Tour de France 2023 : Les 5 grands absents
TOUR DE FRANCE 2023 – Têtes d’affiches du cyclisme mondial, ils ne verront pas les routes de la Grande Boucle en 2023. Focus sur cinq athlètes qui auraient pu briller sur le Tour, mais qui vont devoir patienter.
Remco Evenepoel (Soudal- Quick Step)
C’est une absence de marque, mais ce n’est pas une surprise. On le savait, le Tour de France n’est (toujours) pas au programme du champion du monde Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step). Qui va se consacrer à la préparation de la défense de son maillot arc-en-ciel le 13 août prochain à Glasgow (Ecosse). L’intensité d’un Tour de France et une bagarre pendant trois semaines, n’étaient pas en adéquation avec cela. Même si la bagarre avec Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) et Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) aurait pu préfigurer d’un scénario d’anthologie, il faudra attendre encore un pour voir les trois réunis dans une même course et au top de leur forme.
Pourtant, il y a eu un frisson pendant le Giro. Qui était le premier objectif majeur du Belge. Mais, qu’il a dû abandonner alors qu’il venait de remporter sa seconde étape, testé positif au Covid-19 et mis en retrait par sa formation. Dès lors, pouvait-il venir sur la Grande Boucle en guise de revanche ? Hypothèse qui a enflammé les réseaux sociaux, mais qui a rapidement été balayée d’un revers de main par le manager général de la formation belge, Patrick Lefevere. Il faudra attendre a minima 2024 pour voir Remco Evenepoel s’essayer sur les routes du Tour de France. Mais, il a montré des gages lors du Tour de Suisse et surtout lors de son championnat de Belgique, remporté malgré un parcours qui ne lui convenait pas. Forcément, il y aura des regrets.
Arnaud Démare (Groupama-FDJ)
Pour le coup, ici, il s’agit bien davantage d’une surprise. Car le Tour de France était l’objectif principal d’Arnaud Démare (Groupama-FDJ). Le sprinteur français n’a plus posé ses valises sur les routes du Tour depuis 2021 et un hors-délais sur la terrible étape vers Tignes. Qui était sa dernière participation depuis 2018, année où il remporte sa seconde et dernière étape sur la Grande Boucle. Finalement, il n’a pas été retenu, la formation française préférant s’axer sur David Gaudu, mais aussi des Français offensifs comme Thibaut Pinot, récent 5ᵉ du Giro et Valentin Madouas, qui a décroché à Cassel, le titre de champion de France.
Une décision très mal digérée par le Français (lire ci-dessous) et qui va marquer la rupture définitive avec la Groupama-FDJ. Dans un Tour de France où il y a des étapes accessibles aux sprinteurs, il est clair que l’équipe se prive d’une carte. Mais, le début de saison d’Arnaud Démare était loin d’être probant. Notamment dans les emballages massifs où, quand il n’a pas son train, il est en grande difficulté. Et, sur le Tour de France, il n’aurait pas eu de train. Au mieux un ou deux coureurs pour l’aider. Le reste de la sélection étant tourné vers la haute montagne et les étapes pour baroudeurs.

Sam Bennett (Bora-Hansgrohe)
Même configuration que pour Arnaud Démare. Sam Bennett (Bora-Hansgrohe) a été sacrifié par son équipe. À ceci près que le sprinteur irlandais est victime d’un changement poste pour poste. Car c’est le Belge Jordi Meeus qui lui a été préféré. Malheureusement, comme pour Arnaud Démare, BennetT paye un début de saison compliqué, avec surtout un Paris-Nice traversé comme un fantôme. Des signes de méforme qui n’ont pas convaincu ses directeurs sportifs de le prendre.
Difficile de se dire que l’Irlandais n’a plus participé au Tour de France depuis 2020. Année où il a mis fin au règne de Peter Sagan, en remportant le maillot vert. Un sacré exploit quand on connait la régularité du Slovaque sur ce classement par points. On n’était alors pas loin de penser que Sam Bennett était le meilleur sprinteur du monde. Comme quoi, le temps peut passer à la fois vite et être cruel pour certains.

Aleksandr Vlasov (Bora-Hansgrohe)
Le 5ᵉ du Tour de France 2022 vit une saison plus que contrastée. Loin de la force dégagée en 2022. Même si l’on pouvait en attendre mieux sur le Tour de France, il termine 5ᵉ de cette Grande Boucle, malgré une lourde chute à Longwy, qui l’a handicapé dans cette épreuve. Cette saison, il a terminé 5ᵉ du Tour de la Communauté de Valence, 9ᵉ de Tirreno-Adriatico. Avant de connaître un printemps encore plus compliqué. Avec en point d’orgue, son abandon sur le Giro, lui aussi victime du Covid et diminué. Même si le leader désigné en début de saison était Jay Hindley, vainqueur du Giro 2022, on pouvait s’attendre à voir a minima le Russe épauler l’Australien, voire être un leader de rechange.
Car la saison de l’Australien est honnête, avec en point d’orgue sa 4ᵉ place au Critérium du Dauphiné. Mais a-t-il l’étoffe d’un leader unique sur le Tour de France, épreuve qu’il va découvrir directement dans la peau du coureur attendu ? À voir. Un Aleksandr Vlasov, même à 95 %, n’aurait sans doute pas fait trop de mal à cette formation de la Bora-Hansgrohe. Qui restera très solide au demeurant.
Marc Hirschi (UAE Team Emirates)
Marc Hirschi (UAE Team Emirates) – sauf revirement – ne devrait pas participer à un Grand Tour cette saison. Vous avez bien lu. Le talentueux coureur suisse, vainqueur sur le Tour 2020, année de son explosion, avec une victoire sur La Flèche Wallonne, ne sera pas de la partie sur la Grande Boucle 2023. Sacrifié sous l’autel d’une armada émiratie et d’une formation résolument tournée vers Tadej Pogacar, qui va tenter de reconquérir son trône. Le Slovène, battu en 2022, sera revanchard. Il sera très entouré au niveau de la montagne, avec Adam Yates, Rafal Majka, Marc Soler voire Mikel Bjerg. On lui a préféré les solides Matteo Trentin et Vegard Laengen.
Et pourtant, si son début de saison et son exercice 2022 étaient plus que moyens, le Suisse a retrouvé des couleurs depuis le printemps. Sa 10ᵉ place à Liège-Bastogne-Liège en atteste. Avec aussi une victoire d’étape et le général du Tour de Hongrie? Une victoire au Tour des Apennins et son titre de champion de Suisse. Évidemment, on est loin du prestige du Tour de France. Son retour en forme mérite d’être souligné. Même dans la peau d’un coéquipier de luxe, il n’aurait pas fait tache à Bilbao.



