Athlétisme : Ces athlètes qui passent par les sponsors locaux pour vivre
ATHLÉTISME – Elles sont athlètes, représentent l’équipe de France à l’international et parviennent à vivre de leur sport, contrairement à la majorité des autres qui portent le maillot. Nous sommes allés à la rencontre de Sokhna Lacoste, Célia Perron et Clémence Beretta, qui ont misé sur le local pour mettre en œuvre leur réussite sportive. La parole est également donnée à Jean-Bruno Delrue, PDG de MESEA, qui accompagne Sokhna Lacoste depuis 2017.
Clémence Beretta, Sokhna Lacoste et Célia Perron, des contre-exemples dans le monde du sport individuel
Cela ne vous a pas échappé, si vous avez lu nos dernières interviews d’athlètes. Vivre de l’athlétisme en France, en 2023, s’apparente presque à un sport de combat. C’est du moins un travail à plein temps pour la recherche de sponsors. Et l’athlète est souvent livré à lui-même dans cette arène, au moment de convaincre des entreprises d’adhérer financièrement à son projet. Et il est vrai, quand un jeune commence à faire des performances, la tentation de démarcher des grandes entreprises, des équipementiers célèbres, est grande. Pourtant, l’argent – n’ayons pas peur de ce mot – est parfois ailleurs.

Bon nombre d’athlètes qui ne vivent pas de leur sport
L’argent, mais aussi l’aventure humaine. L’histoire que nous voulons vous raconter, c’est celle de trois athlètes qui ont misé sur les partenaires locaux, et plus globalement sur une vraie empreinte locale, pour réussir. Trois athlètes qui ont pour point commun d’avoir porté le maillot de l’équipe de France au niveau international, dans un grand championnat. Mais aussi de ne pas être dans le Top 8 mondial de leur discipline. Désormais, on le sait, porter le maillot de l’équipe de France ne garantit pas de pouvoir vivre de son sport. Et l’exemple de Sokhna Lacoste, recordwoman de France Espoirs du 400 m en salle, de Clémence Beretta, recordwoman de France du 10 000 m et du 20 km marche et de Célia Perron, 8e des championnats d’Europe en salle du pentathlon – à ne pas confondre avec le pentathlon moderne – est un exemple intéressant.
Car beaucoup d’athlètes dans leur cas ne vivent pas de leur sport. Les trois femmes, elles, ont su tisser un lien de confiance avec des partenaires locaux. Un lien de confiance qui s’étend bien au-delà de l’aspect financier. Ce sont des rencontres entre des athlètes et les entreprises qui les soutiennent. Des visages qui sont mis sur la performance, mais aussi une vraie plus-value pour toute l’entreprise. Qui va bien au-delà d’une inscription sur un maillot ou un short de compétition. Ou une publication sur les réseaux sociaux.
L’histoire avant la performance
À la rencontre de ces trois athlètes, mais aussi de Jean-Bruno Delrue, le PDG de MESEA, qui s’occupe de la maintenance de la LGV entre Bordeaux et Tours et qui accompagne Sokhna Lacoste depuis 2017, on s’aperçoit que ce n’est pas la performance qui est la plus importante, dans la création du lien entre un athlète et son partenaire, mais bien son histoire de l’athlète. Quand on dit histoire, on parle évidemment du parcours, mais aussi des qualités humaines. « Je n’ai pas peur de le dire, l’histoire de Sokhna passe avant sa performance », confirme Jean-Bruno Delrue.
« Je me suis aperçue que les partenaires, ils s’en fichent presque de la performance. C’est vraiment l’humain et la personnalité qui comptent. Ils cherchent une identité », confirme Clémence Beretta. Il faut dire que dans le cas des deux athlètes, l’histoire est très riche. Sokhna Lacoste est née au Sénégal, a vécu en Espagne, avant de retourner dans son pays puis d’arriver en France à 14 ans. Elle a connu la grande précarité et, en plus d’être une des meilleures françaises sur 400 m, a obtenu son bac, deux ans après son arrivée en France, avec mention très bien.

Mobilisation de Millau pour Jöna Aigouy cet été
L’histoire de la marcheuse de 25 ans est différente. Elle a connu un burn-out à l’âge de 19 ans, qui a empoisonné sa carrière pendant près de deux ans, avant qu’elle ne puisse mettre des mots sur le mal qui la rongeait durant cette très mauvaise période. Le parcours de Célia Perron est un peu plus classique, mais la Tarnaise, spécialiste des épreuves combinées, a réussi un cursus d’ingénieure tout en menant de front sa carrière de sportive de haut niveau : « Tout est parti des championnats d’Europe juniors, quand j’avais 18 ans. Une amie de ma mère connaissait le patron d’une entreprise. On a été mis en contact et cette entreprise a voulu m’aider ». Et elle insiste sur le fait que les entreprises doivent aussi mettre en avant ce lien : « C’est l’enjeu des prochaines années, c’est aux entreprises qui font du mécénat de mettre en avant la dimension humaine ».
Et si on se replonge un peu plus tôt, au cœur de l’été, c’est aussi son histoire qui a permis la mobilisation autour de la lanceuse de javelot Jöna Aigouy. Celle qui venait d’être sacrée championne de France, nous avait confié devoir vendre ses meubles pour financer son année olympique. Avec l’effet boule de neige, mais aussi une mobilisation locale autour de Millau, d’où elle est originaire, plus de 30 000 € ont pu être collectés dans sa cagnotte et elle a pu nouer des contacts avec de nouveaux partenaires.

Une histoire de belles rencontres
C’est parfois du hasard et de belles rencontres que peuvent naître des partenariats. Ce fut le cas de Sokhna Lacoste, dont la rencontre avec MESEA s’est faite, alors qu’elle venait d’être élue espoir charentais de l’année, par le journal de la Charente Libre. « LISEA, qui est notre client avait parrainé la cérémonie des charentais de l’année. Je me suis trouvé sur scène pour remettre le trophée à Sokhna. Je m’étais intéressé à son parcours. J’y ai été sensible, car c’est un parcours d’excellence et de performance », explique Jean-Bruno Delrue.
Bastien Lacoste, mari entraîneur et agent de Sokhna en garde énormément de gratitude : « Ce partenariat s’est mis en place a une époque où Sokhna venait juste d’être championne de France cadette du 400 m. Elle avait 16 ans, n’était pas française. On était au tout début de l’histoire. Je me rappelle quand elle avait été championne de France Élite en 2020, il y avait eu une pub dans le journal Charente Libre, de la part de MESEA, en disant que Sokhna y avait cru depuis le début et qu’eux aussi ».
Pour Clémence Beretta, tout est parti d’une remise en question : « J’ai dû me rendre à l’évidence, quand tu es marcheuse et que tu n’es pas médaillée dans un grand championnat, c’est compliqué de se faire voir par les grandes entreprises. Qui vont se tourner vers des gens connus et médaillés ». C’est quelque chose que tient néanmoins à nuancer Jean-Bruno Delrue qui voit une autre explication à ce relatif manque d’intérêt des grandes entreprises, pour ce profil de sportifs : « Quand on s’adresse à un grand groupe, on se heurte à des systèmes de communication très centralisés. On peut comprendre que ces groupes ne peuvent pas trop se diversifier, voire papillonner entre différentes actions de sponsoring, que ce soit sport, associatif, artistique. Ils fonctionnent avec la mise en place de fonds et fondation ».
Clémence Beretta : « On a fait une rencontre avec des potentiels mécènes locaux, beaucoup sont devenus mes actuels partenaires »
Mais, il est quand même possible, selon le PDG de MESEA, filiale de Vinci, de s’en sortir. Il nous l’explique : « Dans ces grands groupes, il y a des filiales, des entités à taille humaine. Qui sont implantées sur le plan local. Plus sensibles et plus accessibles pour ces recherches de sponsoring ». Clémence Beretta a pu compter sur le soutien de la Ligue Grand Est d’Athlétisme : « On a fait une conférence dans une salle des fêtes. La région et les mairies ont invité leurs chefs d’entreprises et cela a permis que les gens se déplacent. On a fait venir la presse. Cela a été le point de départ de tout. Car à cette époque, je n’avais que la Caisse d’Épargne qui me soutenait. De cette rencontre, j’ai tous mes partenaires actuels », confie la 6e des championnats d’Europe 2022.
L’importance des institutions publiques, Célia Perron la confirme aussi : « Je viens d’un département dans lequel il y a des sportifs de haut niveau, mais on est mis en lumière par le département. Mon club parlait de moi. J’ai toujours retenu les petites phrases du style : « Si tu as besoin d’aide, contactes-moi ». Pour saisir les opportunités ».
Patriotisme local pour le sportif qui en est son ambassadeur
Si, dans beaucoup de cas, provenir d’un département rural est souvent un désavantage, pour tisser du lien, cela peut être au contraire un gros plus pour un sportif. Car il y règne un certain patriotisme local, une fierté de voir sa ville, son département briller au travers des performances du sportif qui le représente. Clémence Beretta représente les Vosges, un département peuplé de 361 000 habitants (65e département français). « Tu es l’ambassadrice du coin, les gens te connaissent et le lien est plus fort ».
Fatalement, qui dit plus petit territoire, dit moins de chances d’y trouver un sportif de haut niveau. Mine de rien, c’est aussi moins de concurrence. « On a beaucoup de sportifs de haut niveau l’hiver. Mais l’été, je suis quasiment la seule. Aux JO de Paris il n’y aura peut-être que moi », poursuit Clémence Beretta. Pour les Charentais MESEA, l’équation est exactement la même. « On est en Charente, à la campagne. On est dans un milieu dans lequel les gens se connaissent. Régulièrement, on me demande des nouvelles de Sokhna », confirme Jean-Bruno Delrue. La Charente, 350 000 habitants (67e département). Le Tarn, représenté par Célia Perron, c’est 388 000 habitants (60e département).
Clémence Beretta : « Depuis que je suis retournée dans les Vosges, il n’y a pas un seul entraînement où je ne suis pas encouragée »
Et malheureusement, il est vrai que pour un sportif qui est dans une grosse métropole, les choses se compliquent. La concurrence est plus rude. Rien que dans l’agglomération bordelaise, à 110 kilomètres du lieu de résidence de Sokhna Lacoste, deux clubs d’athlétisme sont dans le Top 16, en plus des Girondins de Bordeaux et de l’Union Bordeaux-Bègles, qui vampirisent partenaires et attention médiatique. Clémence Beretta, qui a vécu et qui s’est entraînée du côté de Nancy (agglomération de 287 000 habitants) à une anecdote à ce sujet : « Quand je m’entrainais sur la voie verte, personne ne m’encourageait. Depuis que je suis retournée dans les Vosges, il n’y a pas un seul entrainement qui se fait sans que je sois encouragée. Tout le monde me connait et me soutient ».
Célia Perron confirme : « Je pense que si j’avais été originaire de Toulouse, où je vis actuellement, cela aurait été plus compliqué. Tous mes partenaires sont du Tarn. J’ai eu des athlètes de Clermont, ils me disent que c’est très axé rugby ou qu’un seul athlète prend beaucoup de sponsors ». Mais là aussi, des solutions sont envisageables : « Ce que fait Pierre Fabre (une entreprise partenaire de la 8e des championnats d’Europe en salle 2021), c’est de ne pas sponsoriser qu’un athlète, mais de prioriser les teams. Cela permet de prendre des teams sur des sports individuels. En plus si l’un se blesse, un autre peut rebooster la team avec ses performances et créer une dynamique ».

Garder le lien, un métier à plein temps
En revanche, le lien local s’entretient, comme un potager. Il ne s’agit pas de publier un post sur les réseaux sociaux, avec la mention du partenaire, une fois par mois. Les athlètes qui sont amenés à prioriser le local doivent le savoir. Si ce mécénat est une vraie aventure humaine, confirmée par tous ceux qu’on a pu interroger, entretenir ce lien, c’est un vrai métier. « Dans une année, quand il y a une période de creux, je m’accorde un temps pour m’occuper des sponsors. C’est un vrai travail. C’est pour ça que pour le moment je n’en prends pas davantage. Car c’est presque une boucle infinie. C’est chronophage. Je préfère m’occuper de la relation que j’ai actuellement et me concentrer sur la performance », confirme Célia Perron, qui a un travail en plus d’être sportive de haut niveau.
Chose confirmée par Clémence Beretta : « Tu ne peux pas être qu’un simple athlète. Tu dois avoir une vraie communication. Il faut se voir comme une entreprise. Tu dois te vendre ». C’est donc une activité en plus des heures d’entraînement, de récupération. Mais qui peut être tellement profitable, bien au-delà de la signature d’un simple chèque et de la sécurité financière que celui-ci apporte.
Une situation qui peut profiter aux athlètes
Mais il ne faut pas le voir comme une activité chronophage. Car ces interventions dans les entreprises sont bénéfiques aussi pour l’athlète. Pour ceux qui ont connu Sokhna Lacoste jeune, ils se souviennent d’une jeune femme timide et qui avait du mal à prendre la parole en public. Cinq ans après, c’est une athlète capable d’animer une conférence en anglais devant des centaines de personnes. « Cela m’a permis d’apprendre sur moi (…) À force d’aller parler, cela m’a aidé et maintenant, je peux me permettre de parler devant 300 personnes sans soucis, avoir des relations avec eux et parler de mon sport. Quand j’aide et quand je vais voir les gens, à chaque fois, ils ont des questions », confirme la principale intéressée.
Dont les interventions et les conseils ont pu motiver certaines personnes de MESEA à se mettre au sport : « On mène des actions, comme la classe en entreprise, avec des élèves de 3e du collège de Saint-Amand de Boixe. Sokhna est venue leur faire cours de sport. Elle a préparé certains, parmi nous, qui voulaient faire les foulées d’Angoulême. Elle a fait travailler des équipes sur de l’échauffement avant le travail. Cette proximité est intéressante », se réjouit de son côté Jean-Bruno Delrue.
Célia Perron : « Cela me rattache au réel et me rebooste dans mes objectifs »
Du côté de Clémence Beretta, c’est la mise en avant de son histoire, de son vécu avec son burn-out, qu’elle cherche à « valoriser », pour éviter que des salariés, des managers, mais aussi des patrons tombent dans le piège dans lequel elle est tombée à 20 ans : « J’ai tourné mes interventions autour de la prise de parole autour de la santé mentale, de la gestion des émotions. Je témoigne autour de mon burn-out. C’est dans l’air du temps. J’ai construit des mini ateliers autour de cela. C’est aussi un fil rouge pour les entreprises. Qui ont quelqu’un qui peut intervenir auprès des équipes sur ce sujet. Pour eux, au-delà du mécénat, c’est presque un prestataire externe, qui apporte sa compétence ».
Des compétences, mais aussi un vrai sentiment d’utilité qui peut se retranscrire sur la piste. C’est Célia Perron qui en parle le mieux de ce boost mental : « Les conférences, c’est vraiment la plus grosse plus-value que j’ai pu ressentir. Les personnes t’apportent vraiment quelque chose. J’ai fait des prestations parfois sur la motivation, parfois sur mon parcours. Je peux faire une intervention avec le centre de formation du Castres Olympique, qui sera davantage axé sur les études. J’ai vraiment le sentiment d’apporter à la structure. On me remercie. Ce sont des moments de partage énormes, qui nous font sortir du quotidien. Qui nous rappellent que ce que l’on fait est temporaire et exceptionnel. Cela me rebooste pour réussir mes objectifs sportifs. Cela me rattache au réel ».
Et malgré tout, il ne faut pas oublier la sérénité financière qu’apportent ces partenariats
Si nous avons mis l’accent sur tout ce qu’il y a autour, sans évoquer l’aspect financier, ce dernier reste primordial. Les partenaires, qu’ils soient institutionnels ou privés, sont la majorité, voire la totalité, des revenus des athlètes.
Surtout dans le cadre de Sokhna Lacoste, Clémence Beretta et Célia Perron, qui ne sont pas dans les deux premiers cercles de performances de la FFA (au minimum finaliste mondiale ou olympique pour y entrer). Et qui ne peuvent pas prétendre à une rémunération conséquente (entre 5 000 et 8 000 € pour les athlètes de cercle 3, contre 20 à 30 000 euros pour le cercle 1 et entre 8 000 et 18 000 € pour le cercle 2).
Ce qui est paradoxal, car les finalistes mondiaux, souvent, gagnent déjà leur vie grâce au sport. C’est tant mieux pour eux et ils n’ont certainement pas volé ce gain. Mais on aide moins des jeunes athlètes, parfois aux portes de la finale (Clémence Beretta a terminé 16e des Mondiaux cette année, sur 20 km marche). Pour qui, ces quelques milliers d’euros supplémentaires peuvent constituer une vraie barrière vers la très haute performance.
Jean-Bruno Delrue : « Ce qu’on veut, c’est donner les moyens à Sokhna Lacoste d’arriver là où elle veut arriver »
Fort heureusement, dans le cas de ces trois athlètes, la solution est venue d’ailleurs. Ce frein, Jean-Bruno Delrue, pourtant de base pas un assidu du monde sportif, en a rapidement eu conscience : « Ce qu’on veut, c’est lui donner les moyens d’arriver là où elle veut arriver. On sait que c’est un monde ultra-compétitif, qu’on ne lutte pas forcément à armes égales avec d’autres nations ». Entreprise à succès, MESEA ne cherche pas à développer son influence en Charente, via Sokhna Lacoste. C’est surtout un partage : « On estime qu’on doit partager notre réussite, car on a la chance d’être une société qui réussit. C’est aussi l’esprit du groupe Vinci qui dit que les vraies réussites sont celles que l’on partage. Et notre fierté, c’est quand elle porte le maillot de l’équipe de France. Même si elle n’a pas nos couleurs à ce moment-là », confirme Jean-Bruno Delrue.
Et sans ces partenaires, la question de l’arrêt de carrière se serait posé pour Célia Perron, pourtant seulement âgée de 26 ans : « Il faut encourager les athlètes à se tourner vers le local. Mais aussi encourager les locaux à se tourner vers leurs athlètes. On parle de projet olympique, mais au début cela me faisait peur les athlètes au RSA et qui comptent leurs sous pour faire leurs courses. Je sais que je ne peux pas performer comme cela. J’ai besoin de sécurité et et sérénité au moment de payer mes charges”.
Clémence Beretta : « Je mets sur LinkedIn que je suis athlète professionnelle et conférencière »
« Je vis bien de mon sport et je ne peux pas me plaindre. Ces partenaires me permettent de vivre. J’ai le sentiment que quand je compare à d’autres, je suis une marcheuse non médaillée et je suis bien lotie », confie Clémence Beretta, qui insiste sur le fait que sa situation actuelle est due à son travail et sa prise d’initiative : “C’est du réseautage. Et je me suis pris un paquet de vents. Avant 2022, j’étais dans la galère, je travaillais à côté de mon sport. J’ai accepté les mains tendues et j’ai énormément travaillé. Je suis tout le temps en conférence. C’est devenu mon métier. Je mets sur LinkedIn que je suis athlète professionnelle et conférencière. ». Mais ce n’est peut-être pas un hasard, si elle a battu, deux fois en huit mois, le record de France du 20 km marche.
Ouvrir la voie à d’autres athlètes
Aujourd’hui, on ne peut qu’espérer que ces trois exemples servent pour des athlètes, jeunes ou moins jeunes, qui ont pour ambition de réussir leur carrière. On ne leur demande pas à toutes et tous d’être champions olympiques. Mais de repousser leurs limites du mieux qu’ils peuvent. Et pour cela, qu’on le veuille ou non, et malgré certaines déclarations un peu hasardeuses de certains dirigeants de la haute performance, cela passe aussi par la stabilité financière.
« Il n’y a pas de trou de génération. On a toujours fait des médailles chez les jeunes. Le potentiel, on l’a. Mais le manque de soutien, les études, font que ce potentiel n’est pas exploité. Les études, c’est magnifique mais c’est aussi un fléau, car elles ne sont pas adaptées. On sacrifie tellement de temps et d’énergie, que tu ne peux pas arriver au meilleur de ta forme dans une grande compétition. On parle de médailles aux JO, mais il faut déjà se qualifier. C’est l’histoire d’une vie, la plus grosse compétition au monde et tu ne peux pas y aller à moitié », martèle Célia Perron.
« Avec un partenariat où l’humain est fort, avec une saison comme l’a vécue Sokhna cette année, avec des soucis de santé, tu es quand même plus serein qu’avec un partenaire où si tu ne fais pas telle performance, c’est fini. Chose qui peut exister avec des grandes marques », rappelle Bastien Lacoste. La soirée de remerciements, organisée par Clémence Beretta, pour ses partenaires, à la mi-octobre, a également donné du sens à ce pourquoi elle a misé sur le local. Dans les années futures, ce modèle pourra peut-être s’étendre.


