Afrobasket 2021 : La revue complète des différentes forces en présence
Plusieurs mois après la BAL, le basket africain revient de nouveau sur le devant de la scène avec l’Afrobasket 2021. La compétition ouvre ses portes ce mardi avec la rencontre Tunisie-Guinée programmée à 10h30. Championne en titre, la Tunisie s’avance une nouvelle fois en favorite, mais cette dernière devra batailler afin d’aller chercher le titre alors qu’une multitude de prétendants sérieux tape à la porte. Revue des forces en présence.
Championne sortante, la Tunisie se présente à Kigali avec un statut logique de favorite. Remise de la déception subie lors du TQO où elle est logiquement tombée face au Brésil et la Croatie, la sélection maghrébine compte bien défendre son titre continental afin de profiter à fond d’une génération de grande qualité. Absents durant le TQO, Makram Ben Romdhane, Michael Roll et Ziyed Chennoufi effectuent leur retour pour la compétition. Aux côtés de Radhouane Slimane ou bien évidemment l’ancien NBAer Salah Mejri, la Tunisie dispose d’individualités de haut niveau capables de sublimer le collectif. Cependant, aucune erreur ne sera permise.
L’Egypte veut l’or, la Centrafrique a de la gueule
Dès la phase de poules, ils auront ainsi une lutte acharnée à remporter face à l’Égypte pour le gain de la première place au sein de la Poule C. Les Pharaons souhaitent profiter de la magnifique dynamique offerte par le succès du Zamalek en BAL afin de décrocher un nouveau titre continental. Pour cela, ils peuvent d’appuyer sur une ossature solide en provenance du club cairote (Omar Hicham, Mostapha Al Makaoui), et notamment Anas Mahmoud. Aux États-Unis ces derniers jours pour disputer la Summer League avec les Raptors, le meilleur défenseur de la BAL est arrivé il y a peu au Rwanda afin d’aider son équipe à aller décrocher l’or.
Derrière ce duo de favoris, la Guinée semble elle avoir un effectif trop léger pour réellement concurrencer ces deux mastodontes. En revanche, la République Centrafricaine dispose elle d’atouts capables d’en faire un poil à gratter sérieux. Autour de l’emblématique Romain Sato (ex Barcelone, Panathinaïkos…), revenu en sélection après plus d’une décennie d’absence, plusieurs joueurs de haut niveau, et bien connus en France, sont là pour accompagner le quadragénaire. On pense notamment à Max Kouguere (Boulazac la saison passée), mais également à Eddy Ngoy, passé par la formation de l’ASVEL, et surtout à Kevarrious Hayes. De plus en plus important dans les rotations d’une ASVEL irrésistible, le jeune intérieur a été un appelé de dernière minute, qui peut par son énergie donner le supplément d’âme nécessaire à cette équipe pour renverser des montagnes.
Après 11ans d’absence le joueur de Valence Basket club #Romain_Sato est de retour à l’équipe nationale 🇨🇫 à l’âge de 40ans. pic.twitter.com/nIZNTWrq6q
— Damzo (@Damzo18645392) July 29, 2021
Une multitude de candidats francophones au podium ou à la victoire finale
De son côté, le Sénégal vient lui à Kigali avec l’or en ligne de mire. Portés par un Gorgui Dieng très impliqué, les Sénégalais disposent d’un réservoir de joueurs solides au sein duquel on retrouve Youssoupha Ndoye (Séville) ou Tylor Ongwae (Bakken, Danemark). Un trio fort accompagné par des joueurs locaux moins chevronnés, mais disposant de qualités évidentes à l’image de Cheikh Bamba Diallo, vu à son avantage durant la BAL. Invaincu durant la phase de qualification, le Sénégal compte bien poursuivre sur cette dynamique extrêmement positive.
Le son de cloche est le même côté Cameroun. Impressionnant en qualification, ce dernier aurait été le favori ultime de la compétition si jamais Joel Embiid et Pascal Siakam avaient fait le déplacement. Malheureusement, les deux All-Stars NBA ne sont pas au rendez-vous, ce qui n’empêche pas la sélection d’être ambitieuse. Elle peut ainsi compter sur deux joueurs bien connus en Betclic Elite (Jérémy Nzeulie, Williams Narace), sur un défenseur de haut vol en la personne de Landry Nkonko (meilleur défenseur de G-League en 2018) et évidemment sur le vécu énorme de DJ Strawberry. Autour d’eux, les piliers Benoît Mbala et Kenneth Kadji sont toujours présents alors que le jeune meneur Aristide Mouaha est capable d’emmener une étincelle sur certaines séquences. Homogène et expérimenté, cet effectif a les cartes en main pour réaliser un grand coup.
Autre sélection francophone à nourrir des ambitions, la Côte d’Ivoire se présente avec un effectif costaud. Privés de Deon Thompson, les Ivoiriens ont fait le boulot en attirant Matt Costello pour prendre la place de naturalisé. Passé éphémèrement par les Spurs en NBA (4 matchs joués en 2018), l’intérieur de 28 ans est l’un des piliers de Gran Canaria depuis deux saisons, et devrait avoir un réel impact sur un effectif déjà solide. Vainqueur de la BAL avec Zamalek, Souleyman Diabaté aura lui un rôle prépondérant par sa capacité à porter une équipe qui avait terminé la phase de qualification en étant invaincue.
La lista de Costa de Marfil 🇮🇪 con sus 12 para el #Afrobasket2021: dirigidos por Natxo Lezkano, la gran novedad es el ya Baskonista Matt Costello pic.twitter.com/dwZH0qaJaS
— Chema de Lucas (@chemadelucas) August 19, 2021
Angola ou Cap-Vert, quelle sera la meilleure nation lusophone ?
Autre favori évident, l’Angola va tenter de retrouver son lustre d’antan. Non médaillée pour la première fois depuis 1987 lors de la dernière édition, la sélection angolaise est en mission pour oublier ce désastre. Pour cela, elle peut s’appuyer sur des cadres historiques aux multiples médailles comme Leonel Paulo ou Carlos Morais. A leurs côtés, les deux joueurs du Petroleos de Luanda bénéficieront du soutien non négligeable de leurs coéquipiers en club comme Childe Dundao ou Jone Pedro. Le talent est là, mais sera-t-il suffisant pour aller au bout ? La question peut se poser. On peut même se demander si une autre équipe lusophone ne pourrait pas créer la sensation en mettant l’historique Angola au pas.
En effet, le Cap-Vert représente clairement cette année l’une des équipes à suivre. Malgré une préparation tronquée, les Cap-Verdiens disposent de joueurs de très haut niveau qui compensent un banc plutôt léger. Autour du pivot du Real Madrid Walter Tavares, on retrouve plusieurs joueurs qui évoluent en Europe (Ivan Almeida, Joel Almeida, Jeff Xavier). Le cinq majeur peut donc regarder droit dans les yeux n’importe quel adversaire, mais le coach Emmanuel Trovoada va devoir jongler habilement avec ses rotations pour tenter de faire un coup.
Nigeria et Mali, vraiment les moyens de leurs ambitions ?
Seule nation africaine présente aux Jeux Olympiques de Tokyo, le Nigeria a été la grosse déception de la compétition. Un véritable sentiment de revanche est donc présent au sein de la sélection, mais cette dernière présente à Kigali un visage totalement différent. Tous les joueurs NBA ayant pris part aux JO seront absents, limitant ainsi fortement les possibilités de Mike Brown. Sur le papier, cela rend cette équipe beaucoup moins impressionnante même s’il reste du lourd (Benjamin Ikechukwu, Jordan Ogundiran…). Malgré tout, difficile d’imaginer que les D’Tigers seront suffisamment armés pour décrocher le titre.
Pour le Mali, le constat est différent. Les attentes sont moins élevées mais ne seront pas si évidentes que ça à atteindre. Placée dans la Poule C avec le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Kenya, la sélection malienne doit logiquement prendre place dans le Top 3 pour disputer les barrages. Cependant, après ça, il est difficile d’imaginer cette équipe aller plus loin malgré son souhait de décrocher une place en quarts de finale. Renforcé par les apports de deux joueurs qui évoluent ces dernières années en Pro B (Drake Reed, Sadio Doucouré), le collectif malien semble malgré tout un ton en-dessous par rapport aux autres gros outsiders cités précédemment.
The 12-man AfroBasket roster as announced by @nbbfonline pic.twitter.com/X7vcAxoOil
— D’Tigers | Nigeria Basketball (@NigeriaBasket) August 19, 2021
L’Afrique de l’Est à la fête, Liz Mills dans l’histoire
Ce ne seront clairement pas les favoris face aux traditionnels pays de basket du continent, mais il est à noter que pour la première fois, quatre équipes d’Afrique de l’Est (Rwanda, Kenya, Soudan du Sud, Ouganda) prennent part à la compétition.
Pays hôte, comme lors de la BAL, le Rwanda va tenter de faire de son mieux en s’appuyant sur la base des Patriots auteurs d’une belle compétition en mai dernier. Ainsi, Diedonne Ndizeye aura un rôle déterminant en attaque, avec notamment Steven Hagumintwari pour l’accompagner. A l’intérieur, Prince Ibeh a prouvé qu’il était un protecteur de cercle de très haut niveau, et le Rwanda aura clairement besoin de sa défense de fer. Suffisant pour sortir des poules et rallier les quarts de finale ? La tâche sera complexe dans une poule A relevée.
De son côté, le Kenya va essayer de faire bonne figure. Pour leur premier Afrobasket depuis 1993, les Kényans disposent d’une des équipes les plus faibles sur le papier. Cela sera sans doute insuffisant pour passer un tour mais l’essentiel est ailleurs. Récemment nommée sur le banc de la sélection, l’Australienne Liz Mills va devenir la première femme à officier en tant que coach principale dans la compétition. De quoi inspirer une franchise NBA à, prochainement, enfin donner sa chance à Becky Hammond qui sait…
L’Ouganda d’Ishmail Wainright pour semer la zizanie au milieu des cadors ?
Nation la plus jeune du continent (Indépendance obtenue en 2011), le Soudan du Sud va découvrir la compétition avec les dents longues. Autour de son flamboyant meneur Teny Bak Puot et de son point d’ancrage Emmanuel Malou sous le cercle, la nation de Luol Deng veut faire plus que de la figuration même s’il sera difficile pour elle de sortir d’une poule D terrible. Poule au sein de laquelle ils devront notamment se coltiner un Ouganda qui a fière allure.
Encore vierge de participation à l’Afrobasket en 2015, ce dernier va disputer sa troisième compétition consécutive. Renforcée par l’apport monumental de l’ancien strasbourgeois Ishmail Wainright, la sélection ougandaise peut également s’appuyer sur le talent du jeune prodige Arthur Kamula (19 ans) ou encore le shoot létal de Robinson Opong. Ce sera léger pour aller viser une médaille, mais il ne faudra pas être surpris si un gros du continent mord la poussière face à cette équipe dangereuse.
Calendrier phase de groupe #Afrobasket2021 24 matches dont 3 pour le #Senegal @AfroBasket @FSBBOFFICIEL @belle_fiba @MalickDaho @Radio_Senegal @Coach_LizMills pic.twitter.com/h0J2kaM7D9
— Thierno Diallo 🇸🇳🇲🇫 (@thiernoreporter) August 19, 2021


