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Cyclisme sur route

Tour Down Under : De la carte postale à l’enjeu du début de saison

Olivier Dobiezynski

Publié le

Tour Down Under De la carte postale à l'enjeu du début de saison
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2025 – Alors que s’élanceront les épreuves du Tour Down Under à partir du 17 janvier, l’occasion nous est donnée de revenir sur une jeune épreuve, mais qui a su rapidement trouver sa place au sein du calendrier UCI.

Qui dit janvier, dit reprise de la saison cycliste ! Les débats sur le vrai début de saison foisonnent encore sur les réseaux sociaux. Mais, factuellement, le Tour Down Under vient en tête de liste, au moins chronologiquement. Si on tatillonne, la Villawood Men’s Classic à Adélaïde donne même le coup d’envoi de la saison, quelques jours avant la course par étapes australienne. Mais pour en revenir au Down Under, dans quelques jours, les festivités vont aussi commencer du côté d’Adélaïde, sur la côte Est de l’Australie. Créée en 1999, l’épreuve océanienne se tiendra pour la 25ème fois chez les Élites Hommes et pour la 12ème chez les Élites Dames.

Tourisme et grands espaces

À l’origine, l’ancien champion olympique de poursuite Michael Turtur, initiateur du projet, souhaite véritablement ouvrir au monde les paysages sublimes qu’offre l’Australie-Méridionale. Le terme « carte postale » n’est en effet pas galvaudé tant la région est riche en lieux bucoliques, plages de charme et contrées sauvages et reculées. Comme souvent, le tourisme guida la genèse du projet afin de faire marcher l’économie locale. Ainsi, la première édition, disputée en 1999 uniquement par les Hommes, présente un parcours peu accidenté aux enjeux sportifs limités et une startlist peu fournie avec seulement six équipes de première division. Un grand nombre d’équipes locales est venu faire le nombre pour atteindre un nombre de coureurs décent. Néanmoins, de grands noms font déjà le déplacement à l’instar d’Erik Zabel, Laurent Jalabert ou encore Alexandre Vinokourov. Stuart O’Grady est, quant à lui, le premier vainqueur.

L’irrésistible montée en puissance

Dès l’année suivante, le Tour Down Under, qui tire son nom d’une expression anglaise désignant les pays du Pacifique Sud, se classe 2.3 et gagne une catégorie. Le Français Gilles Maignan y remporte sa plus belle victoire professionnelle et reste à ce jour le seul Français à inscrire son nom au palmarès. L’ascension de la course aussie parait alors inéluctable. En 2005, elle devient l’épreuve la mieux classée de l’UCI Oceania Tour. Elle atteint le sommet en 2008 en intégrant le circuit Pro Tour (World Tour de l’époque). C’est la première épreuve non européenne à atteindre ce statut.

Sprinteurs, puncheurs ou baroudeurs ?

Si on se penche de plus près sur le palmarès, on constate une assez grande diversité dans le profil des coureurs ayant remporté l’épreuve. Bien sûr, la présence ou non de Willunga Hill décide en grande partie des contours du classement général. Ainsi, les sprinteurs André Greipel, par deux fois, et Allan Davis ont profité de l’absence de relief au tournant des années 2010 pour s’adjuger la course australienne. Néanmoins, si remporter l’étape de Willunga permet de s’assurer un bon accessit, il n’est pas garanti de succès au général. En effet, la colline, pas assez difficile, ne fait en général pas assez de différence. La course se joue donc en général ailleurs : soit grâce à une échappée au long cours (Patrick Jonker, Cameron Meyer), ou alors au jeu des bonifications. Simon Gerrans en a d’ailleurs profité pour enlever l’épreuve à quatre reprises, record absolu.

La meilleure preuve qu’être roi de Willunga ne suffit pas forcément est d’étudier le cas de Richie Porte, multiple vainqueur de cette étape et quatre fois second au classement général. Finalement, l’ancien coureur de la Sky n’aura réussi à remporter le Tour Down Under qu’une seule fois en 2020. Cependant, ce lieu emblématique de la région participe grandement à l’identité de la course d’ouverture australienne et même à sa légende. Et en fait un rendez-vous incontournable de la saison et une course prisée des coureurs, loin de la rigueur hivernale sur le Vieux Continent.

 

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