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Sports de glace : Podium français sur la Coupe du monde de short track

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Sports de glace Podium français sur la Coupe du monde de short track
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COUPE DU MONDE – A moins de 3 mois des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin, les patins crissent sur les glaces lisses des patinoires et les toboggans gelés des pistes de bobsleigh. La saison de Coupe du monde est lancée à plein régime en patinage de vitesse, short track, bobsleigh et skeleton. Tour d’horizon des résultats du week-end et de la situation des athlètes français dans la course à la qualification.

SHORT TRACK – Un podium et des maux pour les Français

L’équipe de France jouait gros à Debrecen (Hongrie), hôte de la troisième manche de Coupe du monde de short-track d’un hiver de qualification olympique qui n’en compte que quatre (la suivante et dernière sera à Dordrecht, Pays-Bas, la semaine prochaine). En effet, les deux étapes asiatiques d’octobre avaient accouché de résultats moyens, notamment la seconde à Pékin, où les Français avaient semblé à court de forme. Objectif principal : qualifier les relais par sexe pour les JO en se plaçant dans le top 8 au général, ce qui octroie automatiquement 4 athlètes au pays. Le nombre de patineurs alignés à chaque course (500m, 1 000m, 1 500m), est lui décidé par les résultats individuels dans chacune des épreuves (maximum 3 par distance).

Malheureusement la très belle performance individuelle française du week-end a été immédiatement assombrie par un sort défavorable. Aurélie Monvoisin (24 ans), qui réalisait une compétition parfaite sur 500m, rejoignant la finale en battant son record de France, a été victime d’une grosse chute alors qu’elle jouait son premier podium en carrière. Le verdict est terrible : fracture du tibia, une blessure qui met probablement fin à ses espoirs de voir Pékin. La malchance s’acharne sur l’équipe de France puisque Tristan Navarro s’était lui blessé au ménisque en octobre, le rendant indisponible pour ces deux étapes et fragilisant un relais français en manque de densité.

Deux coups durs pour les relais tricolores, même si le relais féminin (vice-champion du monde en titre) termine néanmoins 7ème et se replace en 8ème position du classement mondial devant le Japon, une place probablement difficile à maintenir la semaine prochaine en l’absence de Monvoisin. Le relais masculin sort lui en séries et perd sa 8ème place au profit du … Japon. Là aussi, la situation semble mal embarquée. C’est finalement le relais mixte (ajouté au programme olympique) qui offre la meilleure satisfaction de la semaine avec une 3ème place ! Certes bien aidée par les faits de course, ce résultat compense quelque peu les déboires physiques de ses membres.

Le 500m qui a coûté cher au clan français est remporté par la Néerlandaise Suzanne Schulting, devant la vétéran italienne Arianna Fontana qui vise à 31 ans seulement ses 5ème JO ! Schulting, imprenable ce week-end, réalise tout simplement le triplé, au nez et à la barbe des Coréennes Choi Min-Jeong (1 000m) et Lee Yubin (1 500m), épreuve où la cadre de l’équipe de France féminine Tifany Huot-Marchand prend la 11ème position. Huot-Marchand se classe en outre 28ème du 500m et 18ème du 1 000m.

Du côté des hommes, le leader français Sébastien Lepape (4ème des derniers championnats du monde), sauve son week-end avec une 7ème place (finale B) sur 1 000m après avoir été sorti en séries des deux autres distances. Son coéquipier havrais Quentin Fercoq, peu en réussite, finit 16ème sur 1 000m, et devra se montrer meilleur aux Pays-Bas s’il veut assurer sa qualification individuelle. Doublé à domicile pour les frères Liu sur 500m et domination sino-coréenne sur les distances supérieures (Hwang Dae-Hon sur 1 000m et Ren Ziwei sur 1 500m), à chaque fois devant le Canadien Pascal Dion.

Les autres Français et Françaises, peu expérimentés, n’ont pas réussi à franchir le premier tour, à l’exception de Gwendoline Daudet sur 1 000m. Avant d’aborder la dernière étape de Coupe du Monde, la France semble donc en position pour obtenir au moins deux quotas pour chaque sexe (ce qui permettrait une participation au relais mixte). L’équipe féminine pourrait éventuellement en gagner trois sans même qualifier le relais (mais n’avoir que deux patineuses au départ du 500m et du 1 500m).

BOBSLEIGH ET SKELETON – Premières sorties tricolores de l’hiver en demi-teinte

Le lancement de la saison de Coupe du monde de bobsleigh et skeleton avait lieu ce week-end en Autriche, sur la piste d’Innsbruck-Igls. Quatre courses au programme : monobob féminin (qui fera son apparition aux JO à Pékin), bobsleigh à 2 féminin, bobsleigh à 2 masculin, et bobsleigh à 4.

Deux premières courses officielles cette saison pour chacun des deux pilotes français Romain Heinrich et Margot Boch, qui ont pu découvrir en long en large et en travers la piste olympique de Xiaohaituo en octobre.

Pour l’Alsacien Heinrich, l’objectif de la saison est de revenir sur les bases de la levée 2018-2019 où il avait notamment été chercher une médaille européenne en bob à 2. Première sortie sans son pousseur numéro 1, Dorian Hauterville, partenaire de ses succès et toujours en proie à des gênes musculaires. C’est avec Lionel Lefebvre au freinage que le double-olympien (2014 en tant que pousseur de Loïc Costerg et 2018 en tant que pilote) se classe 17ème en bob biplace à 1.26 seconde de l’Allemand Francesco Friedrich, invincible depuis 3 ans. Son compatriote Johannes Lochner finit 2ème à près d’une demi-seconde et le Britannique Brad Hall complète le podium. Le bob français, trop loin des meilleurs au départ (18 et 16ème temps sur les deux manches) n’a pas pu se mêler à la lutte sur une piste d’Igls réputée pour favoriser la poussée.

Résultat encore plus loin des attentes en bob à 4 puisque les Français n’ont même pas pu rallier le second run (réservé aux 20 premiers) en terminant 22ème d’une course remportée par l’inévitable Friedrich devant les mêmes clients qu’en bob à 2, cette fois-ci à égalité.

Pour la Savoyarde Boch, 22 ans, cette saison doit servir d’étape importante en vue de 2026, avec une première expérience olympique à la clé. En monobob, où la pilote est aussi seul moteur de son engin, elle a pu mesurer la distance qui la sépare encore des puissantes et surtout expérimentées américaines Elana Meyers-Taylor et Kailie Humphries (championne olympique pour le Canada en 2018, elle est passée au sud de la frontière l’année dernière suite à des différends avec sa fédération, reste à savoir si sa naturalisation, nécessaire pour participer aux Jeux, arrivera à temps). Boch termine 17ème à 1.23 secondes de la tête et 0.39 seconde du top 10, avec le même déficit de puissance vis-à-vis de la concurrence que son compatriote (15ème et 17ème temps au départ).

Meilleur résultat en bob à 2 où elle prend la 13ème place (+1.05 seconde) malgré un départ raté en seconde manche en compagnie de sa pousseuse, l’ex-pistarde Sandie Clair. Celle-ci pourrait devenir en 2022 la deuxième française à disputer les JO d’été et d’hiver (Sophie Villeneuve avait doublé ski de fond entre 1992 et 1998 et VTT en 2000). Doublé allemand avec la victoire de Laura Nolte devant Kim Kalicki.

En Skeleton, la seule française engagée en Coupe du monde, Agathe Bessard, n’a pas eu droit à une deuxième descente puisqu’elle termine 23ème (les 20 premières prennent part au deuxième run). Là encore prime à l’explosivité puisque la Russe Elena Nikitina égale son record au départ et va chercher la victoire, devant deux athlètes de pays sans réelle histoire dans le sport mais un grand attrait pour la glace : la Néerlandaise Kimberley Bos (+0.10 seconde) et la Belge Kim Meylemans (+0.13 seconde). Semaine compliquée pour les Allemandes, la championne du monde Tina Hermann est la meilleure d’entre elles en 8ème position seulement.

Chez les hommes, le Russe Alexander Tretiakov (champion olympique 2014) devance de 0.07 seconde la légende lettone Martins Dukurs et l’Allemand Christopher Grotheer tandis que le champion olympique coréen Sungbin Yun termine 6ème.

PATINAGE DE VITESSE – Loubineaud trop juste sur 10 000m

Après une ouverture sur la glace de Tomaszów Mazowiecki (Pologne), la deuxième levée de la Coupe du monde de patinage de vitesse prenait place ce week-end à Stavanger, dans le sud-ouest de la Norvège. Du côté des deux français, Timothy Loubineaud et Mathieu Belloir (qui faisait ses débuts au plus haut niveau mondial en Pologne), la première semaine s’est déroulée de façon tout à fait convenable. Loubineaud, désormais fort de son expérience sur le circuit, est allé chercher la 7ème place de la division B du 5 000m (regroupant les patineurs hors top 16), en 6:29.4 (18ème temps scratch). Cela lui permet de se placer en qualifiable pour Pékin sur la distance (20 qualifiés, 14 au général + 6 au season best). Il termine dans le paquet mais à bonne distance de l’intouchable Suédois Nils Van der Poel, détenteur du record du monde du 10 000m.

Les deux Français ont ensuite pris part à la mass start, course au format très particulier et assez peu lisible, même pour les athlètes (mélange de course au points et de course scratch). Pas de finale mais de belles séries. Leur positionnement au classement général est de bon augure dans le l’optique d’une qualification.

Stavanger n’ayant pas de mass-start au programme, Belloir n’a pas fait le déplacement, laissant son compatriote s’élancer seul sur 10 000m, au mode de sélection drastique (12 athlètes seulement). Parti fort, Loubineaud le transfuge du roller (qu’il continue à pratiquer), a eu du mal à finir ses 10km et échoue finalement à la 14ème place de la division B en 13:29.6, loin de son record (12:58). C’est une nouvelle fois Nils van der Poel qui atomise la concurrence, abaissant le record de la piste de 12 secondes en 12:38 et reléguant le Néerlandais Jorrit Bergsma à plus de 17s !

Dans les autres courses, les semaines se suivent et se ressemblent … sur 1 000m les triplés bataves succèdent aux triplés bataves, Thomas Krol, deuxième en Pologne derrière Hein Otterspeer, gagne cette fois-ci, tandis que chez les femmes, le podium est réitéré à l’identique : Brittany Bowe (USA), devance les Japonaises Miho Takagi et Nao Kodaira. La même Kodaira cède à Erin Jackson (première afro-américaine vainqueure d’une course en CDM) le premier 500m du week-end et prend sa revanche le lendemain. Sur 1 500m le Chinois Ning Zhongyan, le Coréen Kim Min-Seok et l’Américain Joey Mantia s’échangent les places sur le podium tandis que sur les longues distances (3 000m, 5 000m et mass-start) la Néerlandaise Irene Schouten n’échange à personne la première place.


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