Andrea Giani : « La qualité ne se mesure pas seulement à l’âge ou à l’expérience de l’équipe »
EUROVOLLEY HOMMES 2026 – À quelques jours de l’entrée en lice des Bleus dans l’Euro (9-26 septembre), Andrea Giani a fait un point face aux médias sur l’évolution de l’équipe de France et ses ambitions pour la compétition.
Quel regard portez-vous sur cet été 2026 ?
Nous avons perdu beaucoup de matchs lors de la Ligue des nations, mais je suis très content d’avoir vu une équipe avec une bonne identité et de bonnes qualités. Aujourd’hui, nous pouvons jouer contre les équipes les plus fortes. Je ne sais pas si nous pouvons les battre, mais nous pouvons leur faire face. L’équipe a aussi beaucoup changé. Entre celle de 2024 et celle d’aujourd’hui, nous avons changé neuf joueurs.
Vous avez donc beaucoup travaillé avec les jeunes. Quelle est la priorité pour construire cette nouvelle équipe ?
Dans le sport, il y a la technique, la tactique, le physique… Mais la première chose, c’est d’avoir une identité très forte. Aujourd’hui, je pense que notre équipe commence à avoir cette identité.
Quelle est cette identité ?
La première est d’accepter les situations négatives. Aujourd’hui, nous rencontrons des situations négatives et c’est normal. Mais, lors de ces moments, je vois une équipe qui cherche des solutions et qui communique. Quand certains joueurs sont en difficulté, les autres vont les aider.
Constamment, tous les jours et dans tous les moments, les joueurs doivent s’aider. Nous avons eu des moments un peu difficiles, notamment parce que certains joueurs n’étaient pas habitués à jouer à ce niveau, mais c’est normal. Les habitudes ne sont pas les mêmes et l’exigence est différente. Et quand tu veux obtenir de bons résultats, tu as besoin que l’exigence soit très forte.
À quel moment une équipe jeune comme celle-ci peut-elle réellement changer de dimension ?
C’est un travail très long. Il faut disputer beaucoup de matchs. Après quatre mois de travail, nous avons montré que l’équipe allait prendre une forme. Le championnat d’Europe est aussi parfait pour ça car c’est une compétition très dure.
Quel est l’objectif pour cet Euro ?
Le premier est de prendre la première ou la deuxième place du groupe. Je leur ai expliqué que, généralement, quand tu vas jouer contre une équipe que tu ne connais pas, il faut être focalisé sur soi et essayer d’être beaucoup plus agressif. Dans la première phase de la compétition, les équipes les plus fortes ne sont pas immédiatement à leur meilleur niveau car elles ont besoin de trouver leur rythme.
Et au-delà du résultat, qu’est-ce qui vous intéresse particulièrement sur cet Euro, sachant que les Jeux de Los Angeles arrivent dans deux ans ?
Les résultats sont toujours la première chose que l’on va chercher. Si tu cherches les résultats, tu cherches la performance. Et si tu veux de la performance, tu as besoin d’une équipe qui joue pour la performance. Beaucoup de joueurs vont disputer leur premier championnat d’Europe.
Il faudra donc faire la différence entre les joueurs. Certains vont devoir aider les autres dans certains moments et certains joueurs qui ne seront pas titulaires pourront apporter quelque chose en entrant en jeu. L’équipe a besoin que tous les joueurs soient disponibles pour aller chercher la meilleure performance.
Y a-t-il une pression particulière après la Ligue des nations compliquée ?
Sur la première partie de la Ligue des nations, nous avons disputé quatre matchs et nous en avons gagné un. Mais si je prends les huit derniers matchs, nous en avons gagné six. Contre le Japon ou contre la Pologne, nous avons aussi eu des opportunités pour gagner, mais nous ne les avons pas prises. C’est ça aussi, le haut niveau : reconnaître les opportunités et les prendre.
Considérez-vous que l’écart avec les meilleures nations est en train de se réduire ?
On dit que notre équipe manque d’expérience. Ce n’est pas totalement vrai. Tous les jours, tu accumules de l’expérience. Si tu es capable d’apprendre tous les jours, chaque match devient un moment pour apprendre. C’est un travail que je fais beaucoup avec les joueurs : leur faire comprendre que nous sommes sur la même ligne que les équipes les plus fortes.
Si tu penses que l’écart est grand et qu’il est impossible de l’atteindre, tu ne vas rien faire. Si tu penses que c’est possible, tu peux faire des choses et y arriver. La qualité ne se mesure pas seulement à l’âge ou à l’expérience de l’équipe.
Ressentez-vous un stress, sachant qu’un bon résultat à l’Euro peut permettre d’obtenir un ticket pour les Jeux de Los Angeles ?
Sur ce championnat d’Europe, six ou sept équipes peuvent terminer à la première place. Mais ce championnat d’Europe est une première étape. L’année prochaine, il y aura encore la Ligue des nations et le championnat du monde. Le championnat du monde permettra également d’obtenir des places pour les Jeux. Le plus important en ce moment est de montrer les valeurs de cette équipe.


