Avant Valentin Vacherot, ces autres sportifs originaires de micro-États à avoir brillé
MULTISPORTS – Avant le Monégasque Valentin Vacherot, vainqueur du Masters 1000 de Shanghai, d’autres sportifs originaires de micro-États ou de minuscules territoires ont placé leur pays sur la carte du monde grâce à leur palmarès individuel.
Monaco, une principauté sportive qui rêve de rivaliser avec le Luxembourg !
Difficile d’évoquer Valentin Vacherot sans mentionner Charles Leclerc. Entré dans le grand bain de la Formule 1 en 2018, le compatriote du tennisman est depuis l’un des cadors du paddock. Il comptabilise à ce jour huit succès dans la catégorie reine, ce qui le place en sixième position des pilotes en activité comptant le plus de victoires. Le pilote monégasque est donc logiquement l’égérie du sport dans la Principauté (2 km²), un luxe qui veut dire beaucoup dans un pays où le souverain est lui-même un sportif émérite.
Entre 1988 et 2002, le prince Albert a ainsi participé à cinq reprises aux épreuves de bobsleigh des Jeux olympiques d’hiver, ce qui en dit long sur la place du sport dans le micro-État. Il n’est donc pas si rare de voir des sportifs monégasques s’illustrer, à l’image de Victor Langellotti, vainqueur d’une étape sur le Tour de Pologne cycliste cet été. Néanmoins, la Principauté n’a jamais brillé aux Jeux Olympiques.
Qu’est-ce que tu viens de nous faire, Victor Langellotti ? 🤯 pic.twitter.com/FkjeA5lbAI
— Eurosport France (@Eurosport_FR) 9 août 2025
Pourtant, en Europe, Monaco a un rival de taille qui se nomme le Luxembourg (2 586 km²). Le Grand-Duché compte dans ses rangs de dignes représentants, à l’image des frères Schleck en cyclisme, dont le cadet, Andy, a remporté le Tour de France en 2010. Plus récemment, c’est Bob Jungels qui s’est distingué en remportant Liège-Bastogne-Liège en 2018. Auparavant, Josy Barthel avait décroché le seul titre olympique du Luxembourg sur le 1 500 mètres lors des Jeux de 1952. Marc Girardelli a, lui, fait les beaux jours de son pays en ski alpin (voir par ailleurs), tandis que ces dernières années, c’est la sprinteuse Patrizia van der Weken qui s’est illustrée en décrochant le bronze aux championnats d’Europe et du monde en salle, cette année, sur 60 mètres.

Les succès des micro-États de l’Asie-Pacifique sur la scène olympique
Si Monaco n’a jamais brillé aux Jeux Olympiques, Singapour a gommé cette anomalie en 2016. Cette année-là, Joseph Schooling a offert à son pays la première médaille d’or de l’histoire de Singapour aux Jeux Olympiques. Alors âgé de 21 ans, le nageur a triomphé sur l’épreuve du 100 mètres papillon, signant par ailleurs le record olympique de l’époque. Une performance notable pour un État qui, malgré un PIB par habitant parmi les plus élevés au monde, n’est que le 186e pays au classement des superficies, avec 729 km², soit l’équivalent de sept fois la ville de Paris seulement. Tout le contraire d’Éric Moussambani, donc. Si la Guinée équatoriale n’est pas à proprement parler un micro-État (28 000 km²), le nageur a, lui aussi, inscrit son nom dans l’histoire, mais pour une autre raison, aux Jeux Olympiques de 2000. Sachant à peine nager, Moussambani avait terminé sa série du 100 mètres nage libre au bord de la noyade, seul dans la piscine après les faux départs de ses adversaires.
Joseph Schooling n’est pas le seul parmi les sportifs originaires de micro-États ou de territoires d’Asie-Pacifique à avoir performé aux Jeux Olympiques dans un sport individuel. On pense également au Tongien (747 km²) Paea Wolfgramm, médaillé d’argent à Atlanta en 1996 en boxe (poids super-lourds), ou aux sportifs d’Hong Kong (1 100 km²), dont les escrimeurs Cheung Ka Long et Vivian Kong, médaillés d’or en individuel en 2024 à Paris. À l’inverse de sa voisine, Macao, l’autre région administrative spéciale de la Chine, qui dispose, elle aussi, de son propre comité olympique, mais ne compte aucune breloque à ce niveau.
L’athlétisme, terrain de prédilection des micro-États
Les Caraïbes, terre d’athlétisme
S’il est un sport qui peut se vanter d’être universel et de permettre aux athlètes de micro-États de se sublimer, c’est bien l’athlétisme. Les Caraïbes ont offert un grand nombre de championnes et champions d’exception, principalement dans les disciplines du sprint. On retiendra notamment le précurseur Kim Collins, originaire de Saint-Christophe-et-Niévès (261 km²), champion du monde du 100 mètres en 2003, ou encore la Saint-Lucienne (616 km²) Julian Alfred, devenue championne olympique du 100 mètres et médaillée d’argent du 200 mètres en 2024. Entre-temps, Kirani James, de la Grenade (345 km²), a fait les beaux jours de son île sur le 400 mètres, discipline dans laquelle il a été champion du monde en 2011 puis champion olympique à Londres l’année suivante.
👑 La 𝐫𝐞𝐢𝐧𝐞 du 100 m, c’est Julien Alfred 💥
🇱🇨 La sprinteuse de Sainte-Lucie décroche la médaille d’or en 10.72 secondes !⏱️Suivez #Paris2024 en intégralité sur Eurosport avec Max, Canal+ et nos partenaires de distribution pic.twitter.com/s6D9DtVt9S
— Eurosport France (@Eurosport_FR) 3 août 2024
Mais c’est du côté de la Jamaïque (10 991 km²) que le sprint a connu ses plus illustres figures, avec bien entendu Usain Bolt en fer de lance chez les hommes ainsi que Shelly-Ann Fraser-Pryce chez les femmes. Autrement, la palme de l’athlète médaillé issu du plus petit territoire revient à Kyron McMaster. Le spécialiste du 400 mètres haies, originaire des Îles Vierges britanniques (151 km²), s’est offert en 2023 la médaille d’argent aux championnats du monde de Budapest.
En dehors du sprint, d’autres athlètes caribéens ont également connu les joies d’un titre majeur ou d’une médaille. On retiendra principalement Keshorn Walcott, spécialiste du lancer du javelot. Le Trinidadien (5 100 km²) a réussi la prouesse immense de décrocher l’or aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, puis de devenir champion du monde à Tokyo… treize ans plus tard, en 2025 ! On pense également à la triple-sauteuse de la Dominique, Thea LaFond (750 km²), championne du monde en salle et championne olympique l’an dernier.
Djibouti, Bahreïn, ces autres micro-États performants
Les autres parties du monde ne sont pas en reste. En Afrique, Hussein Ahmed Salah a offert à Djibouti (23 000 km²) la seule médaille olympique de son histoire, en décrochant le bronze sur le marathon en 1988. On n’oubliera pas non plus Ayanleh Souleiman, champion du monde en salle du 1 500 mètres en 2014. Winfred Yavi, née au Kenya mais naturalisée bahreïnienne, fait partie d’un contingent d’athlètes de Bahreïn (778 km²) ayant triomphé à l’échelle mondiale. Championne olympique en titre du 3 000 mètres steeple et championne du monde en 2023, la jeune femme s’inscrit dans la lignée de Maryam Yusuf Jamal et Salwa Eid Naser, alors que d’autres ont vu leur titre leur être retiré pour dopage.
Le Liechtenstein, fer de lance des micro-États en ski alpin
Si Marc Girardelli dispose d’un palmarès impressionnant, comme en attestent ses quatre titres mondiaux entre 1987 et 1996 (trois en combiné, un en slalom) et ses deux médailles d’argent remportées aux Jeux Olympiques d’Albertville en 1992 (slalom géant et Super-G), c’est pourtant le Liechtenstein (160 km²) qui détient le palmarès le plus fourni en ski alpin parmi les micro-États. Les plus jeunes se rappellent sans doute les performances de Tina Weirather (deux globes, une médaille d’argent aux mondiaux, une médaille de bronze olympique en 2018), les trentenaires actuels se souviendront du nom de Marco Büchel, médaillé d’argent en géant aux championnats du monde 1999 et vainqueur de quatre épreuves en Coupe du monde.
Pourtant, c’est au cours des années 1980 que le pays, l’un des plus petits au monde, a connu son âge d’or. Outre les trois médailles de bronze obtenues par Ursula Konzett (1984) et les frères Frommelt, Willi (1976) et Paul (1988), il faut souligner les performances de la fratrie Wenzel. La grande sœur, Hanni, a été triple médaillée aux Jeux de Lake Placid en 1980 (deux médailles d’or et une d’argent), en plus d’avoir été quadruple championne du monde, tandis que le petit frère, Andreas, a décroché l’argent la même année et le bronze à Sarajevo quatre ans plus tard.
Aucun autre micro-État ne peut se vanter de faire mieux, pas même Andorre (468 km²), pourtant enclavée entre la France et l’Espagne, au cœur des Pyrénées. La Principauté espère néanmoins décrocher sa première médaille olympique l’hiver prochain avec Joan Verdu, son géantiste devenu le premier Andorran à monter sur un podium de Coupe du monde en 2023.
What a performance from Joan Verdu today! The 28 y/o from Andorra just came back from injury but laid down 2 sensational GS runs resulting in a P3 podium finish – his first ever Top 10 result. P5 Alexis Pinturault P9 Alexander Schmid P12 Atle Lie McGrath P16 Patrick Feurstein pic.twitter.com/V7G4fnSsNI
— Head Rebels (@head_rebels) 9 décembre 2023
Le tir, un sport qui réussit aux petites nations
Deux micro-États sortent du lot dès lors qu’on évoque le tir sportif : le Koweït (17 000 km²) et Saint-Marin (61 km²). Le premier a décroché 100 % de ses médailles Olympiques dans cette discipline grâce aux trois médailles de bronze de Fehaid al-Deehani sur le double trap (2000, 2012) et d’Abdullah al-Rashidi en skeet (2021). Il faut ajouter à ce bilan le titre d’al-Deehani sur double trap, là encore, en 2016. Le Koweïtien a bel et bien décroché l’or, mais sous la bannière des athlètes olympiques indépendants, puisque le comité du Koweït était alors suspendu pour ingérence gouvernementale. En ce qui concerne Saint-Marin, là encore, c’est le tir sportif qui a permis au petit pays enclavé au sein de l’Italie de briller sur la scène olympique.
- À lire également : JO : Ils ont obtenu la première médaille de leur pays… Alessandra Perilli (Saint-Marin)
En 2021 à Tokyo, Alessandra Perilli a apporté la première médaille olympique de Saint-Marin en décrochant le bronze sur le trap. Bien lancée, la délégation saint-marinaise allait poursuivre sur sa lancée avec une médaille d’argent sur l’épreuve mixte, Perilli étant pour l’occasion associée à Gian Marco Berti, et même une médaille de bronze en lutte grâce à Myles Amine, Américain de naissance, mais d’origine libanaise par son grand-père et saint-marinaise par son arrière-grand-père !
Mais aussi…
Il est impossible de dresser une liste exhaustive. D’autres athlètes auraient pu intégrer un classement des meilleurs sportifs issus de micro-États, mais nous avons préféré aborder la question sous un angle thématique. Ainsi, nous aurions pu citer la cycliste Kimberley Le Court, originaire de Maurice (1 979 km²), Basma Lachkar, médaillée d’or en wushu aux Jeux mondiaux 2022 et native du Brunei (5 765 km²), l’ancienne championne olympique de tennis Monica Puig de Porto Rico (8 868 km²), territoire américain disposant de son propre comité olympique, ou encore les judokates kosovares (10 887 km²) Majlinda Kelmendi et Distria Krasniqi, par exemple.


