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Portraits

Vivian Born, découvrir le cyclisme japonais

Nicolas Jacquemard

Publié le

Nous avons rencontré Vivian Born, coureur cycliste de 21 ans, qui est parti quelques mois au Japon pour valider son diplôme et découvrir le cyclisme japonais.

Vivian, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 21 ans et je suis cycliste dans l’équipe La Bande. Je fais du vélo depuis maintenant 12 ans et j’ai fait beaucoup de VTT jusqu’à l’année dernière. A côté, je suis en 4ème année d’école d’ingénieur maths/informatique à l’ENSEEIHT à Toulouse. J’intégrerai en octobre l’école de commerce de Toulouse (TBS) pour une spécialité en dernière année. Depuis la fin de ma prépa, il y a 3 ans, j’ai des horaires aménagés et peut donc rouler sérieusement : je suis monté de catégorie chaque année.

Comment as-tu commencé le cyclisme ?

J’ai commencé grâce au Tour de France à la télé, cela me faisait rêver ! J’ai une image en tête de Zabel qui gagne un sprint massif, ou de Carlos Da Cruz qui était échappé tous les jours. Ce que j’aimais, c’était les grimpeurs et les baroudeurs, qui avaient un mental d’acier. Et puis je n’étais pas le dernier pour faire des dérapages dans la rue avec les copains, donc je me suis dirigé vers un club à 9 ans.

Quel profil de coureur est-tu ?

Je dirais puncheur/grimpeur, je suis léger avec des jambes très fines. Je viens du VTT, j’ai donc l’habitude de faire des efforts répétés, et de toujours relancer quoiqu’il arrive. J’aime les répétitions de bosses et je récupère très vite des efforts. J’ai travaillé sur mon déficit de puissance et ça va mieux maintenant, je ne souffre plus sur le plat. Je ne laisse jamais tomber l’affaire, je me bats jusqu’au bout et j’aime frotter. Je suis un compétiteur et cherche toujours à m’améliorer.

Quel bilan tires-tu pour ta première partie de saison avec La Bande ?

Cette année j’ai décidé d’arrêter le VTT pour me consacrer pleinement à la route. En début de saison, je n’ai pas eu les résultats attendus car je suis tombé plusieurs fois malade. J’ai commencé à bien marcher au 1er avril. J’ai enchaîné les places de 11-12 et une place de 7 en coupe de France DN3. J’ai beaucoup progressé, mais il me manque encore quelque chose dans le final pour aller gagner de belles courses. Je fais ensuite une ronde de l’Isard correcte et un bon tour de Gironde (20ème) avant de me classer 5ème au Championnat Régional. Je suis très satisfait de mon printemps, la forme était montante et je peux me retrouver devant avec les meilleurs tous les week-ends.

tour gironde

Pourquoi être parti au Japon quelques mois ?

Pour valider mon diplôme, tous les étudiants doivent faire au moins 2 mois à l’étranger, ils appellent ça la mobilité internationale. Comme j’ai été pris en école de commerce à Toulouse l’an prochain, il ne me restait que cet été pour valider mon séjour à l’étranger ! Cet hiver j’ai réussi à faire un stage en entreprise en plus de mes cours et de mes entraînements (ça faisait de grosses journées !). J’ai donc réussi à le faire passer comme stage de 4ème année et être libre de partir faire du vélo à l’étranger cet été. J’ai été mis en contact avec Mr. Asada qui gère l’équipe EQADS en France et au Japon, et qui a accepté de me loger et de me faire courir au Japon. C’est également lui qui a placé Toshiki puis Ayumu dans notre équipe.



Comment s’est passée ton adaptation ?

Très bien ! Je remercie vraiment Mr. Asada qui a tout fait pour que cela se passe bien. J’ai ici un colocataire japonais qui parle un peu anglais et j’arrive donc à me débrouiller. Je m’entends très bien avec lui et je me suis super bien adapté à la vie japonaise. Je roule pas mal pour découvrir le pays alentour.



Qu’est-ce qu’il te plaît dans la vie au Japon ?

Je dirais qu’être à l’étranger me permet de découvrir beaucoup de choses. Je découvre une nouvelle culture très intéressante, de nouveaux paysages en roulant et des nouvelles personnes. Le fait d’être la plupart du temps seul me permet de prendre en maturité et de mieux me connaître moi-même. J’aime les challenges, mais ici c’est un peu l’aventure car je ne parle pas du tout la langue. Cela me permet également de souffler avant de reprendre un emploi du temps chargé sur Toulouse. L’avantage c’est qu’ici je roule beaucoup et sinon c’est tourisme et loisirs.

Comment s’est passé ta première course ?

J’ai intégré l’équipe Igname qui fait partie du Japan Pro Tour, la division numéro 1 qui mélange équipes professionnelles et équipes amateurs. Le niveau n’est pas aussi relevé qu’en France et je dirais que ça ressemble à une course toutes catégories chez nous. Les meilleurs ont des résultats internationaux, mais derrière il y a un fossé avec les amateurs. J’ai été à l’offensive et je me suis retrouvé à l’avant dans un groupe de 13, mais je craque sur le final. Je termine 11ème et 3ème amateur. J’ai été un peu déstabilisé par la manière de courir, j’ai fait des efforts trop tôt, mais je vais courir les prochaines semaines et j’espère me rattraper.

Quels sont tes objectifs sportifs sur les semaines restantes au Japon ?

Mon but n’est pas de passer pro ici, je dois être sur Toulouse l’an prochain pour mes études. Il me reste 4-5 courses jusqu’à début Août et j’aimerais monter sur un podium. Une victoire serait la cerise sur le gâteau pour mon séjour, j’espère y parvenir. Il y a ensuite, si j’ai bien compris, une pause dans la région à cause des chaleurs qui deviennent trop importantes. J’en profiterais donc pour voyager un peu dans le pays avant de recourir le 3 septembre.

Et pour ta fin de saison en France ?

Je rentre le 7 septembre et j’aimerais participer à la dernière manche de Coupe de France DN3 avec La Bande le 10 septembre. Jusqu’à maintenant, j’ai marqué des points sur chaque manche de Coupe de France auxquelles j’ai participé. J’ai envie qu’on finisse l’année sur une note positive en accrochant un bon classement par équipes. Pour l’an prochain, je ne sais pas encore quelle charge de travail va me demander ma future école. Je ne sais donc pas quelles disponibilités j’aurais, j’aimerais continuer à courir si possible, mais je ne veux pas faire les choses à moitié.

 

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