Cyclisme sur route : Les nouveautés à connaître avant la saison 2025
CYCLISME SAISON 2025 – Nouvelle course et modification du règlement, voici les principales nouveautés concoctées par l’UCI pour cette saison 2025.
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Une nouvelle course en World Tour
Le calendrier World Tour se dote d’une nouvelle date ! À la fin du mois de juin, entre le Critérium du Dauphiné et le Tour de France, les sprinteurs du peloton international pourront désormais se donner rendez-vous à Copenhague, au Danemark, pour prendre le départ d’une course dont la victoire ne pourrait se jouer autrement qu’au terme d’un sprint massif.
C’est en tout cas ce que laisse sous-entendre le nom de cette nouvelle épreuve : La Copenhagen Sprint. Au programme, un tracé tout plat de 180 kilomètres à travers les paysages de l’île de Seeland, puis une dernière boucle de dix kilomètres dans le centre-ville de Copenhague à parcourir à cinq reprises. À la clé, le privilège d’être et de rester, pour l’éternité, le premier lauréat de cette course nouvellement créée.
Prévue le 22 juin 2025, la Copenhagen Sprint aura également droit à sa version féminine, disputée la veille sur un tracé de 160 kilomètres.
Copenhagen Sprint 2025 ✔️🇩🇰 pic.twitter.com/wgYWKZFSPp
— Morten Bruun Jørgensen (@MBruunJorgensen) June 17, 2024
Accumuler les cartons jaunes entraîne désormais des sanctions
En juin 2024, l’UCI avait annoncé toute une série de mesures visant à renforcer la sécurité au sein du peloton, et limiter les lourdes chutes qui avaient mis au tapis de nombreux coureurs. Parmi ces quelques nouveautés, un système de cartons jaunes était introduit à compter du 1er août, afin de sanctionner une vingtaine de comportements dangereux, irrespectueux ou anti-sportifs en course.
Jusqu’au 31 décembre 2024, ôter son casque en cours d’épreuve, s’accrocher à un véhicule, profiter de son aspiration, adopter une position non conforme sur le vélo, traverser un passage à niveau fermé ou encore proférer des injures étaient passibles d’un carton jaune dont son rôle était uniquement dissuasif. Aucune sanction n’était appliquée au coureur visé. Désormais, cette phase de test est révolue et, depuis le 1er janvier 2025, l’accumulation de cartons jaunes engendre des sanctions. Une disqualification et une suspension de sept jours si deux cartons jaunes sont récoltés durant la même course, qu’elle soit d’un jour ou par étape. Une suspension de 14 jours à partir du 3e carton jaune récolté en moins de 30 jours, et une suspension de 30 jours dès le 6e carton jaune reçu sur une période d’un an.
Ces sanctions ne concernent pas uniquement les cyclistes. Afin de garantir la sécurité de tous, les directeurs sportifs, chauffeurs et journalistes peuvent également recevoir des cartons jaunes en cas de comportements jugés dangereux, notamment en cas d’interview d’un cycliste en pleine épreuve, ou d’un directeur sportif dans les dix derniers kilomètres d’une course.
La règle des trois kilomètres modifiée
Instaurée en 2005, la règle des trois kilomètres permet à tout cycliste, victime d’une chute ou d’un ennui mécanique dans les trois derniers kilomètres d’une course par étape, d’être classé dans le même temps que le groupe au sein duquel il figurait au moment de l’incident. À compter du 1er janvier 2025, le règlement de l’UCI change et une petite spécificité s’ajoute.
Désormais, seules les chutes collectives, impliquant deux coureurs ou plus, seront prises en considération dans cette règle des trois kilomètres. Un cycliste chutant seul dans le final d’une étape ne bénéficiera plus de cette immunité et concédera du temps au classement général. Un nouveau point du règlement qui, s’il avait été appliqué dès cette année 2024, aurait fait perdre beaucoup de temps à Primoz Roglic sur la 11e étape du Tour de France, lorsque ce dernier chutait dans une descente, à deux kilomètres de l’arrivée jugée au Lioran.

Une simplification du mode de calcul des écarts, en cas d’arrivée au sprint massif
Jusqu’aux dernières courses par étapes disputées en 2024, toute cassure de plus d’une seconde entre deux coureurs était prise en compte dans le calcul des écarts au classement général. À compter de 2025, cette règle évolue pour les arrivées prévues au sprint massif.
Désormais, sur les étapes où un sprint final est attendu, les cassures de moins de trois secondes n’entreront plus en compte dans le calcul des écarts. D’après le communiqué de l’UCI, cette mesure vise « à soulager la pression pour les coureurs qui ne sont pas directement impliqués dans le sprint et à permettre à ces derniers de laisser une certaine marge avec la tête de course – trois secondes correspondant à un écart de 50 mètres plutôt que 17 mètres pour une seconde d’écart – et ainsi à réduire la prise de risques inutiles, notamment pour les coureurs visant le classement général ».
Comme précisé, cette simplification du calcul des écarts sera appliquée uniquement lors des arrivées prévues au sprint massif. En outre, elle ne concernera pas les échappées « clairement établies », qui bénéficieront de l’écart qu’elles auront réussi à creuser sur le peloton, même s’il est inférieur à trois secondes.

La fin du ravitaillement « sauvage »
L’époque où un assistant pouvait se placer, là où il le souhaitait, sur le bord de la route et ravitailler ses coureurs est révolue. À compter du 1er janvier 2025, l’UCI ordonne aux organisateurs de créer des zones de ravitaillements tous les 30 à 40 kilomètres.
En dehors de ces quelques hectomètres clairement délimités et suivi d’une zone de collecte des déchets, les équipes ont interdiction de placer un assistant à pied, muni de musettes. Le ravitaillement depuis le véhicule des directeurs sportifs est quant à lui maintenu et peut se faire à tout moment.
Sur les Grands Tours, plus de confusion possible avec les maillots distinctifs
La même histoire se répète chaque année. Sur le Giro, le Tour de France et la Vuelta, certaines équipes sont invitées à changer la couleur de leur maillot afin de ne pas le confondre avec la tunique réservée au leader du classement général. EF Education-EasyPost doit alors ranger au placard sa traditionnelle tenue rose pour participer au Giro, la formation Visma – Lease a Bike arbore de nouvelles couleurs sur les routes du Tour et Arkéa – B&B Hotels délaisse le rouge sur la Vuelta, afin de ne pas imiter le maillot réservé au leader du Tour d’Espagne.
Désormais, la règle sera encore plus contraignante puisqu’elle concerne tous les maillots distinctifs. Ainsi, sur la prochaine édition Tour de France, il sera impossible de se présenter au départ avec un maillot comportant du jaune, du vert, du blanc ou des pois rouges. Une règle visant à faciliter la tâche des commissaires et l’identification des coureurs vêtus de maillots distinctifs, mais qui devrait causer quelques nœuds au cerveau des graphistes et des spectateurs, qui devront s’habituer aux nouvelles couleurs des formations concernées.
Les espoirs évoluant en World Tour, privés des championnats du monde U23
Premiers championnats du monde à se dérouler sur le continent africain, les mondiaux de Kigali (Rwanda), prévus en septembre 2025, seront également novateurs pour la catégorie espoir, et ces coureurs âgés de moins de 23 ans.
À compter de cette édition, les cyclistes espoirs étant déjà sous contrat avec une équipe professionnelle (UCI WorldTeam ou UCI ProTeam), ne pourront plus participer aux championnats du monde U23, réservés aux coureurs de leur âge. Une règle établie en réponse à la hausse de niveau de certains coureurs espoirs, qui se frottent déjà aux meilleurs coureurs élites en WorldTour quand d’autres ne possèdent pas encore de contrats professionnels.
À noter que cette nouvelle mesure ne s’appliquera pas aux U23 qui évoluent au sein d’une équipe de développement d’une WorldTeam ou d’une ProTeam.

Les UCI Women’s ProTeam font leur apparition
Ce qui était planifié pour 2026 va finalement faire son apparition une année plus tôt. À l’instar des hommes, le cyclisme sur route féminin va désormais avoir droit à une seconde catégorie d’équipes cyclistes professionnelles. En dessous des quinze UCI Women’s WorldTeam qui disputeront l’intégralité du World Tour féminin en 2025, existent depuis le 1er janvier les UCI Women’s ProTeam.
Comme la catégorie UCI ProTeam chez les hommes, une UCI Women’s ProTeam est une équipe de seconde division, jouissant du statut de structure professionnelle. À ce titre, les coureuses évoluant au sein d’une ProTeam seront des professionnelles, ce qui leur assure, entre autres, un salaire minimal. Une excellente nouvelle pour le développement du cyclisme féminin, en quête d’un professionnalisme comparable à leurs homologues masculins.
Pour cette saison 2025, sept équipes bénéficieront d’une licence UCI ProTeam, dont quatre formations françaises que sont Arkéa-B&B Hotels, St Michel-Mavic-Auber 93, Cofidis et Winspace Orange Seal. Dans le peloton féminin, le nombre d’équipes professionnelles passe ainsi de quinze à vingt-deux, ce qui devrait réduire l’écart de niveau entre les formations du World Tour et le reste de la concurrence, jusque-là regroupée dans la vaste et unique catégorie des continentales, qui comptait cinquante-six formations en 2024.


