Coupe du monde de rugby 2025 : Derrière la médiatisation des Bleues, le retard du rugby féminin en France
COUPE DU MONDE FEMMES DE RUGBY 2025 – Si les Bleues ont réussi à trouver leur public, le rugby féminin en France continue de patiner. Et ce, malgré une hausse du nombre de licenciées chez les femmes. Entre retards de médiatisation et de professionnalisation, la France a encore beaucoup de chemin à parcourir. En espérant que la coupe du monde 2025 change les mentalités.
L’équipe de France a trouvé son public
Des stades pleins, une chaude ambiance. Les derniers matchs à domicile des Bleues a permis de voir que cette équipe de France a réussi à fidéliser son public. Évidemment, ce n’est pas le Stade de France. Mais ce sont des enceintes de 15000 places. Cela fait une petite dizaine d’années que la France trouve son public dans les stades. En 2018, 18000 personnes suivaient le match des Bleues. Garnies depuis longtemps, oui. Mais une vraie ferveur que l’on avait encore que rarement vu.

D’un point de vue télévisuel, c’est une réussite. Près de 16.5 millions de téléspectateurs ont suivi au moins un instant du tournoi des Bleues. Soit, selon ce que rapporte la chaîne, un million de téléspectateurs en plus, par rapport à 2024. L’ultime rencontre entre l’Angleterre et la France, suivie par 2,1 millions de téléspectateurs en moyenne. Avec un pic à 2,9 millions à la fin du match, confirme l’installation des Bleues dans les foyers des Français. Même si on est loin des chiffres stratosphériques de la dernière étape du Tour de France femmes 2025.
Canal + a mis un pied dans la diffusion, mais le retard est grand par rapport à d’autres sports
Cela a été annoncé comme un évènement, surtout par Canal +. La saison passée, quelques matchs de l’Élite 1 ont été diffusés à la télévision. Un petit bond en avant qui a permis aux téléspectateurs de voir des joueuses que l’on ne voit qu’avec le maillot bleu habituellement. Et de découvrir d’autres joueuses moins médiatisées. Ceci dit, le dispositif est à relativiser grandement. Pour être diffusés, il faut que la rencontre précède ou suive un match de Top 14 entre les deux équipes des mêmes villes. Comme ce fut le cas, lors du premier match diffusé le 2 novembre 2024, entre l’ASM Romagnat et le Stade Bordelais. Qui a suivi la rencontre entre l’ASM Clermont Auvergne et l’Union Bordeaux Bègles.

Un schéma qui pose problème. Car des clubs comme Blagnac, Bobigny, le Stade Villeneuvois ou encore le Stade Rennais ne seront jamais diffusés, si l’on suit cette logique. Or, Blagnac est tout de même demi-finaliste d’Élite 1, après avoir terminé à la 2ème place de la saison régulière. Et où évoluent les internationales Clara Joyeux ou Axelle Berthoumieu (entre autres). Surtout, le retard avec d’autres sports. L’Arkema Première League, le championnat de France de D1 féminine de foot, voit tous ses matchs diffusés par Canal +. Avec l’affiche principale sur l’un des canaux principaux de la chaîne. L’affiche principale de la Ligue Butagaz Energie, la D1 de handball, est diffusée sur BeIN Sports. Tandis que la majorité (pas tous) des matchs sont disponibles sur Handball TV, la plateforme de la FFHB.
Le retard du professionnalisme en France
La France reste sur 16 défaites de rang contre l’Angleterre, la dernière en date, le 9 aout dernier, en match de préparation à Mont-de-Marsan. Une déculottée 40-6. Si la France fait partie des cinq meilleures nations mondiales, le constat, c’est qu’elle appartient à une sorte de deuxième division, par rapport aux Anglaises. La presque remontada du Tournoi des 6 Nations, apparait plus comme une anomalie que la défaite de ce début du mois d’août.

Passé de 2% à 10 % des licenciés de 2014 à 2021 (source FFR), pour 15 % en 2025, la part des femmes progresse dans le rugby. Mais la professionnalisation des meilleures a encore du mal à suivre. Le nouveau cycle, après la coupe du monde 2023, qui a vu la France prendre la 3ème place. Actuellement 32 joueuses sont sous contrat avec la FFR. Et en budget, c’est le gouffre. Nos confrères d’ICI (ex France-Bleu) avaient été à la rencontre du club de Lons Section Paloise, ancien pensionnaire d’Élite 1 (jusqu’en 2023). Avec un budget 100 fois moins important que celui de la Section Paloise, qui évolue en Top 14. Les Paloises devaient composer avec le budget de 280.000 €. À titre de comparaison, le plus faible budget de la Ligue Butagaz Energie, au début de la saison 2024-2025, tourne autour du million d’euros (Sambre-Avesnois, 1,07 million).
Le championnat anglais en modèle
On est loin de championnat d’Angleterre, 100 % professionnel. Et ce depuis 2018. 2018, la date du dernier succès des Bleues contre les Anglaises, lors de l’ultime grand chelem français. Professionnel et structuré dans un environnement, ce qui a permis aux Anglaises de progresser et creuser un vrai fossé sur les Françaises. Et si l’Angleterre n’a pas encore gagné la coupe du monde – on se demande encore comment elle a pu perdre en 2023 – on sent que ce n’est qu’une question de temps.
En comparaison, l’Allemagne en foot, a fait le choix de longtemps rester semi-professionnel. Le championnat allemand, autrefois le plus solide d’Europe, a subi un inéluctable déclassement, par rapport au championnat anglais, en pleine explosion et devenu très puissant. Et même vis-à-vis de la Liga. Même s’il faut relativiser, avec les récents problèmes que connait le FC Barcelone et qui nous renvoie – encore une fois – toute la fragilité du football féminin, y compris en Espagne. Et l’équipe nationale, même si elle a éliminé la France en quarts de finale de l’Euro, n’a plus la même puissance qu’au début des années 2010. Il n’y a pas de hasard.




Perrier
23 août 2025 à 11h39
mesdames. nous comptons sur vous faites nous encore rêver. vive le rugby féminin allez.