Tour d’Italie 2025 : Romain Bardet à l’assaut de son dernier Grand Tour
TOUR D’ITALIE 2025 – Romain Bardet quittera le peloton professionnel dans un petit peu plus d’un mois. Ce vendredi, il prendra le départ de son dix-huitième et dernier Grand Tour.
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L’épilogue d’une longue carrière
Le 15 juin prochain, au plateau du Mont-Cenis, Romain Bardet décrochera son dossard, remontera dans son bus, comme après chaque course. Cette routine habituelle, ponctuée parfois de contrôles antidopage, d’interviews, de podiums, aura néanmoins une saveur particulière depuis que son équipe a annoncé que le Critérium du Dauphiné serait sa dernière course en ligne en carrière, il y a un an. Une retraite ? Pas tout à fait puisque le coureur français disputera plusieurs courses gravel en fin de saison.

Difficile cependant de faire comme si de rien n’était. Depuis 2012, l’Auvergnat s’est imposé comme l’un des fers de lance d’un cyclisme français en reconstruction. Naturellement, la retraite il y a deux ans de Thibaut Pinot, l’autre artisan de ce retour au premier plan, a laissé comme un vide dans le cœur des fans. Si l’effervescence du « Virage Pinot » avait marqué la planète vélo, on imagine une sortie plus discrète pour celui qui a terminé deuxième du Tour de France en 2016. Réputé humble, mesuré et calme, les prochaines semaines nous donneront sans doute une indication quant à l’hommage qui lui sera réservé à l’arrivée du Critérium du Dauphiné.
Quelle stratégie au départ du Giro ?
D’ici-là, Romain Bardet a d’autres priorités à l’heure d’aborder son quatrième Tour d’Italie. S’il a découvert la course en 2021 en signant trois semaines convaincantes (7ème du général), il n’a jamais été en mesure de lever les bras sur le Giro. Est-ce un objectif affiché ou aborde-t-il cette entreprise totalement relâché, et sans le moindre objectif en tête ? Il est difficile d’y apporter une réponse ferme, mais la perspective d’un dernier grand tour autorise certaines hypothèses.

Au départ de Durrës en Albanie, Bardet prendra ainsi le départ de son dix-huitième et dernier Grand Tour au sein du peloton professionnel. Au moment de dresser le bilan de sa saison 2024, nous écartions d’emblée une hypothèse, celle de le voir s’acharner à jouer le général. À l’aube de ses derniers coups de pédales, on peine à croire que Bardet luttera bec et ongles au moment où l’écrémage débutera dans les cols et que la lutte se fera dense pour le général. Au contraire, on imagine plus facilement le coureur français s’élancer avec un certain détachement et une volonté de courir libéré, tenter des coups avec fougue, conformément au tempérament offensif auquel il nous a habitué au cours de sa carrière.
Plusieurs opportunités de briller
Ainsi, certaines étapes se prêtent particulièrement au caractère et au profil du Tricolore. S’il pourrait pourquoi pas retenter une échappée folle dès la première étape, comme celle qui lui a permis de porter le maillot jaune sur le Tour de France 2024, on l’attend davantage à partir du deuxième week-end de course. Si on le sait à l’aise lors des arrivées au sommet, on pourrait aussi le voir briller sur d’autres types d’arrivées, à l’image de celle de Sienne le 18 mai, au terme d’une neuvième étape aux allures de Strade Bianche, course dont il a pris la deuxième place en 2018.
#TDF2024 | OUI ROMAIN !
Énorme ! Romain Bardet remporte la première étape du Tour de France et endosse le maillot jaune pour la première fois de sa carrière alors qu’il dispute son dernier Tour. L’histoire est magnifique 🤩 🔥
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— francetvsport (@francetvsport) June 29, 2024
Quoi qu’il en soit, de nombreuses étapes pourraient lui convenir. Il n’est donc pas impossible de voir Romain Bardet finalement réussir un bon classement général sans l’avoir cherché. En effet, comme souvent dans les Grands Tours, il est possible de le voir concéder du temps sur les premières difficultés de la course avant de le voir récupérer de précieuses minutes en partant à l’attaque avec les baroudeurs. Le Giro étant parfois réputé pour son côté débridé, il est d’autant plus difficile d’avancer un scénario fiable à l’avance.
Du flou autour de sa condition
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Pour l’épauler, Bardet pourra compter sur une équipe polyvalente. Si Max Poole semble être la carte la plus sérieuse en montagne – il vient de terminer meilleur jeune du Tour des Alpes – les autres devraient être au service du Français, que ce soit pour le protéger dans le peloton ou l’accompagner du mieux possible dans des coups. En effet, son début de saison prêche là encore en faveur d’un Tour d’Italie offensif.
Our gladiators are ready for the first Grand Tour of the year, which mark one final 3-week-long dance for @romainbardet ⚔️
Let’s do this @giroditalia!
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S’il a par le passé été un coureur de général, ses récents résultats n’en font pas un candidat évident au podium à Rome. Il y a deux semaines, il terminait en effet dixième du Tour des Alpes, à plus de six minutes de Michael Storer. S’il faut relativiser, car il s’agissait de sa reprise après une longue coupure liée à sa chute sur le Tour de l’Algarve fin février, à l’origine d’un œdème aux vertèbres, Liège-Bastogne-Liège, il y a près de quinze jours, n’a pas permis d’avoir plus de certitudes quant à sa condition. Quatre-vingt-deuxième d’une course dont il avait pris la deuxième place l’année dernière, Romain Bardet n’a cette fois pas pu jouer un rôle dans le final.
Malgré le flou qui persiste autour de sa condition, on peut néanmoins voir les choses sous un autre prisme et se dire que sa blessure pourrait lui apporter une certaine fraîcheur à mesure que la course avancera. En effet, il cumule pour l’heure douze jours de course, cinq de moins que l’an dernier avant d’aborder le Giro qu’il avait terminé à la neuvième place. Une chose est sûre, il lui faudra cette fraîcheur dans un Giro qui s’annonce assez ouvert et qui lui permettrait de devenir le 112ème coureur à s’imposer dans chacun des trois Grands Tours !



