WEC : Ce qu’il faut retenir de la saison 2021
WEC – Le Championnat du monde d’endurance s’est conclu samedi lors des 8h de Bahreïn. Dicodusport revient sur les faits marquants de la saison.
La domination sans partage de Toyota chez les Hypercars
Toyota n’aura pas fait dans la dentelle cette année. Pour la première en Hypercars, les autos nippones ont constamment dominé les débats. Alors que la concurrence fut relativement faible, le constructeur japonais s’est adjugé le succès à chaque course. Ainsi, l’équipage de la Toyota #8 a gagné à deux reprises, lors des 6h de Spa-Francorchamps en mai dernier pour l’ouverture de la saison puis samedi lors des 8h de Bahreïn. Celui de la #7 (Kobayashi ; Conway ; Lopez) a raflé la mise à Portimão, au Mans, à Monza et aux 6h de Bahreïn la semaine dernière. Avec quatre victoires sur six possibles, le trio s’est offert le titre pilotes.
1-2 victory ✅
#7 World Champions ✅@kazuki_info wins his final race ✅#GoHyper #ToyotaGAZOORacing #8HBahrain pic.twitter.com/NhYIhwpZ00— TOYOTA GAZOO Racing WEC (@TGR_WEC) November 6, 2021
Glickenhaus, une promesse pour l’avenir
On le répète souvent, mais le team privé Glickenhaus s’est montré à la hauteur du défi qui l’attendait. Pour une première saison en WEC, les bolides américains ont fait très bonne impression. Absents à Spa, les autos ont accumulé des kilomètres à Portimão et Monza avant les 24h du Mans. Des 24h réussis, puisque le team a placé ses deux voitures aux 4ème et 5ème rangs, après une belle lutte avec Alpine pour le podium. On regrettera la non-venue des Américaines au double rendez-vous de Bahreïn, le patron d’écurie Jim Glickenhaus jugeant la BoP (Balance de performance) injuste entre ces autos et Toyota.
La révélation du team WRT
Si l’écurie belge est arrivée sur la pointe des pieds en WEC, elle ressort grandie de cette saison. Auteur de trois victoires dont les 24h du Mans en août dernier, le Team WRT empoche le titre équipes/pilotes LMP2 avec Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Robin Frijns. Bravo messieurs !
L’épilogue incroyable entre Porsche et Ferrari en GTE Pro
Avec une catégorie ne comprenant que 4 autos, les deux constructeurs ont tout de même réussi à se livrer une belle bataille. Avant les 8h de Bahreïn, Porsche comptait trois succès contre deux pour la firme au cheval cabré. Le titre est finalement revenu au constructeur italien, et à la Ferrari #51, de manière très polémique. En effet, à 10 minutes du terme de la course samedi, Pier Guidi percutait l’arrière de la Porsche #92 conduite par Christensen, sa propre rivale. Le fautif s’expliquait d’ailleurs au sortir de l’épreuve : « Selon moi, je ne pouvais rien faire d’autre. Nous étions proches, il y avait le prototype. Il a freiné juste devant moi et je ne m’y attendais pas. Ils m’ont alors demandé de l’attendre pour rendre la position, j’ai longuement attendu et il s’est arrêté. Avec les drapeaux bleus, vous devez donner la position au prototype. Je ne pouvais rien faire d’autre, je suis désolé pour lui ».
Si Porsche a apposé une réclamation, celle-ci a été déboutée par les commissaires. L’équipe allemande s’est exprimée hier matin suite au communiqué qui a entériné le titre pour Ferrari : « C’est un triste jour pour Porsche Motorsport. Nous ne comprenons pas pourquoi le directeur de course a d’abord infligé une pénalité puis l’a retirée. D’abord, les deux voitures de tête étaient censées échanger leurs positions après le contact, ce qui aurait permis à la Porsche de reprendre la tête, et un peu plus tard, la direction de course a retiré cette annonce pendant l’arrêt au stand de notre voiture. Nos pilotes et nos équipes méritent un plus grand respect. »
Il faut néanmoins rappeler que le concurrent (ici la Porsche et sa voiture #92), dispose d’un droit d’appel de 96h. L’affaire pourrait donc être statuée par la FIA, si tel est le souhait de la firme de Stuttgart.
DRAMATIC end to the race in LMGTE Pro as @Ale_PierGuidi hits @ChristensenMK while they were fighting for the world championship. WOW!#WEC #8HBahrain @PorscheRaces @FerrariRaces pic.twitter.com/pbDtmr133t
— WEC (@FIAWEC) November 6, 2021
François Perrodo et AF Corse, à jamais dans l’histoire
Pour la deuxième année consécutive, Ferrari a remporté le titre équipes/pilotes avec le team AF Corse #83. Les pilotes de l’auto que sont Perrodo, Nielsen et Rovera ont été impressionnants de régularité tout au long de la saison. Ils se sont imposés quatre fois, dont lors des 24h du Mans. Pour le Français François Perrodo, il s’agit d’un troisième titre en cinq ans, le deuxième consécutif en LM GTE Am.
La Balance de Performance (BoP) remise en cause
Si on peut être déçus de quelque chose, c’est bien de la Bop. Ce système de réajustement des performances a été critiqué de vives voix, notamment en fin de saison. Et pour preuve, après le doublé des Porsche 911 RSR aux 6h de Bahreïn et le manque de compétitivité des Ferrari, James Calado, pilote de la #51 en course pour le titre, se montrait amer. « Nous manquions tellement de puissance que nous ne pouvions rien faire de plus : ce n’est pas un combat loyal pour un Championnat du monde » a-t-il déclaré.
Ferrari n’est pas le seul à remettre en question la Bop. Jim Glickenhaus pestait récemment contre ce système. Il a même menacé l’ACO de ne pas participer au WEC l’an prochain. « Tant que nous n’aurons pas une BoP équitable, nous n’aurons pas d’intérêt à rouler en WEC et au Mans. J’espère que nous l’aurons l’an prochain. Si ce n’est pas le cas, il y a d’autres montagnes à gravir. » Et ce dernier de conclure : « Nous n’avons aucun intérêt à faire courir et participer nos 007 LMH, à une perpétuelle parade des Toyota ».
Les clés sont désormais entre les mains de l’organisateur. On espère sincèrement que les choses évolueront vers davantage d’équité l’an prochain.
Anthony Davidson met un terme à sa carrière, Nakajima quitte l’endurance
A 42 ans, le Britannique Anthony Davidson a décidé d’arrêter sa carrière à l’issue des 8h de Bahreïn. Si il ne s’est pas distingué en F1, ce dernier a fait ses gammes en endurance. Son palmarès est bien garni avec notamment une victoire aux 12h de Sebring en 2010 avec Peugeot et un titre mondial des pilotes en 2014 avec Toyota. Il faut rajouter ses deux deuxième place aux 24h du Mans, toujours avec la marque japonaise, en 2013 et 2017.
Pour Kazuki Nakajima, c’est la fin d’une ère en endurance. Le prodige japonais, membre du programme Toyota depuis ses débuts en 2012, se retire du WEC à 36 ans. Là aussi, son palmarès plaide en sa faveur avec un titre de champion du monde d’endurance en 2018-2019 et trois victoires consécutives aux 24h du Mans, entre 2018 et 2020.
Désormais, tous les regards sont portés vers 2022. En catégorie Hypercar, on attend le retour du team privé Bykolles et surtout l’arrivée de Peugeot, prêt à se mêler à la lutte avec Toyota. Avant la venue en 2023 de Porsche, Audi, Cadillac, Ferrari et Acura.


