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Courses de légende #3 : La Vasaloppet

Olivier Dobiezynski

Publié le

Courses de légende #3 La Vasaloppet
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COURSES DE LÉGENDE – Chaque année, le premier week-end de mars, plus de 15 000 passionnés posent leurs skis à Sälen, à l’ouest de la Suède, pour disputer la Vasaloppet. Une course qui s’inscrit dans l’histoire de la Suède.

Il est six heures du matin à Sälen. Jim, qui vient de faire trois heures de bus pour rallier la ligne de départ, finit le fartage de ses skis. Au milieu d’une foule immense de skieurs, il s’apprête à s’élancer pour les 90 km du parcours de la Vasaloppet. Il finira certainement loin des premiers, qui mettront autour de quatre heures, mais aura eu le mérite de voir l’arrivée. « Si tu fais le voyage, c’est pour voir le départ et l’arrivée », nous confie-t-il, conscient qu’un abandon n’est même pas envisageable.

Le plus grand événement planétaire de ski de fond

Jim vient donc de s’imprégner le temps d’une journée d’un événement majeur du ski nordique. Une course qui a fêté ses 100 bougies en 2022. Pour cette édition, les 15 800 dossards sont partis en moins de trois heures le jour de l’inscription. Les 90 km du tracé y semblent pour quelque chose, là où la distance reine en ski de fond est de 50 km seulement. La Vasaloppet, qui se court en style classique uniquement sur des pistes, provoque ainsi un engouement dingue chaque année. Il ne faut pas non plus nier le fort impact culturel du ski de fond dans les contrées scandinaves. Ainsi, les coureurs locaux « confisquent » une grande partie des dossards disponibles.

Un fort ancrage local visible dans le palmarès

Longtemps, la course n’a eu que peu de répercussions en dehors des limites de la Suède, voire de la Norvège. Pour preuve, un palmarès composé à 95% de vainqueurs scandinaves. Le plus titré est le légendaire suédois Nils Karlsson, champion olympique et neuf fois vainqueur de la Vasaloppet dans les années 50, lui le natif de Mora, ville d’arrivée de la course. Notons aussi que les 22 derniers vainqueurs de l’épreuve sont soit norvégiens, soit suédois ; l’Estonien Raul Olle, en 2000, reste le dernier vainqueur d’une autre nationalité à ce jour. Un seul Français a inscrit son nom au palmarès : il s’agit du Vosgien Jean-Paul Pierrat en 1978. Grand fondeur longue distance, il avait terminé 3e des Championnats du Monde sur 50 km la même année.

Emil Persson victorieux de la Vasaloppet 2023

Emil Persson victorieux de la Vasaloppet 2023 – Photo Icon Sport

La légende de Birgitta Westhed et Britt Dohsé

Dans un pays qui prône depuis longtemps l’égalité des sexes, la Vasaloppet a pourtant longtemps été interdite aux femmes. Ce n’est qu’en 1981 que deux cents concurrentes environ sont autorisées à s’élancer (sur 12 800 participants…) et seulement en 1997 qu’un premier classement scratch dédié apparait. Dès 1978, pour faire face à cette injustice, deux concurrentes choisissent de participer clandestinement à l’épreuve avec des barbes postiches. Si Birgitta Westhed est reconnue par un spectateur, Britt Dohsé va au bout de la course incognito malgré une météo peu clémente et entre dans la légende. Son exploit est à inscrire parmi ceux qui participent à changer les mentalités et a obligé l’organisateur à revoir sa copie.

Depuis 1922, les fondeurs goûtent aux joies d’un parcours entre marais et forêts et peuvent déguster sur chaque ravitaillement la délicieuse soupe aux myrtilles, breuvage secret de la Vasaloppet. Les symboles forts ne forgent-ils pas la réputation des grandes courses ? Et Jim de conclure « ce qu’on retient d’abord, c’est la taille du truc et l’organisation. Ensuite les vagues de coureurs qui partent et les bouchons. Puis le pétage de caisson et l’adrénaline. Et enfin l’arrivée en morceaux ».





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