Cyclisme : Christophe Laporte doit-il devenir un leader chez Jumbo-Visma ?
CYCLISME – Champion d’Europe, Christophe Laporte a battu Wout Van Aert, son coéquipier chez Jumbo-Visma. Comme ce fut le cas pour la médaille d’argent lors des mondiaux 2022. Coéquipier de luxe du Belge ou de Jonas Vingegaard tout au long de l’année, le Français a réalisé une année 2023 très solide. De quoi en faire un leader de la formation néerlandaise en 2023 ?
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Une année 2023 très solide
Bien qu’il n’ait pas couru tant que cela, avec seulement 43 jours de course après les championnats d’Europe, Christophe Laporte réalise une saison 2023 pleine et régulière. Aux Pays-Bas, il a remporté sa 5e victoire de la saison. Contre quatre en 2022 et 2021. Ce n’est pas au niveau de ses huit succès en 2019. Mais le prestige des victoires n’est pas le même. Christophe Laporte n’avait alors scoré que dans des courses inférieures.

La liste des succès en 2023 est tout bonnement impressionnante. Une victoire sur Gand-Wevelgem, la première classique de sa carrière. Arrivé, on s’en souvient, main dans la main, avec son coéquipier Wout Van Aert. Il récidive quelques jours après, en remportant À Travers la Flandre. Et cette fois-ci, il ne doit son succès qu’à lui-même. Il remporte au sprint les 1ère et 3ème étapes du Critérium du Dauphiné, dont il a porté le maillot de leader. Avant de triompher sur les championnats d’Europe. Ses regrets ? Ses crevaisons lors de Paris-Roubaix, où il a accompagné le coup de force de Wout Van Aert avant la Trouée d’Arenberg. Et son autre crevaison lors des championnats du monde. Deux faits de course qui l’ont empêché de peser dans le final.
Souvent équipier modèle
Au sein d’une Jumbo-Visma pléthorique, capable de gagner toutes les courses du calendrier, il faut savoir se faire sa place. Mais aussi mettre son égo de côté. Christophe Laporte a remporté cinq succès cette saison. Mais a souvent dû rouler pour ses coéquipiers. Quand, sur les classiques, on possède le vainqueur sortant de Paris-Roubaix, Dylan van Baarle, mais aussi Wout Van Aert, on se met à la planche. Pour espérer avoir sa place. Lors des plus grands objectifs de la formation néerlandaise, Christophe Laporte a été un coéquipier modèle. Il a travaillé pour Wout Van Aert sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix (avant sa crevaison). Avant de rouler pour et/ou protéger Jonas Vingegaard sur le Tour de France, sur lequel le Français n’a eu aucune carte personnelle.
Un travail parfois ingrat. Même quand il n’est pas devant le peloton à dynamiter la course, il doit prendre le vent pour ses leaders, faire des efforts pour les replacer. Sacrifiant ses chances personnelles. On l’a vu en forme lors de la campagne des classiques et a abordé le Tour de France en sortant d’un gros Dauphiné. Vu sa forme, il aurait sans doute pu reproduire son exploit de 2022 et remporter une victoire d’étape.
Christophe Laporte n’a que rarement déçu quand il a sa carte
Maintenant, au vu des résultats du Français en 2023, on peut se poser la question de son rôle dans la formation néerlandaise. À l’heure où il y aurait des pourparlers pour une fusion avec les Belges de la Soudal Quick-Step, le Varois peut-il prendre du galon ? Les chiffres parlent pour lui. Qui s’est offert à la pédale son leader Wout Van Aert, lors des championnats d’Europe ce dimanche. On se souvient qu’il l’avait aussi dominé au sprint, pour la médaille d’argent des championnats du monde 2022. On s’accorde à dire qu’il a franchi un grand cap encore une fois en 2023. Redoutable quand les courses approchent ou dépassent les 200 kilomètres

Même au sein de sa formation Jumbo-Visma, il n’a que rarement déçu quand il a eu sa carte personnelle. Son succès sur À Travers la Flandre est celui d’un vrai patron, capable d’être leader sur les plus grandes courses. Il a rappelé au Critérium du Dauphiné, qu’il n’était pas un manche au sprint. Son profil complet en fait un candidat sur les classiques. En particulier Paris-Roubaix, dont il a pris la 6ᵉ place en 2021. Mais il pourrait aussi se muer en candidat au maillot vert sur un Grand Tour. Capable de bien sprinter, mais aussi de passer les bosses, pour glaner des points dans les sprints intermédiaires. Et, on insiste, son échec aux championnats du monde, alors qu’il était le leader de l’équipe de France, est dû à une crevaison.
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Si Mathieu van der Poel était sans doute intouchable ce jour-là à Glasgow, quand on voit un Wout Van Aert et un Mads Pedersen jouer la médaille avec Tadej Pogacar, on peut avoir des regrets du côté de Christophe Laporte. Car son année 2023 nous fait penser qu’il n’aurait pas été loin de ces trois champions. En bref, proche des étoiles et bien plus qu’un simple coéquipier. Son titre de champion d’Europe risque bien de faire davantage réfléchir son équipe sur son rôle en 2024.


