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Championnats du monde de cyclisme sur route

Championnats du monde de cyclisme 2026 : van der Poel et Van Aert peuvent-ils gagner à Montréal ?

Etienne Goursaud

Publié le

Mathieu van der Poel et Wout Van Aert ont-ils une chance face à Paul Seixas, Isaac Del Toro et Remco Evenepoel
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLISME SUR ROUTE 2026 – Outsiders à Montréal, Mathieu van der Poel et Wout Van Aert peuvent-ils peser sur la course ?

C’est l’un des duels qui ont marqué le cyclisme moderne. Une rivalité qui s’est quelque peu effacée ces dernières années, mais qui fait toujours frissonner une bonne partie des amoureux de vélo. Mathieu van der Poel et Wout Van Aert vont se retrouver dimanche à l’occasion de la course en ligne des Championnats du monde.

Ce duel, qui a rythmé la fin des années 2010 et le début des années 2020, peut-il se reformer dans la lutte pour le maillot arc-en-ciel ? Le Belge court toujours après ce Graal, tandis que le Néerlandais l’a déjà décroché une fois, en 2023. Une chose est sûre : les deux hommes ne sont pas les premiers favoris à Montréal. On pense davantage à Paul Seixas, Isaac Del Toro et Remco Evenepoel.

Van der Poel et Van Aert se sont préparés à leur manière pour Montréal

Ils ne sont donc pas les deux grands favoris, mais ils arrivent au Québec avec l’ambition de peser sur la course. Chacun, à sa manière, s’est préparé minutieusement. Wout Van Aert a choisi la Vuelta pour accumuler les efforts. Outre ses deux victoires d’étape (13e étape et 15e étape), le Belge a participé à de nombreuses échappées, notamment en haute montagne. Il a fourni énormément d’efforts au seuil, tout en allant chercher des points pour le classement de la montagne. S’il a ramené le maillot vert du Tour d’Espagne, il revient surtout de la Vuelta avec une condition peaufinée et quelques certitudes supplémentaires sur sa capacité à encaisser les pentes raides.

Un raid de plus de 180 kilomètres pour Van der Poel

Mathieu van der Poel a, lui, envoyé un sérieux message sur sa condition. Après un début de Tour de Luxembourg très discret, le Néerlandais a tout simplement réalisé un raid d’un autre temps : plus de 180 kilomètres en solitaire. Certes, sur un parcours moins difficile que celui des Championnats du monde, mais MVDP a martyrisé le peloton. À aucun moment ou presque, un retour de la meute n’a semblé possible.

Mathieu van der Poel prudent face à un parcours peut-être trop dur

De quoi donner confiance à Mathieu van der Poel ? Le parcours des Mondiaux est difficile, avec 3 806 mètres de dénivelé positif, dont environ 90 % concentrés dans les 150 derniers kilomètres. Parmi les principales difficultés figure la côte de l’Atwater, longue de 2,4 km à 5,4 %, avec un passage à 11 %. Trop dur pour MVDP et ses près de 75 kg ? Après son exploit, le Néerlandais restait prudent au micro d’Het Laatste Nieuws.



Je pense que le parcours est légèrement différent. Zurich comportait beaucoup de dénivelé, mais pas une seule et longue ascension comme celle de Montréal cette année. L’absence de Pogacar ne change pas grand-chose pour moi non plus. Je pense que ce sera encore un peu trop difficile.

On ne demande qu’à le croire. Sauf qu’on connaît le Néerlandais : c’est un coureur qui ne s’aligne généralement pas sur une course sans ambition. On ne l’a plus vu sur le Tour de Lombardie depuis 2020, tandis qu’il a également délaissé Liège-Bastogne-Liège. Néanmoins, Mathieu van der Poel semble moins à son avantage sur ce type de parcours qu’il ne pouvait l’être il y a quelques années. Ce profil aurait peut-être davantage correspondu au Van der Poel de 2019 ou 2020.



Une course d’attente pourrait faire les affaires de MVDP

Si la course se durcit de loin, avec des attaques des principaux favoris à plusieurs dizaines de kilomètres de l’arrivée, le scénario ne sera probablement pas favorable au Néerlandais, qui risque de payer l’accumulation des efforts. En revanche, si les favoris temporisent et que Van der Poel aborde encore les derniers kilomètres avec les meilleurs, gare à son accélération dans les forts pourcentages. Sa pointe de vitesse lui donnerait alors une arme redoutable.

Wout Van Aert a rassuré sur sa forme pendant la Vuelta

De son côté, le très polyvalent Wout Van Aert ne peut pas être exclu du débat. Cette côte, le Belge peut très bien la passer. Même s’il n’a pas retrouvé le niveau de son incroyable Tour de France 2022 – qui aurait sans doute fait de lui l’un des immenses favoris à Montréal –, il connaît une année 2026 enfin relativement épargnée par les pépins. Son principal contretemps aura été sa blessure sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, qui l’a privé du Tour de France.

Son Tour d’Espagne et son niveau en montagne constituent de sérieux indicateurs sur sa condition. Dans les échappées, on l’a vu fournir énormément d’efforts et aller très loin, tout en repartant régulièrement au combat le lendemain. Surtout, Van Aert était déjà passé tout près de la victoire sur le Grand Prix de Montréal en 2022, seulement battu au sprint par Tadej Pogačar.

Une pointe de vitesse toujours redoutable après une course difficile

S’il n’est peut-être plus aussi rapide qu’en 2022, le Belge peut toujours compter sur une pointe de vitesse capable de faire la différence. Y compris après des courses extrêmement difficiles, comme il l’a encore montré lors du dernier Paris-Roubaix. Encore plus que face à Van der Poel, les Paul Seixas et consorts auront donc intérêt à lancer la course de loin et à user le Belge avant le final.

Au soir de la dernière étape de la Vuelta, Wout Van Aert était d’ailleurs déjà tourné vers Montréal, comme il l’évoquait sur la ligne d’arrivée.

C’est un de mes gros objectifs.

Evenepoel et Van Aert, deux cartes de luxe pour la Belgique

Reste une différence majeure avec Mathieu van der Poel : Wout Van Aert ne sera pas l’unique leader de sa sélection. Il devra partager les responsabilités avec Remco Evenepoel. Le champion du monde 2022 fait partie des principaux favoris ce dimanche, malgré un Grand Prix de Montréal où il était passé un peu à côté.

Au micro de la DH, l’ancienne légende belge Johan Museeuw désigne Remco Evenepoel et Wout Van Aert comme les deux grands favoris. Il y a peut-être une petite part de chauvinisme. Mais pas seulement. Le dernier coureur à avoir réalisé le doublé Paris-Roubaix – Championnats du monde était justement belge : Tom Boonen, en 2005. Vingt et un ans plus tard, Van Aert peut-il l’imiter ?

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