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Arthur Bauchet : « L’objectif principal sera les Jeux Paralympiques »

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Arthur Bauchet « L'objectif principal sera les Jeux Paralympiques »
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HANDISPORT – SKI ALPIN – Quadruple vice-champion paralympique à Pyeongchang en 2018 et quintuple champion du monde, Arthur Bauchet a accepté de répondre à nos questions sur le handicap et la saison à venir, avec notamment les Jeux Paralympiques en point de mire.

Arthur, présentez-vous en quelques lignes

Je m’appelle Arthur Bauchet, j’ai 21 ans et je suis un skieur alpin handisport depuis maintenant 5 ans. J’ai été 5 fois titré champion du monde, et 4 fois vice-champion paralympique.

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du sport et du ski alpin ?

Mes parents m’ont fait découvrir cette passion à 5 ans, et je n’ai plus arrêté depuis. J’habitais dans le Golfe de Saint-Tropez et nous avons fait les aller-retour jusqu’à Serre-Chevalier tous les week-ends pendant 10 ans, avant que je vienne m’y installer en 2016. J’ai fait mon entrée dans la catégorie du ski handisport la même année.

Vous êtes atteint d’une maladie génétique rare, la paraparesie spastique : comment influence-t-elle votre façon de skier ?

Elle influence ma façon de skier, car j’ai énormément de spasticité. C’est-à-dire des mouvements incontrôlés des muscles, des tremblements ainsi que des douleurs et une raideur des mollets qui m’empêchent d’aller sur l’avant de la chaussure. Or, en ski, il est primordial de pouvoir s’appuyer vers l’avant pour réaliser de belles courbes et être efficace, ce que je ne peux pas, ou mal faire. J’ai également peu de progressivité dans mes jambes, et c’est un peu tout ou rien. On essaye par conséquent de contrer tout cela par plus de dissociation avec le haut du corps, en travaillant autrement.

À 20 ans à peine, vous êtes déjà multiple médaillé international. Comment on gère la pression du haut niveau si jeune ?

Oui c’est sûr que mon palmarès est déjà très beau, et j’espère qu’il le deviendra encore plus ces prochaines années. Je ne sais pas vraiment comment je gère la pression, après c’est juste que je m’éclate dans ce que je fais. J’adore le ski, j’adore les sensations que cela procure, c’est vraiment ma passion. J’espère d’ailleurs que ça le restera le plus longtemps possible, et cette pression elle se gère en fait naturellement. J’ai de la pression et il en faut, mais ce n’est pas de la pression négative, ce n’est que du positif.

Il y a presque quatre ans, vous participiez à vos premiers Jeux Paralympiques : abordez-vous ceux de Pékin de la même manière ?

On essaye de les aborder de la même manière, car ça a marché pour moi il y a quatre ans. Après, c’est totalement différent. Rien que l’aspect sanitaire va être différent, il n’y aura pas ma famille à mes côtés dans cette expérience, donc cela va changer beaucoup de choses. Au niveau de la préparation, ça fait quatre ans que je me prépare alors que pour Pyeongchang, ça faisait qu’un an. J’ai énormément progressé sur ces quatre dernières années, j’ai atteint un nouveau statut et pour l’instant, j’ai vraiment trop hâte d’être au départ de ces Jeux, et de donner le maximum. Maintenant, j’ai un peu le statut d’homme à abattre que je n’avais pas en 2018, mais j’espère que je vais pouvoir gérer aussi bien qu’il y a quatre ans.

La saison 2021-2022 sera particulière avec les championnats du monde, les Jeux Paralympiques et la Coupe du monde, quel sera votre objectif principal ?

L’objectif principal cette année sera forcément les Jeux Paralympiques. Le calcul est vite fait, les Mondiaux sont tous les deux ans, les Jeux tous les quatre ans, les Coupes du monde tous les ans, donc on va essayer d’être bon sur l’épreuve qui arrive tous les quatre ans. Après, c’est dommage d’avoir des Mondiaux qui passent en objectif numéro deux, parce que c’est normalement l’objectif numéro un d’une saison. Maintenant, c’est le jeu, ça va vraiment servir de répétition générale pour les Jeux avec tous les skieurs qui seront présents. J’espère évidemment que ça se passera bien et si c’est le cas, on continuera sur cette lancée à Pékin, un mois après. Mais si ça ne se passe pas bien, on aura ce mois pour changer les choses, voir ce qui ne va pas pour être meilleur.

Quel est votre regard sur la couverture médiatique du handisport en France ? Aimeriez-vous voir des choses changer ou évoluer ?

Forcément, on veut toujours plus. Après, il y a eu un énorme effort qui a été fait sur la couverture médiatique du handisport, on l’a vu avec les Jeux Paralympiques de Tokyo, c’est quelque chose de fort. J’espère que ça va continuer pour nous à Pékin, et encore au-delà, mais également que nos Coupes du monde seront aussi bien médiatisées que les Jeux. Sur les championnats du monde, il y a encore des efforts à faire. De temps en temps, on les voit sur une chaîne de télé, mais c’est très rare.

En tout cas, j’espère encore que cette médiatisation du handisport va évoluer : c’est aussi à nous, athlètes, de faire des résultats et de donner envie aux personnes de nous suivre, ainsi que nos performances. Je pense surtout aux anciens de l’équipe et notamment à Marie Bochet qui a énormément fait pour ça, et on veut tous un peu faire comme elle, faire briller notre sport au plus haut niveau, pour que les gens s’intéressent à nous et à notre sport.


Journaliste/rédacteur depuis octobre 2020 - Si mon plus vieux souvenir de sport aurait pu m'en dégoûter, la finale de la Coupe du monde 2006 a été tout le contraire. Véritable déclencheur d'une passion qui aujourd'hui ne fait que grandir avec le temps, mon leitmotiv est la France qui brille ! Je relate les exploits passés et présents du sport bleu-blanc-rouge sans ménagement depuis octobre 2020. Sport valide ou handisport, aucune différence, il n'y a que du sport et plusieurs façons de le pratiquer.

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