Nous suivre

Lumière sur

Aurélie Bresson – Les Sportives : « On est sur du 100% sport conjugué au féminin »

Idriss Ahamada

Publié

le

Aurélie Bresson - Les Sportives
Visuel Dicodusport - Photo FFHandball

Nouveauté chez Dicoduport, une rubrique qui part à la découverte de médias sportifs indépendants, souvent spécialisés, et tous avec leur propre identité. Aujourd’hui, nous avons rencontré Aurélie Bresson, fondatrice du média Les Sportives.

Présentez-vous et votre média en quelques mots.

Je suis Aurélie Bresson, j’ai créé le média Les Sportives il y a un peu plus de 5 ans. À la base, c’était un magazine papier trimestriel, distribué en kiosque. Mais aujourd’hui, c’est bien plus qu’un magazine. C’est aussi une plateforme média et une communauté, en faveur du sport au féminin.

À côté, je suis aussi présidente de la fondation Alice Milliat, fondation européenne en faveur du sport au féminin. Et accessoirement, je suis aussi directrice conseil d’une agence de communication.

Quel est le rôle de la fondation Alice Milliat ?

Cette fondation intervient exclusivement sur le sport au féminin. Elle est la première dans le genre en Europe. Notre rôle est d’accompagner, structurer, financer et valoriser des projets en faveur du sport au féminin.

Quel est votre audience aujourd’hui sur le site ? Et en termes de vente de magazine ?

Le magazine est tiré a environ 10 000 exemplaires de moyenne. Pour les abonnements, nous avons environ 2 à 3000 abonnés. Pour le site, on a une portée d’environ 150 000 pages vues par mois, dont 22 000 visiteurs uniques.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce média ?

Le média est né d’un constat. En observant les sportives et mes amies autour de moi quand j’étais étudiante sur les bancs de l’IUT Besançon en 2007-2008. Je faisais mes études avec des sportives de haut niveau à l’ESBF Handball, qui avaient un emploi du temps aménagé et la possibilité de passer leur diplôme en 3 ans au lieu de 2. Elles faisaient des cours avec nous, d’autres sans nous. Elles n’étaient pas forcément là avec nous aux soirées étudiantes ou au restaurant. Leur emploi du temps était chargé entre les cours, les entrainements et les matchs.

J’ai beaucoup admiré leur volonté, leur choix, et les sacrifices qu’elles faisaient. C’est parti de là, en constatant qu’elles consacraient beaucoup de temps à leur sport.


L’arrivée d’Allison Pineau à Metz a été un déclic.


Puis je me suis de plus en plus intéressée au sport au féminin. Mais ça a vraiment été prégnant en 2009. J’étais en stage à Metz Handball, club de l’élite du handball féminin français. Cette année-là, Metz avait recruté Allison Pineau, qui venait d’être élue meilleure joueuse du monde. Et je n’ai vu aucun média en parler ! Elle n’avait droit qu’à une petite brève alors que pour moi, elle aurait mérité la une de L’Équipe. Je trouvais ça injuste, que cette sportive de renom, reconnue mondialement, qui intègre un club de l’élite française, n’obtienne que trois lignes sur elle. Ça m’a interpellé.

Et je me revois encore sur une table, dissocier les médias féminins d’un côté et les médias sportifs de l’autre et me dire « Mais dans les médias, où est-ce que les sportives ont-elles leur place ? Pourquoi est-ce genré et normé ? Et pourquoi il est très peu question des femmes dans les médias sportifs ? » Bon, pour les quotidiens, ça été rapide, il y en avait qu’un. Et les autres médias sportifs sont avant tout ciblés sur un seul sport. Il était question des femmes à l’intérieur, mais pas forcément à part égale.

L’arrivée d’Allison Pineau a été un déclic. Au fur et à mesure, j’ai commencé à participer à des colloques, des conférences. Puis au fur et à mesure de mes expériences professionnelles sur le Tour de France cycliste, en agence de presse et à l’UNSS, mon constat et mon idée de créer Les Sportives ont été confortés. Et de briques en briques, j’ai bâti le média. En m’entourant d’une petite équipe d’amis, de connaissances, de bénévoles et d’experts.



J’ai aussi pris conscience il y a peu que la création de ce média était aussi liée à mon vécu personnel. J’ai fait de la gymnastique pendant une dizaine d’années. J’en ai fait à un bon niveau. Mais mon père a souhaité que j’arrête la gym, et il m’a inscrit à des concours de beauté. Pour lui, j’étais trop masculine. J’étais tout le temps en jogging et les cheveux attachés, et je ne rentrais pas dans les carcans de féminité de l’époque. Je me suis rendue compte qu’on ne m’a pas laissé m’affirmer. Mon père pensait bien faire, je ne lui reproche rien. À l’époque, j’ai toujours pensé que c’était pour mon bien. On ne m’a pas laissé être ce que je voulais être, c’est à dire être en jogging, et consacrer mon temps à la gymnastique.

Le sport m’a toujours accompagné dans mon développement personnel et mon épanouissement. Le fait de découvrir toutes les facettes du sport, que ce soit le sport de compétition quand je faisais de la gym, ou le sport pour rentrer dans son bikini et garder sa silhouette quand j’ai fait du mannequinat. Puis après, quand j’ai tout arrêté et que j’ai retrouvé la pratique libre, pour le plaisir de s’amuser et comme un jeu, ma pratique sportive est devenue un engagement. Et c’est comme ça que je suis allée courir au Japon, où j’ai participé à un relais pour la paix en 2015. Ça a conforté mon côté de militante pour le sport. Pour un sport plus égalitaire, et plus juste.

Les Sportives, c’est un site web et aussi un magazine papier qui parait en trimestriel. N’avez-vous pas eu peur de lancer un magazine avec les difficultés que connait la presse papier ?

J’ai eu une crainte, parce qu’on m’a dit que ça allait être difficile. Mais à aucun moment je me suis dit « Je n’y vais pas ». À aucun moment, j’ai fait machine arrière en me disant c’est du papier, on ne va pas y aller. Ce sont plus les barrières et les freins des autres sur le papier qui m’ont interpellés. Mais ça ne m’a pas arrêté.

Miser sur le papier pour moi, c’était justement surprendre. Dire que le papier à l’ère du numérique, c’est encore possible et encore important. Et surtout, le but était de faire du beau magazine, pas du magazine qu’on jette. Et ce que l’on veut sur le sport au féminin, c’est que les mentalités changent sur la durée. Donc je me suis dit autant créer un beau magazine qu’on aurait envie de garder. Et qu’on a envie d’ouvrir, même quelques années après. Aujourd’hui, vous ouvrez le magazine numéro 2, 3 ou le dixième… Bon, c’est sûr qu’en termes de graphisme et de qualité éditoriale, il y a eu de l’amélioration (rires). Mais c’est surtout que les reportages et les histoires sont un peu intemporelles. C’est aussi la force de ce média. Les récits, les portraits, les histoires, et tous les acteurs du sport au féminin à l’intérieur du média restent sur la durée.

Le média a noué des partenariats, notamment avec la Ligue de handball, et la FDJ Factory. Comment ces partenariats se sont-ils noués, et est-ce qu’ils vous ont facilité la mise en relation avec certaines athlètes ?

C’est une chance incroyable d’avoir encore ces partenaires aujourd’hui, qui nous ont suivis dès la genèse du média. J’ai eu beaucoup de sceptiques à la sortie du premier numéro du magazine. Mais dès qu’il est sorti, les partenaires ont conforté qu’ils allaient travailler avec le média et ils confirment leur engagement encore aujourd’hui.

C’est sûr qu’avoir un partenaire historique comme la FDJ Sport, qui a créé la FDJ Factory, c’est top ! Ils ont plusieurs actions en faveur des projets fédéraux liés au sport au féminin, qu’ils ont appelé Performance pour elles. Et aussi pour tous leurs dispositifs en faveur du sport au féminin depuis plusieurs années. C’est sûr, ça nous permet d’avoir des relations privilégiées avec certaines athlètes auxquelles on ne pensait pas forcément à la base.

Mais c’est la difficulté d’avoir un média multisports. C’est de parler de tous les sports et de toutes les athlètes. Et c’est vrai que de temps en temps, quand un partenaire nous dit « Il y a telle athlète qui a telle actu », ce sont des infos qu’on prend. Et surtout quand ce sont des partenaires. Pour nous, ils font partie intégrante de nos équipes. Et quand on nous propose des profils, ça nous fait de la matière et on est très heureux de mettre en lumière ces athlètes-là. Surtout quand on voit des structures comme la FDJ qui soutiennent sur la durée des athlètes, avec des programmes adaptés. Pour nous, c’est une force.

Tout comme la Ligue Féminine de Handball et la Fédération Française de Handball, avec qui on a un partenariat depuis quelques années. On travaille plus facilement sur le terrain avec ces partenaires. Ça nous permet d’être encore plus proches des athlètes. Même si on n’a jamais eu de réelles difficultés pour mener des interviews. Parce qu’on reste sur un média authentique et pas sur un média polémique. Et c’est sûr que quand on a des partenaires comme ça, on a encore plus envie de parler du handball !



Vous gérez un média qui traite de sport et de problématiques avant tout féminines. Est-ce que votre audience est plutôt féminine ou équilibrée ?

Je ne dirais pas qu’on traite des sujets davantage orientés sur des problématiques féminines. Ce sont des problématiques de société. On n’est pas sur quelque chose de genré, et pas du tout sur des problématiques féminines. On est sur des problèmes de société, d’égalité et de parité. Nous ne sommes pas sur du 100% féminin. On est sur du 100% sport conjugué au féminin. C’est-à-dire qu’on ne met pas du tout de côté les acteurs et actrices. Donc les hommes et les femmes. C’est pour ça que près de la moitié de nos lecteurs, je dirais 40%, sont des hommes.

Les hommes restent majoritaires en France dans la consommation d’articles de sport et restent les premiers spectateurs de spectacles sportifs et de lectures sportives. Comme on parle avant tout de sport, l’homme a toute sa place. Et comme les hommes restent aussi majoritaires dans les postes d’entraîneurs ou dirigeants sportifs, il faut les intégrer aussi. Car si le sport au féminin existe, c’est aussi grâce à certains acteurs masculins. Qu’ils soient entraîneurs, arbitres, décideurs ou partenaires, ils ont misé sur le sport au féminin. Donc on n’est pas un magazine féminin. On est un magazine de sport, conjugué au féminin.

Est-ce que le regard des hommes sur le sport au féminin évolue dans le bon sens selon vous ?

Je trouve globalement que oui. Le regard des hommes, comme celui des femmes sur le sport féminin, change. C’était lié à l’histoire. Quand on remonte à Pierre de Coubertin qui disait que les femmes étaient inaptes à la pratique du sport et qu’elles ne devaient que couronner les hommes sur les compétitions, ça partait de là. Donc je pense que oui, les mentalités ont grandement évolué.

Je prends un exemple qui me vient en tête, c’est la Coupe du monde 2019 qui s’est jouée en France. Maintenant, que ce soit des hommes ou des femmes, ça n’interpelle plus personne une fille qui joue au foot. Je n’ai pas de données chiffrées dessus, mais j’ai quand même l’impression qu’il y a de moins en moins de parents réticents à ce que leur fille participe à de la boxe. Les mentalités ont considérablement évolué.

Bien sûr, il y a toujours des disciplines très genrées. Il y a majoritairement des femmes dans certaines disciplines et ça prendra du temps pour que la balance s’équilibre. Par exemple, la gymnastique, ce sont majoritairement des filles. Mais ça n’empêche pas que les hommes n’ont pas de mal à faire leur place au cœur de la gym. Ou qu’ils peuvent aussi faire de la danse ! Il y a également de plus en plus d’hommes qui font du yoga. Donc pour répondre à votre question, le regard des hommes sur les femmes change, même au cœur de la société. Mais aussi dans la pratique sportive car ils s’accaparent les sports dit « féminins ».

Les Sportives a récemment fêté ses 5 ans. Quel bilan faites-vous de cette aventure ?

Déjà 5 ans ! Ce n’était pas du tout dans mon business plan qui était à 3 ans. Quand je fais le bilan, il y a plusieurs étapes. Il y a à la fois le fait qu’à la base, je m’étais projetée sur 3 ans. Qui aurait dit qu’on serait encore là 5 ans après ? Il y a aussi le fait qu’on ne se rend pas compte, mais au bout de 5 ans, il y a pas mal de paperasse à renouveler (rires). Comme la commission paritaire des agences et de publications de la presse. Ça paraît simple et anodin, mais il ne faut pas laisser passer tout ça.

Il y a aussi un mélange de fierté et d’inquiétude. Même si on a passé cette année 2020 qui a été compliquée en raison de la suspension des compétitions, du COVID et des confinements… J’ai eu très peur en mars-avril 2020. Je me suis dit qu’on va tout perdre et que Les Sportives va s’écrouler. Parce que nos partenaires vont réduire leur budget et peut-être nous lâcher. On a aussi dû changer notre fusil d’épaule. On était partenaires de certains événements, qui ont été annulés. Du coup, nous aussi, on a annulé ! Nous préparions aussi un numéro spécial qui faisait la part belle aux JO, mais ils ont été décalés. Ça nous a permis de nous réorienter, aussi bien éditorialement que stratégiquement.


Ça montre que nos abonnés ont plus qu’un simple abonnement. C’est même un acte de militantisme que de suivre Les Sportives.


En 2019, nous avions changé de stratégie. On avait lancé notre développement digital en renforçant notre visibilité sur le web, avec une nouvelle plateforme digitale, et un site avec beaucoup plus d’actus et d’articles en ligne. C’est quelque chose qu’on faisait très peu avant, car au début, le site n’était qu’une vitrine de notre magazine print. Aujourd’hui je suis plutôt satisfaite, de me dire que les choses se sont structurées et ont évolué depuis. On avait prévu pas mal de choses en 2020 et on a dû se structurer différemment. Mais ça ne nous a pas empêchés d’organiser des webinaires et de continuer à médiatiser toujours autant les sportives, quel que soit leur niveau. Tout ça pour être au cœur des problématiques et rester un média d’influence.

Et ça s’est confirmé, car en 2020, on a perdu que 10% de notre chiffre d’affaires. Ça montre que nos abonnés ont plus qu’un simple abonnement. C’est même un acte de militantisme que de suivre Les Sportives. On avait fait une campagne de crowdfunding, car on avait peur pour notre survie. Cette campagne de financement participatif s’est bouclée en 3 jours car on avait récolté l’argent qu’on souhaitait.

Comme quoi, notre communauté était derrière nous. Et ça nous conforte sur le fait que le travail est mené et qu’on a une équipe solide. Et là, le fait d’avoir nommé fin 2020 une rédactrice en chef pour le print, à ce moment-là, on m’avait proposé la présidence de la fondation Alice Milliat. Et je me suis dit woh ! Cinq ans d’existence du média, que tu as fondé seule, avec tes fonds propres. C’est un choix de vie professionnel, qui s’est fait au détriment du personnel, on ne va pas se leurrer. Mais c’est vrai que quand je fais le bilan à 5 ans, je me dis d’un côté c’est allé très vite. Puisque quand on m’a proposé la présidence de la fondation Alice Milliat en 2020, jamais je ne m’y attendais. Jamais je n’aurais pu penser être à la présidence d’une fondation si jeune, car je n’ai que 32 ans.

Et qu’en plus, les personnes derrière la fondation, qui œuvrent et sont des militant(e)s du sport féminin depuis des années, sont des personnes que j’admire depuis une décennie. Donc le bilan que je peux faire aussi, c’est « On l’a fait, et on continue à le faire ! ». J’espère et je le dis souvent à mes équipes : j’ai grandi avec le média, le média a grandi, et j’ai envie que chaque personne qui travaille et contribue sur Les Sportives puisse grandir aussi.


Tant qu’il y aura des femmes sportives dans toutes les disciplines et qu’elles seront libres de pratiquer le sport qu’elles veulent, il y aura toujours le média Les Sportives pour les rassembler.


J’ai toujours pensé que les sujets sur le sport féminin allaient s’intégrer pleinement dans les médias existant, et que Les Sportives pourra s’effacer. Mais en fait non, il y a tellement d’histoires, de rencontres, de compétitions. Il y aura toujours des femmes sportives. Donc il y aura toujours le média Les Sportives. Tant qu’il y aura des femmes sportives dans toutes les disciplines et qu’elles seront libres de pratiquer le sport qu’elles veulent, il y aura toujours le média Les Sportives pour les rassembler.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Cette question est compliquée. Je ne sais pas du tout. Pour le média Les Sportives, je dirais qu’il sera toujours présent. On passera peut-être en mensuel, si la conjoncture le permet. J’espère même que Les Sportives devienne une marque à part entière. Donc c’est ce que je peux souhaiter pour dans 10 ans. Qu’on soit une grosse structure à part entière, avec toute une équipe de salariés et qu’on puisse être de partout, sur tous les fronts. Ça serait top ! Et c’est ce que je souhaite pour les 10 ans du média.

À titre personnel, je n’ai pas la réponse. Je vis tellement dans l’instant. On dit de moi que je suis une opportuniste, et même une arriviste. Mais je le prends plutôt positivement. Ça veut dire que j’arrive au bon moment et que je prends les opportunités comme elles viennent. Je saisis l’instant. Jamais je n’aurais pensé prendre la présidence de la fondation Alice Milliat. Et jamais je n’aurais pensé être déjà à 32 ans, directrice conseil d’une agence de communication. En fait, je n’arrive pas du tout à me projeter dans 10 ans.

Le mot de la fin ?

Abonnez-vous, suivez Les Sportives. C’est bien de suivre les réseaux sociaux. Mais c’est bien aussi de passer à l’action !


Passionné de sport depuis toujours, c’est tout naturellement qu’après avoir compris que je n’avais pas le niveau pour jouer à Manchester United, et pas la force nécessaire pour combattre à l’UFC que je me suis tourné vers le journalisme pour raconter les exploits et les histoires de ceux qui en sont capables. Le football, surtout quand il est joué en Angleterre, reste mon premier amour. Mais j’aime aussi veiller la nuit pour vous parler de KO et de victoires unanimes à l’UFC ou sur les rings de boxe. Mon côté fan de Wayne Rooney m’a également poussé à devenir polyvalent et à parler aussi de rugby (à XIII comme à XV) et occasionnellement de cyclisme. C’est donc logiquement que j’ai rejoint Dicodusport, pour pouvoir parler de l’actualité, sur tous les terrains.

Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Fil Info

Actus à la une

Nous suivre sur Facebook

Sondage

Peter Sagan, une bonne pioche pour la Deceuninck-Quick Step ?