Antoine Brizard : « Il ne faut pas mettre trop de pression sur cette équipe »
EUROVOLLEY HOMMES 2026 – Capitaine de l’équipe de France depuis le début de l’été, Antoine Brizard revient sur son nouveau rôle et porte son regard sur la nouvelle génération qui l’accompagne désormais sous le maillot bleu.
Après avoir voyagé aux quatre coins du monde pour la Ligue des nations, l’équipe de France fait un petit passage par la maison. Les Bleus affrontent ce jeudi soir (20h15) le Brésil en match de préparation de l’Euro (9-26 septembre). Le temps aussi pour le capitaine Antoine Brizard de s’exprimer face à la presse, avant de prendre la direction de la Roumanie où la France disputera sa phase de poules.
Comment sentez-vous l’équipe à quelques jours du début de ces championnats d’Europe ?
Je trouve qu’on est sur notre chemin. C’est dommage qu’on ait raté le Final 8 de la Ligue des nations. C’est un peu logique, mais c’est dommage de ne pas avoir joué de match à élimination directe jusque-là. Sinon, je trouve qu’on travaille bien. Le groupe se construit, chacun trouve sa place. Ça prend du temps parce que c’est nouveau pour tout le monde. On a un nouveau groupe et, au début de l’été, on ne connaissait pas encore les personnalités de chacun.
Vous aussi vous avez désormais une place nouvelle dans ce groupe. Comment vivez-vous ce rôle de capitaine ?
J’ai plus de responsabilités par rapport aux jeunes, mais j’ai toujours été relativement leader, même si j’avais beaucoup moins de responsabilités. Mais je ne suis pas seul. On est trois ou quatre leaders. En France, le rôle de capitaine est peut-être moins sacralisé que dans certains autres pays ou dans d’autres sports. Capitaine, c’est davantage un rôle dans les relations que l’on a avec la fédération et avec le coach. Mais dans le groupe, ça reste assez simple.
Quel regard portez-vous sur les jeunes et sur leur parcours pendant cette Ligue des Nations ?
Le point positif, c’est qu’ils ont pris conscience du niveau d’exigence et de la rigueur qu’il faut avoir. C’est une génération qui a beaucoup gagné chez les jeunes, qui a joué très vite en club et qui est partie très vite à l’étranger. Je ne veux pas faire l’ancien, mais ils ont vu beaucoup de choses plus tôt que nous, parce qu’ils sont meilleurs que nous au même âge. Mais ça ne veut pas dire qu’ils seront meilleurs que nous à la fin.
Il y a donc une forme d’impatience. Une forme de “facilité” qui est tout à fait naturelle. Mais là (lors de la Ligue des nations), ils ont pris une petite claque au début en voyant qu’en tant qu’équipe, nous n’étions pas encore au niveau et qu’individuellement, ils n’étaient pas encore au niveau non plus. Les habitudes qu’ils avaient n’étaient pas forcément toujours bonnes pour espérer y arriver à la fin.
Quelles sont ces habitudes ?
La rigueur du quotidien, l’exigence, la discipline, la constance. C’est dur tous les jours, et malgré la fatigue, malgré la lassitude, malgré le stress et malgré tout ce qui peut se passer dans notre vie, il faut pousser à l’entraînement et à la musculation, avec une bonne hygiène de vie et des soins. Je pense donc qu’ils en ont pris conscience.
#VNL2026 The IQ finish by Brizard! 🧠😮💨
The opening exchange between France 🇫🇷 and Brazil 🇧🇷 had everything.
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— Volleyball World (@volleyballworld) July 15, 2026
En tant que capitaine, comment cadrez-vous cette jeunesse très brillante et pleine d’énergie ?
Par des conseils, des discours, mais aussi par les résultats et par l’exemple. Nous avons eu la chance de gagner et ils nous ont vus gagner. C’est ce qu’ils ont envie de faire. Ils s’inspirent donc forcément de ce que nous avons fait et ils ont envie de savoir comment nous avons gagné et quel chemin suivre.
Que peut apporter au groupe ce match à domicile face au Brésil ?
Le Brésil est une grosse adversité, déjà. C’est une équipe atypique et extrêmement physique. C’est donc une bonne opposition de styles, notamment pour valider notre style et notre identité. Et puis c’est toujours beau pour nous de jouer en France. Pour la plupart, on ne le fait plus beaucoup et, qui plus est, à Paris, où nous avons quand même de bons souvenirs.
Qu’est-ce que c’est cette identité française ?
Elle est maintenant assez claire : être l’une des meilleures équipes, voire la meilleure équipe du monde, en service-bloc, être parmi les meilleures équipes du monde, avec le Japon en défense, jouer les actions longues et être intelligent à l’attaque. Voilà ce qu’est le jeu français. C’est aussi ce qui a inspiré et changé le style de jeu à l’international. Les équipes jouent différemment parce que la France a gagné comme ça et parce que le Japon est en train de performer de cette manière.
Avez-vous un objectif de classement sur cet Euro ?
C’est très compliqué de parler en termes de résultats. Il y a tellement d’équipes et tellement de facteurs qui peuvent entrer en compte. À chaque fois qu’on essaie de faire des plans, ça ne marche jamais. Ça ne se passe jamais comme prévu. On a d’abord une phase de groupes à gérer, en essayant de sortir le mieux possible.
Comme je l’ai dit au début, j’espère qu’on jouera notre premier match à élimination directe. On ne sait pas encore comment on va réagir. Il y a une qualification pour les Jeux, ce qui n’est pas anodin. Évidemment, si on peut la prendre, on va tout faire pour. On est ambitieux, mais on est sur un chemin qui est long et difficile. Ça reste une étape vers les Jeux de Los Angeles.
Vous ressentez donc moins de pression que lors des grandes compétitions précédentes ?
On est habitués à être dans les premières places. Mais il faut aussi prendre en compte le renouvellement de l’équipe et le fait qu’elle est en construction. J’espère que le public français s’est rendu compte que remplacer des joueurs comme Earvin N’Gapeth, Jenia Grebennikov ou Jean Patry (en pause internationale cet été), ce n’est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain, avec de jeunes champions du monde des moins de 19 ans. J’espère qu’ils le feront un jour et que ça ira le plus vite possible, mais ça prend du temps.
La France avait parmi les meilleurs joueurs du monde dans son équipe. Aujourd’hui, ce n’est plus forcément le cas. Du moins pour l’instant. Il ne faut donc pas mettre trop de pression sur cette équipe. Le but de l’été, c’est qu’individuellement et collectivement, l’équipe joue de mieux en mieux.


