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Tour d’Italie 2023 : Remco Evenepoel peut-il (vraiment) gagner le Giro ?

Emilien Descampiaux

Publié le

Tour d'Italie 2023 Remco Evenepoel peut-il (vraiment) gagner le Giro
Photo Icon Sport

TOUR D’ITALIE 2023 – Faisant partie des favoris pour remporter ce Tour d’Italie, Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step) peut légitimement viser un deuxième Grand Tour à son palmarès après La Vuelta la saison passée. Analysons point par point les forces et faiblesses du prodige belge.

Les gregario

Afin d’accompagner au mieux Remco Evenepoel, la Soudal Quick-Step a changé l’organisation de son équipe en passant d’équipe taillée pour les Flandriennes en formation organisée pour jouer le classement général. Sur les trois semaines de course, le prodige belge comptera dans la plaine sur le sprinteur italien Davide Ballerini et le rouleur tchèque Josef Cerny. Néanmoins, ces deux coureurs peuvent être utiles sur des reliefs intermédiaires.

Avec ses nombreuses étapes de montagne, de nombreux grimpeurs seront présents au départ de ce 106ème Giro du côté du Wolfpack. Mattia Cattaneo, Ilan Van Wilder, Louis Vervaeke et Jan Hirt seront en effet de la partie. Cattaneo aime rouler. Ce dernier a aussi de beaux atouts en descente.

L’an dernier, Jan Hirt, alors dans les rangs de Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, s’était révélé en finissant sixième du classement général et en remportant l’étape d’Aprica. Le Tchèque sera un gros plus au sein du Wolfpack. Louis Vervaeke sera utile dans l’avant-dernier col de la journée avant de laisser le travail dans la montée finale à Hirt et à Van Wilder. Ce dernier a effectué un énorme travail sur la dernière Vuelta afin de protéger le plus longtemps possible Evenepoel. On verra aussi s’il a passé un petit cap en haute montagne pour l’avenir. Néanmoins, Hirt semble avoir le plus de garanties sur les étapes avec un très fort dénivelé et en haute montagne. Enfin, Pieter Serry protégera au mieux Remco sur les parcours vallonné.

En gros, Remco Evenepoel sera largement mieux entouré que lors de son succès en Espagne. Logique vu le menu copieux proposé par les organisateurs du Giro.

Les points forts de Remco Evenepoel

Remco Evenepoel est sans doute un des meilleurs coureurs en contre-la-montre, malgré une taille (1,71 m) plus contraignante que Filippo Ganna, Stefan Küng ou encore Wout Van Aert et Tobias Foss. Capable de développer énormément de watts sur les portions plates, il devrait prendre une belle avance sur les deux premiers chronos du Giro. Les rendez-vous des 1ère et 9ème étapes seront vitaux pour constituer un matelas face à ses rivaux.



Excellent escaladeur, il a prouvé sur le dernier Tour d’Espagne que les ascensions ne le gênaient guère. Il a montré à plusieurs reprises au cours de sa jeune carrière que la moyenne montagne lui correspondait à merveille, même avec de forts pourcentages.



De plus, les conditions climatiques n’ont pas l’air de l’affecter. Aussi, Remco Evenepoel a travaillé son punch, ce qui ne sera pas du luxe face à un Primoz Roglic au-dessus dans ce domaine. Coureur cycliste tard dans son adolescence, il a appris lors de ses premières saisons professionnelles à mieux frotter, à mieux se placer et à mieux descendre. Sur l’UAE Tour, il a parfaitement géré les bordures par exemple. On l’a également vu travailler pour ses sprinteurs lors d’arrivées massives. Enfin, on le sait depuis le Tour d’Espagne 2022, Evenepoel a la caisse pour tenir trois semaines.

Des interrogations

Remco Evenepoel a montré sur le Tour d’Espagne quelques limites au-delà des 2 000 mètres d’altitude. Cependant, le natif d’Alost est encore un très jeune coureur (pas seulement en âge), et il a les moyens de progresser avec l’expérience et les stages en altitude. De plus, il va falloir gérer la fatigue dite inutile. Même s’il a pris les devants après le chrono inaugural, il va falloir laisser le maillot rose à un coureur de seconde zone pour une dizaine de jours. Cela permettra d’éviter la fatigue des protocoles pour Remco Evenepoel et la fatigue pour ses équipiers, qui seraient forcés de contrôler la course.

Puis, bien sûr, il faut éviter au maximum les chutes. Remco Evenepoel a perdu du temps sur le dernier Tour d’Espagne les deux jours suivant sa chute. En plus, contrairement à l’an dernier, il est presque interdit de perdre Van Wilder et Hirt sur abandon pour éviter d’être isolé ou incapable de réaliser de grandes manœuvres dans un grand jour.

Enfin, Remco Evenepoel doit rester calme dans une journée où il aura de moins bonnes sensations. Parfois trop fougueux, il doit rester focus sur ses trois semaines de course. Il est normal d’avoir des jours délicats sur trois semaines, et savoir bluffer ou cacher ses mauvaises sensations seront d’excellents moyens de s’assurer un sacre à Milan.

Primoz Roglic, le rival numéro un

Le Slovène a montré à maintes reprises qu’il avait un gros orgueil. Jamais il n’a jamais été aussi fort qu’après un échec. Ses abandons l’an dernier sur le Tour et La Vuelta, où il était le triple tenant du titre, ont sans doute touché Roglic dans son orgueil. De plus, à 33 ans, il sait que ses années au top sont comptées, et il doit s’imposer une bonne fois pour toutes sur le Giro. Clairement, Primoz Roglic a beaucoup plus d’expérience que Remco Evenepoel, et il peut en profiter. L’an dernier, il avait piégé le maillot rouge sur un final accidenté pour récupérer de précieuses secondes.

Malheureusement, le leader de la Jumbo-Visma avait chuté et abandonné dans l’opération. Remco Evenepoel doit absolument éviter ce genre de mauvaises surprises. Le Slovène a peut-être pris un petit avantage psychologique sur le Tour de Catalogne, mais un départ canon de Remco Evenepoel pourrait rééquilibrer la balance.

Finalement, Roglic a prouvé au cours de sa carrière qu’il pouvait être moins fringant sur les derniers jours de course. Le terrible chrono de l’avant-dernier jour pourrait alors lui rappeler des mauvais souvenirs.

Geraint Thomas va-t-il sortir du bois ?

Le vainqueur de la Grande Boucle 2018 sait parfaitement se préparer pour son objectif de la saison, sans trop se montrer avant. Troisième du dernier Tour de France, dernière les deux monstres que sont Vingegaard et Pogacar, il a dominé « les autres » grâce à sa régularité. Excellent rouleur et régulier en montagne, il n’est pas du genre à faillir. Sauf sur les routes italiennes. Comme Primoz Roglic, c’est une de ses dernières années à son top niveau. Néanmoins, le Gallois n’a plus la capacité d’accélération pour attaquer ses rivaux. Enfin, Geraint Thomas doit prendre exemple sur Christopher Froome pour faire basculer la course, le jour où ses rivaux seront au-dessous de lui.

La jurisprudence Carapaz

Enfin, ne négligeons pas ce type de scénario où un troisième larron profite de la neutralisation des deux favoris. Richard Carapaz avait en effet profité des doux regards entre Nibali et Roglic pour faire la différence et remporter le Giro en 2019. Qui pourrait être cet homme ? Aleksandr Vlasov (quatrième en 2021) ? Jack Haig ? Tao Geoghegan Hart ? Joao Almeida ? Ce dernier a un profil plus grimpeur que son leader gallois chez INEOS. Bref, si le match Evenepoel vs Roglic est attendu au tournant, derrière, les outsiders ne manqueront pas.

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