui correspondait très peu. Mais, le prodige belge a de l’orgueil, et il a remporté l’or sur le contre-la-montre, quelques jours plus tard.

Bref, depuis sa victoire à Saint-Sébastien fin juillet, il évolue à un gros niveau. Il a principalement couru des courses d’une journée et a donc eu suffisamment de jours de repos entre les deux. Mais va-t-il trouver une forme encore plus impressionnante que l’an dernier ? Enfin, Evenepoel a ajouté une nouvelle corde à son arc, avec un punch qui l’aide à être plus solide au sprint. Cependant, l’absence d’Ilan Van Wilder risque de peser lourd. Son équipe sera bien moins forte qu’INEOS Grenadiers, UAE Team Emirates et surtout Jumbo-Visma.
On ne doute pas de ses qualités, mais tactiquement, il va devoir parfois faire des choix. Roglic peut profiter de la moindre bosse pour prendre du temps, et la Jumbo-Visma peut profiter de la supériorité numérique dès la troisième étape.
Juan Ayuso & Joao Almeida ⭐⭐⭐
En l’absence de Tadej Pogacar, UAE Emirates sera présente au départ de Barcelone avec deux leaders. João Almeida est le leader le plus expérimenté et il participera à la Vuelta pour la deuxième fois (5ᵉ l’an dernier). Le rouleur portugais est en confiance, après sa troisième place du Giro d’Italia, avec en plus, un succès d’étape.
Almeida est la définition de la régularité avec des places d’honneur dans le Tour d’Algarve (sixième), Tirreno-Adriatico (deuxième), Tour de Catalogne (troisième), le Giro (troisième) et le Tour de Pologne (deuxième). Complet, il lui manque ce petit coup de rein pour faire la différence. Mais, en termes de gestion, il est presque un expert, sans aller au-delà de ses forces. Almeida pourra-t-il suivre le rythme des grands favoris Vingegaard, Roglič et Evenepoel dans les montées ?
Ensuite, Juan Ayuso a surpris en terminant troisième l’année dernière à seulement 20 ans. Il sera déjà l’un des outsiders sérieux pour remporter, un jour, le Tour d’Espagne. L’espoir espagnol n’a pas beaucoup couru cette année, en partie à cause d’une tendinite persistante ce printemps. À son retour en Romandie, il remporte immédiatement le difficile contre-la-montre et lors du Tour de Suisse. Ayuso a remporté deux étapes, une en montagne, l’autre sur un chrono donc, et a terminé deuxième au classement final.

Depuis, la préparation d’Ayuso pour la Vuelta a battu son plein. Ayuso tiendra bon dans les montées et a montré qu’il pouvait bien performer dans des contre-la-montre difficiles. L’objectif de ces deux leaders sera un nouveau podium. Ils sont bien entourés avec la révélation de l’an dernier Jay Vine, l’inusable Marc Soler et le prometteur Finn Fisher-Black.
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Thymen Arensman ⭐⭐ & Geraint Thomas ⭐
Deuxième du Giro d’Italia, Geraint Thomas retrouvera Primoz Roglic et João Almeida en Espagne. La pression sera grande chez INEOS Grenadiers, avec une équipe très solide.
Ce printemps, le vétéran gallois en a surpris plus d’un avec sa performance sur le Giro, en lâchant prise seulement lors du difficile chrono de la veille de l’arrivée à Rome. Avec Thymen Arensman, Laurens De Plus, Egan Bernal et Filippo Ganna, il bénéficiera d’un excellent soutien. Mais Geraint Thomas sera-t-il capable de donner le meilleur de lui-même pour la deuxième fois de la saison à 37 ans sous la chaleur ibérique ? En cas de panne sèche, Thymen Arensman devrait être une solution de repli efficace. Il a terminé sixième des deux derniers Grands Tours auxquels il a pris part. Le Batave peut clairement viser un Top 5.

Enric Mas ⭐
Enric Mas a été dépassé dans la hiérarchie espagnole par Juan Ayuso et Carlos Rodriguez, cette année. Âgé de 28 ans, il est dans la fleur de l’âge, mais il sera à court de compétition depuis sa chute dès la première étape du Tour.
Le printemps avait plutôt bien commencé avec des places d’honneur sur la Ruta del Sol (cinquième), Tirreno-Adriatico (sixième) et le Tour du Pays Basque (cinquième) avant cette fracture de l’omoplate et une longue rééducation. Mas a déjà terminé trois fois deuxième de la Vuelta, mais il n’a pas couru en compétition depuis début juillet. Pour monter sur la boîte, il va devoir retrouver les jambes de l’an dernier, où il a été le seul rival de Remco Evenepoel et Primoz Roglic, avant de tenir tête à Pogacar sur les routes des classiques italiennes.
Aleksandr Vlasov ⭐
Chez BORA-Hansgrohe, tous les regards devraient être tournés vers Aleksandr Vlasov. Le grimpeur russe était le leader de cette équipe sur le Giro d’Italia, mais a dû abandonner au bout de dix jours. En Espagne, il a une seconde chance de viser un joli classement final dans une grande épreuve, surtout après avoir terminé cinquième du Tour de France l’année dernière.
Vlasov a disputé ses dernières courses exclusivement sur le territoire espagnol et a obtenu de bons résultats. Sir la Clásica San Sebastián, il a terminé troisième derrière le grand favori Remco Evenepoel et Pello Bilbao. Et la semaine dernière, lors du Tour de Burgos, il a également réussi à terminer troisième en rivalisant avec Primož Roglič et Adam Yates. Vlasov peut finir dans les cinq premiers. Avec Lennard Kämna, Sergio Higuita et le talentueux Cian Uijtdebroeks, il disposera de trois grimpeurs qui pourront l’aider. Il lui faudra ensuite limiter la casse dans le contre-la-montre individuel.
Eddie Dunbar ⭐
Puis, Eddie Dunbar, le leader du Jayco AlUla, sera un candidat au top 10, voire mieux. Après cinq ans avec le Team Sky et plus tard INEOS Grenadiers, en tant qu’équipier, l’Irlandais a changé de crèmerie pour jouer sa carte personnelle. Dunbar a démarré lentement cette année, mais après avoir terminé neuvième du Tour de Romandie, il a continué sur sa lancée jusqu’au Giro en terminant à la septième place du classement final. Fin juillet, il a repris la compétition au Tour de Pologne, où il a terminé également septième. Avec son profil à la Simon Yates, il a les qualités pour participer à la bataille pour les belles places d’honneur. Filippo Zana, entre autres, le soutiendra en montagne, même si l’Italien a aussi la liberté de viser des victoires d’étapes, comme lors du dernier Giro.
Mikel Landa ⭐
Enfin, on termine avec Mikel Landa. L’expérimenté grimpeur basque est passé à côté de son Tour de France après un début de saison assez réussi : 2ᵉ du Tour d’Andalousie et du Tour du Pays Basque, 3ᵉ de la Flèche wallonne, 5ᵉ du Tour de Catalogne et 7ᵉ de Tirreno-Adriatico. Même s’il a rarement brillé sur son Tour national, Landa doit sauver sa saison sur cette Vuelta. Il fera face à la concurrence interne de Damiano Caruso.



