F1 : Comment Max Verstappen est allé chercher son quatrième titre mondial ?
F1 2024 – Le suspense pour le titre de champion du monde des pilotes est désormais clos. À 27 ans, Max Verstappen s’est assuré, à Las Vegas, une quatrième couronne mondiale de rang. Son hégémonie sur le monde de la F1 se poursuit, mais comme il a aimé le rappeler à Zak Brown hier, le pilote néerlandais n’est pas allé chercher ce succès avec la monoplace la plus rapide du plateau.
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Un début de saison sur la lancée des précédentes
Souvenez-vous. Il y a neuf mois encore, lorsque le monde de la Formule 1 se réunissait pour la première fois de l’année aux essais de pré-saison, organisés sur le circuit de Sakhir à Bahreïn, on était loin de s’imaginer la saison que l’on allait vivre. À mille lieues de penser que Lando Norris pourrait tenir la dragée haute à Max Verstappen, et que sept pilotes différents remporteraient au moins deux Grand Prix cette saison.
Car l’aube de cette saison 2024 était similaire à la précédente. Intraitable, Max Verstappen bouclait 142 tours et collait une deuxième à tous ses rivaux dès la première journée des essais de pré-saison. La monoplace estampillée du n°1 avait la santé et un beau ciel bleu devant elle, contrairement au navire Red Bull dont son horizon s’assombrissait, obstrué par de lourds nuages gris.

En cause, le patron de l’écurie Christian Horner était accusé de « comportement sexuel transgressif » envers une employée. L’enquête interne devenait une affaire publique lorsqu’un mail anonyme était envoyé à tout le paddock, contenant des documents compromettants pour la réputation du patron de l’écurie.
À quelques jours du coup d’envoi de la 75e saison du nom, Red Bull vacillait mais ne s’effondrait guère. Entre deux piques de Jos Verstappen à destination de Christian Horner, son fils Max remportait la manche inaugurale après avoir signé la pole la veille. Le champion du monde sortant s’imposait à Bahreïn avec plus de vingt secondes d’avance sur son dauphin et coéquipier Sergio Pérez.
Les scénarios des Grands Prix suivants étaient identiques au premier. Mis à part un abandon en Australie à cause d’un problème de freins, le pilote néerlandais remportait quatre des cinq premières manches ainsi que la course sprint du week-end en Chine. Fin avril, Max Verstappen comptait déjà 35 points d’avance sur Sergio Pérez qui pointait à la seconde place du classement général.
Lando Norris entre en jeu mais manque de régularité
On s’imaginait vivre une troisième saison consécutive dépourvue de tout suspense, à décompter les jours restants avant l’édition 2025 et la venue tant attendue de Lewis Hamilton chez Ferrari. McLaren nous faisait mentir.
Pour la sixième manche de la saison, l’écurie dirigée par Zak Brown débarquait à Miami avec tout un panel d’améliorations et de nouvelles pièces sur leurs monoplaces. Le pari était audacieux mais s’avéra payant. L’avance que possédait la RB20 était réduite à néant. Lando Norris possédait désormais la meilleure voiture du plateau, Max Verstappen commençait à se plaindre de l’équilibre de sa monoplace. En piste, cela se traduisait par une première victoire en carrière pour le jeune pilote britannique, bien aidé par une safety cartombée à point nommée qui lui permit de s’arrêter aux stands tout en minimisant la perte de temps.
Le week-end suivant, en Émilie-Romagne, Max Verstappen dictait à nouveau sa loi en réalisant la pole position avant de décrocher son cinquième succès de la saison. Mais la fin de course laissait entrevoir une rivalité naissante entre le triple champion du monde et Lando Norris. Dans les derniers tours de course, la McLaren estampillée du n°4 était la plus rapide en piste et revenait en trombe sur la Red Bull de Max Verstappen. Lando Norris donnait des sueurs froides à ce dernier qui dut se défendre jusqu’au drapeau à damier pour conserver sa première place.
Au Canada et en Espagne, Max Verstappen glanait deux succès consécutifs grâce à des petits coups de pouce du destin. Sur le tracé de Montreal, le néerlandais bénéficiait à son tour d’une safety car sortie à point nommé pour prendre les commandes de la course, avant de profiter du départ raté de Lando Norris en Catalogne pour le dépasser et s’échapper dès le premier virage.
Puis les derniers tours de piste du Grand Prix d’Autriche livraient un formidable mano a mano entre les deux pilotes qui tournait, pour peu, à l’avantage du clan Red Bull. À huit boucles du drapeau à damier, une défense trop audacieuse de Max Verstappen était à l’origine d’une double crevaison. Les deux pilotes rentraient aux stands mais Lando Norris était contraint à l’abandon. Le Néerlandais repartait en cinquième position et terminait la course à cette même place, malgré une pénalité de dix secondes pour cet accrochage. Vainqueur de la course sprint disputée la veille, Max Verstappen quittait l’Autriche avec 81 points d’avance sur Lando Norris. Un écart qui grimpait à 84 points au terme du Grand Prix de Grande-Bretagne, Max Verstappen profitant d’un arrêt au stand raté de Lando Norris pour revenir dans ses échappements et lui ravir la seconde place.

McLaren confirme, Red Bull dans le flou
À accumuler les erreurs, on finit par en tirer des leçons. Après avoir perdu de nombreux points dans leurs errances stratégiques ou à cause d’erreurs de pilotage, McLaren confirmait enfin la supériorité de leurs monoplaces en signant un doublé au Grand Prix de Hongrie. Le premier de l’écurie britannique depuis 2021, pendant que Max Verstappen ne réussissait à obtenir mieux qu’une 5e place. Arrivé second, Lando Norris grappillait huit petits points sur Verstappen au classement général. Un gain insignifiant tant le néerlandais disposait d’une marge confortable, mais le début d’un basculement hiérarchique qui se confirmera au retour de la pause estivale.
Du Grand Prix des Pays-Bas à celui de Singapour, le duel Norris – Verstappen tournait constamment à l’avantage du Britannique. Durant quatre week-ends de suite, la monoplace estampillée du n°4 inscrivait plus de points que la n°1. À six Grands Prix de la fin, l’avance de 84 points dont disposait Max Verstappen en juillet était redescendue à 52 points. Sa Red Bull était en souffrance. Elle ne s’était plus imposée depuis le Grand Prix d’Espagne. De leur côté, les McLaren confirmaient leur nette supériorité en grimpant sur tous les podiums.
Avec beaucoup d’imagination, certes, on se projetait dès lors sur une fin de saison à suspense. On commençait à rêver des scénarios les plus improbables, dans lesquelles Lando Norris était capable de retarder le titre promis à Max Verstappen jusqu’à la dernière manche de la saison, pour nous faire vivre un frisson comparable au dernier tour de la saison 2021. En piste, la bataille nous rappelait ce duel épique qui opposait Max Verstappen à Lewis Hamilton. Le pilote néerlandais avait un nouveau rival et encore une fois, il était britannique.
Au jeu des pénalités, la manche à Austin tournait à l’avantage de Max Verstappen, malgré un dépassement de Lando Norris dans les derniers tours que les commissaires sanctionnèrent. La revanche était prise dès le week-end suivant. Les deux pilotes se livraient une nouvelle bataille et Max Verstappen était cette fois-ci jugé fautif. Il écopait de deux pénalités de dix secondes et concédait dix points au classement général. Lando Norris n’avait plus que 47 points de retard à quatre courses de la fin de saison. L’espoir était encore permis côté McLaren, mais il fallait faire vite et passer la seconde dès le week-end suivant au Brésil.

À Interlagos, le réveil d’un champion
La terre d’Ayrton Senna aurait pu totalement relancer le suspense et nous faire vivre une fin de saison haletante, comme toutes celles du pilote brésilien dans ce duel qui l’opposait à Alain Prost.
À São Paulo, Max Verstappen terminait 4e de la course sprint et concédait trois nouveaux points à Lando Norris qui s’imposait. Le lendemain, la séance de qualifications, exceptionnellement déplacée au dimanche matin en raison des intempéries, accouchait d’un scénario catastrophe pour le pilote néerlandais. Pris au piège par les nombreux drapeaux rouges déployés sur cette piste détrempée, Max Verstappen ne signait que le douzième meilleur temps pendant que son rival s’offrait la pole. Pire encore, un changement de moteur le pénalisait de cinq places et le fit reculer au 17e rang sur la grille de départ. À l’heure du départ, le pilote Red Bull pouvait virtuellement concéder 25 points à Lando Norris, et voir ce dernier revenir à seulement 19 unités au classement général.
Dos au mur, face à un Lando Norris se montrant aussi menaçant que les lourds nuages chargeant l’atmosphère, Max Verstappen ressuscitait. Sur une chaussée humide, le triple champion du monde dépassait cinq pilotes dès le premier tour et rentrait, déjà, dans les points un tour plus tard. De son côté, Lando Norris concédait la première place à George Russell.
Une pluie diluvienne s’invitait au 25e tour de course. Nico Hülkenberg était le premier à en faire les frais, partait à la faute et déclenchait une virtual safety car. Lando Norris en profitait pour passer par la voie des stands, tandis que Max Verstappen prenait le pari de rester en piste et passait devant le pilote britannique. Un choix audacieux mais payant. Sous le déluge, Franco Colapinto perdait le contrôle de sa monoplace, percutait violemment le mur et provoquait un drapeau rouge. La course était interrompue, le pari était gagné pour Max Verstappen qui pointait désormais en seconde position et pouvait librement changer de pneus.
Le sport reprenait ses droits, mais la course était une nouvelle fois interrompue par une safety car. Dès la relance au 43e tour, Max Verstappen prenait le meilleur sur Esteban Ocon pour prendre les commandes de la course, pendant que Lando Norris tirait tout droit et se retrouvait sixième. Les positions restèrent les mêmes jusqu’au drapeau à damier. Auteur d’une prestation impérial et d’une stratégie parfaite sous la pluie, le pilote néerlandais renversait un scénario qui aurait pu être dramatique au bilan comptable. À l’inverse, cette victoire de prestige lui permettait de prendre le champ au classement général. Max Verstappen jouissait désormais de 62 points d’avance sur Lando Norris au classement général.
Le travail, il le terminait dans la ville du jeu. En nocturne, sur le circuit de Las Vegas, il lui suffisait de ne pas concéder plus de deux points à Lando Norris pour devenir l’égal de Prost et Vettel. Verstappen et Norriss’élançant respectivement en cinquième et sixième position sur la grille de départ, les deux pilotes conservaient leur place à l’arrivée. Un scénario assurant une quatrième couronne mondiale au pilote néerlandais, plus dure à décrocher qu’on ne l’imaginait en début de saison.
Après deux saisons à dominer sans la moindre rivalité, Max Verstappen s’est fait bousculer. Mais le réveil trop tardif des McLaren n’a pu priver le champion néerlandais d’un quatrième titre. À défaut de nous offrir une fin de saison haletante, ce rééquilibrage des forces nous promet une année 2025 palpitante.
VICTOIRE DE RUSSELL ET DOUBLÉ MERCEDES À VEGAS 👏🎰
MAX VERSTAPPEN EST QUATRE FOIS CHAMPION DU MONDE 👑👑👑👑#LasVegasGP #F1 pic.twitter.com/4oYgTdyaXK
— CANAL+ F1® (@CanalplusF1) November 24, 2024


