Nous suivre

Hockey sur glace

TQO Hockey sur glace : un coup de massue terrible pour l’équipe de France

Publié

le

Photo Icon Sport

Ils auront fait leur maximum pour atteindre leur rêve olympique, mais les Bleus ont cédé ce dimanche après-midi face à la Lettonie. Pour la cinquième fois d’affilée, l’équipe de France ne sera pas aux Jeux Olympiques. Un nouvel échec qui va laisser des marques au sein d’un groupe où cette fenêtre représentait la dernière opportunité.

La déception et la fierté sont deux sentiments totalement opposés mais qui peuvent à certaines occasions ne former plus qu’un pour donner un surplus d’émotions. C’est ce que connaît l’équipe de France de hockey sur glace suite à sa défaite face à la Lettonie à l’occasion du dernier match du TQO de Riga. Une déception évidente au vu de l’enjeu qui découlait de cette rencontre avec une place assurée aux Jeux Olympiques de Pékin 2022 en cas de victoire. Mais une fierté qui est également réelle et partagée par tout le microcosme du hockey sur glace français.

« Le seul regret que l’on a, c’est le score »

En effet, on a tous voulu y croire. Même si cette équipe a souvent fait vivre des moments compliqués en lâchant des rencontres importantes face à des adversaires de qualité moindre dans un passé récent, elle a également réussi à faire rêver en battant certaines de plus grandes nations. Durant ce TQO à Riga, elle aura de nouveau fait vivre des moments intenses. Le match contre la Hongrie aura été incroyablement stressant en raison d’un scénario incroyable. Celui contre l’Italie fut une rencontre extrêmement satisfaisante de sérénité et d’autorité. Enfin, le dernier match face à la Lettonie a été celui de la fierté. Malgré la défaite qui intervient au bout, les Français ont livré le match qu’il fallait afin de se donner la chance de croire en l’exploit face à une équipe qui restait sur deux victoires nettes et sans bavure face à l’Italie (6-0) puis la Hongrie (9-0).

A la sortie du match, le sélectionneur Philippe Bozon s’est présenté seul en salle de presse face aux médias, revenant sur cette rencontre et le sentiment de déception terriblement présent au sein du vestiaire.

« On était en mission, on voulait tellement cette qualification… Tout le monde était prêt à mourir sur la glace, on l’a vu ce soir. Je peux vous dire que c’est très très difficile actuellement dans le vestiaire. Les joueurs sont effondrés et c’est très dur pour les plus anciens. C’est un moment difficile mais je leur ai dit que je suis fier d’eux, fier de ce qu’ils ont montré. On voulait ne pas avoir de regrets. Oui on en a mais pas dans l’effort, dans l’attitude, dans ce qu’on a montré sur la glace. Le regret c’est le score. Sur le premier but c’est un puck qui rebondit sur le plexiglas et revient sur la crosse d‘un joueur letton. Le dieu du hockey avait peut-être choisi son camp. »

Des jeunes joueurs qui ont répondu présents

Difficile de ne pas partager cet avis. Si la Lettonie a prouvé durant cette partie qu’elle était capable de mettre en danger à tout moment cette équipe de France, les motifs de satisfaction sont nombreux. En premier lieu, comment ne pas citer Henri-Corentin Buysse. Le gardien de but des Gothiques d’Amiens a une nouvelle fois été exceptionnel devant son filet, repoussant une multitude d’occasions adverses énormes. Malgré sa jeunesse, la défense a également répondu présente en harcelant constamment les adversaires, ne les laissant pas évoluer dans leur confort. Un paramètre qui satisfait le sélectionneur.

« Ça fait un moment que je veux donner un niveau international à certains joueurs parce que je pense qu’ils ont ce niveau. Pour moi on n’a pas assez parlé de Romain Bault dans ce tournoi. Il a été l’un des meilleurs défenseurs pendant les trois matchs. Il joue simple et c’est un vrai guerrier. Maintenant ça ne change pas le résultat, et il va falloir voir ce qu’il va se passer dans le futur de l’équipe de France parce qu’il y a sûrement des joueurs qui ont tourné une page ce soir. Depuis ma prise de fonction on essayait de donner du temps de jeu à des jeunes pour préparer la relève. On va sûrement être là dans les prochains mois. »

Un Powerplay qui n’a pu être exploité face à un adversaire redoutable

Avant d’en arriver là, les Bleus avaient démontré qu’ils pouvaient être très dangereux en supériorité numérique. Sur les sept buts inscrits par l’équipe avant la Lettonie, quatre l’avaient été dans ces phases. Malheureusement, l’alignement de Philippe Bozon s’est cassé les dents sur une Lettonie qui est sans aucun doute l’une des équipes les plus habiles au monde pour gérer les phases d’infériorité, en plus de bénéficier en règle générale d’une défense imperméable. Cela s’est vu avec une installation toujours compliquée à mettre en place, et des opportunités réduites, notamment pour un Alexandre Texier bien canalisé. Pour compenser cela, Stéphane Da Costa a sorti son meilleur match du tournoi, mais cela n’a pas été suffisant, comme le reconnaît le sélectionneur français.

« On en avait parlé avant le match, on savait qu’on avait un challenge énorme devant nous. Dans les 25 derniers matchs, cette équipe n’avait pris qu’un but en infériorité numérique. Aux championnats du monde c’est la meilleure équipe en infériorité, ils ont un pourcentage juste incroyable et ont juste pris un but contre les Kazakhs. Malgré tout je trouve que le puck a bien circulé. On a juste eu moins de succès dans les lignes de shoot pour que le puck arrive dans de bonnes conditions comme on l’a fait dans les premiers matchs. Il faut aussi donner beaucoup de crédit à l’équipe lettonne qui a elle sorti un gros match, et a été énorme en piquet devant son gardien. Cette nation a des gardiens de niveau international. »

Propulsé titulaire malgré une expérience internationale quasi nulle, Ivars Punnenovs a prouvé aux observateurs qu’il avait le talent pour prétendre au poste de numéro un. Titulaire indiscutable dans le championnat suisse avec son club, il aura été imbattable du début à la fin du tournoi. En trois rencontres, seul Stéphane Da Costa est parvenu à le tromper, mettant fin à 171 minutes d’invincibilité. Une performance qui met également en lumière la performance de la défense lettone dans sa globalité, qui a su rester sereine et cohérente malgré des séquences difficiles à gérer.

« Il n’y a pas de récompense pour les joueurs »

La frustration est donc le mot qui exprime le mieux le ressenti général au bout de ce TQO. Même si tout le monde était conscient qu’une qualification aurait relevé de l’exploit, cette équipe y a cru, se donnant les moyens de pouvoir y prétendre avec sérieux. Si la Lettonie avait écrasé cette équipe, l’amertume aurait sans doute été moins grande. Mais ce dimanche, le fait d’avoir le sentiment d’être passé tout près de quelque chose de grandiose rend la pilule encore plus difficile à avaler. C’est ce qu’un Philippe Bozon lui-même terriblement marqué par ce revers a souligné.

« En tant qu’ancien joueur de l’équipe de France, je sais ce que ça représente de porter ce maillot, c’est ce que je leur ai dit dans le vestiaire. Je les ai remercié au nom de toute l’histoire de l’Équipe de France d’avoir apporté tant d’années à cette équipe, mis toute leur énergie pour ce maillot. C’est un grand merci qu’on leur adresse ce soir. L’amertume c’est que c’est un merci mais sans récompense, et c’est ça qui fait le plus mal aux joueurs, mais à moi aussi. Ils se sont donnés pendant des années, ont eu des résultats incroyables et ils ne verront pas les Jeux. Je vous assure que c’est terrible. Dans le vestiaire ce soir, c’est très dur. »

Se tourner vers la prochaine mission malgré une frustration indescriptible

Il va donc falloir que le temps fasse son effet afin de dissiper la blessure béante que représente ce TQO de Riga. Vingt ans après Salt Lake City 2002, l’équipe de France masculine ne va pas retrouver les Jeux Olympiques, marquant au passage la fin des espoirs d’une génération dorée. Une génération symbolisée par les cadres de l’équipe étant déjà bien rentrés dans la trentaine à l’image de Pierre-Edouard Bellemare, Damien Fleury, Florian Hardy, Sacha Treille ou Stéphane Da Costa. Une multitude de joueurs ayant construit leur magnifique carrière au travers des échecs et des succès des Bleus.

Tous auraient mérité de vivre une fin de carrière en apothéose en ajoutant une olympiade à leurs CV respectifs déjà bien fournis. Ce ne sera pas le cas, et le hockey sur glace français va devoir se relancer en s’appuyant sur une nouvelle génération disposant de certains talents évidents (Alexandre Texier, Hugo Gallet, Thomas Thiry…). La mission précédente s’est terminée sur une déception indescriptible, mais il va falloir se relancer pour revenir déterminé d’ici quelques mois dans l’optique d’une nouvelle mission importante : remettre l’équipe de France dans les championnats du monde élite.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Fil Info

Actus à la une