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Cyclisme sur route

Cyclisme sur route : Nos 6 révélations de la saison 2023

Etienne Goursaud

Publié le

Cyclisme sur route Nos 6 révélations de la saison 2023
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CYCLISME SUR ROUTE 2023 – Healy, Uijtdebroeks, Martinez, focus sur six coureurs qui se sont révélés aux yeux du grand public et qu’on devrait revoir dans les années futures.

Ben Healy (EF Education-EasyPost, 23 ans)

Difficile, en début d’année 2023, de miser sur une telle saison de la part de l’Irlandais. Qui a levé les bras à cinq reprises. Pour neuf autres podiums. Et pas des moindres. Il est peut-être celui qui a le plus fait douter Tadej Pogacar sur une course d’un jour cette saison. C’était lors de l’Amstel Gold Race, où il a navigué pendant trente kilomètres, entre 20 et 30 secondes derrière le Slovène, ne rendant jamais les armes. Au cœur d’un printemps fou, qui débute avec une victoire d’étape et la 3ᵉ place du général de la Semaine Coppi et Bartali. Qui se prolonge dans la foulée avec une victoire sur le GP Industria & Artigianato.

En plus de l’Amstel Gold Race, il termine 4ᵉ de Liège-Bastogne-Liège et enchaîne un Giro très solide, avec une victoire sur la 8ᵉ étape, puis une 2ᵉ place sur la 15ᵉ étape. Et une santé de fer, car il s’est propulsé de nombreuses fois à l’avant, portant longtemps le maillot bleu, avant de s’incliner dans ce classement face à Thibaut Pinot. Champion d’Irlande, le cœur de son été reste moins solide. Mais il a repointé le bout de son nez en fin de saison. Vainqueur d’étape et 3ᵉ du Tour de Luxembourg. Et grand animateur sur le Tour de Lombardie, dont il prend la 30ᵉ place. Il nous a plu par son style offensif, mais aussi sa « gueule ». Deux choses qui pourraient bien en faire un coureur très populaire dans les années à venir.

Derek Gee (Israel-Premier Tech, 26 ans)

La présence du Canadien peut sans doute être un peu plus contestable, car elle ne tient essentiellement qu’à son Giro. Mais d’un autre côté, qui aurait pu parier, avant que le premier Grand Tour de la saison ne s’élance, sur une telle performance du coureur de 26 ans (25 au moment du Giro). Sur les routes italiennes, il va prendre la 2ᵉ place des 8ᵉ, 10ᵉ, 14ᵉ et 19ᵉ étapes. Mais aussi la 4ᵉ place de la 13ᵉ étape. C’est bien simple, il était quasiment dans chaque échappée dès que l’étape était difficile. Sur une épreuve qui a souri aux baroudeurs, il ne lui a manqué que la grande victoire, pour concrétiser.

Il a fait preuve d’une endurance phénoménale, d’un courage exemplaire. S’accrochant constamment. Au Tre Cime di Lavaredo, il ne lui manque que quelques hectomètres pour aller au bout. Finalement débordé par Santiago Buitrago. Preuve de sa régularité sur ce Tour d’Italie, il termine 2ᵉ du classement de la montagne et du classement par points. Et 22ᵉ du classement général. Beaucoup de 2 pour celui qui remportera le titre du champion du Canada sur le chrono, avant de faire une fin de saison beaucoup plus anonyme. Feu de paille ou véritable révélation, rendez-vous en 2024 pour Derek Gee.

Cian Uijtdebroeks (Bora-Hansgrohe, 20 ans)

Évidemment, Cian Uijtdebroeks fait partie de ces jeunes espoirs du cyclisme dont on attend beaucoup. Assurément, le cyclisme moderne commence à nous habituer à ces débutants qui cassent la baraque rapidement au niveau professionnel. Y compris au niveau World Tour. Mais tout de même, il ne faudrait pas s’habituer à l’exceptionnel. Car la saison du jeune Belge de 20 ans ferait frémir bon nombre de grimpeurs confirmés. Surtout sur les courses World Tour. Il commence par une 9ᵉ place du Tour de Catalogne, avec deux tops 10 d’étape sur des arrivées au sommet. Il prend ensuite la 6ᵉ place du Tour de Romandie, sa place sur l’étape reine. Il est encore 7ᵉ d’un Tour de Suisse relevé en vue du Tour de France. Avec deux tops 5 d’étape.



Surtout, pour son premier Grand Tour, à savoir la Vuelta, il prend la 8ᵉ place du classement général. Avec trois tops 10 d’étape, dont la 5ᵉ place au sommet du Col du Tourmalet, lors de l’étape reine. Impressionnant lors des longues ascensions, il doit encore progresser en chrono et sur les étapes « punchy » pour espérer un jour remporter un Grand Tour. Mais pour une première année au haut niveau, l’impression laissée est formidable. Même Remco Evenepoel n’a pas été aussi régulier en haute montagne.



Cian Uijtdebroeks

Cian Uijtdebroeks – Photo Icon Sport

Lenny Martinez (Groupama-FDJ, 20 ans)

Issu, comme Cian Uijtdebroeks, de la génération 2003, le jeune Français, pour sa première avec la World Tour de la Groupama-FDJ, a crevé l’écran. Lui aussi se révèle lors du Tour de Catalogne. Douzième du général, 6ᵉ de l’étape reine vers Lo Port. Il a aussi abattu du travail pour ses leaders, que ce soit David Gaudu ou Thibaut Pinot. Ne l’empêchant pas d’avoir sa carte. Et de lever les bras, lors du CIC-Mont Ventoux. Dominant Michael Woods, futur vainqueur d’une étape sur le Tour de France, mais aussi Simon Carr ou encore Ivan Sosa.

Ses débuts en Grand Tour, sur la Vuelta, laissent aussi beaucoup de promesses pour la suite. Il a porté le maillot rouge et a longtemps été dans le top 10 du classement général, après sa deuxième place lors de la 6ᵉ étape, remportée par le futur vainqueur de la Vuelta, Sepp Kuss. Malade sur la 2ᵉ moitié de course, il a davantage souffert. Mais termine la course à la 24ᵉ place du général. Avec la retraite de Thibaut Pinot, il devrait continuer de prendre du galon la saison prochaine.

Mattias Skjelmose (Lidl-Trek, 23 ans)

Ceux qui suivent les catégories jeunes, savent à quel point Remco Evenepoel a survolé la catégorie juniors, quand il concourut dans celle-ci. Parmi ses contemporains, un certain Mattias Skjelmose. Quelques années plus tard, en 2023, le Danois réalise une saison très solide pour se placer dans les excellents coureurs. Qui remporte une étape et termine 2ᵉ du général de l’Étoile de Bessèges, avant de remporter une étape du Tour des Alpes-Maritime et du Var. Longtemps dans le top 10 du Tour du Pays Basque, il coince dans la dernière étape. Il continue d’impressionner au cœur du printemps, terminant 8ᵉ de l’Amstel, 2ᵉ de la Flèche et 9ᵉ de Liège-Bastogne-Liège. Confirmant ses progrès sur les longues courses usantes.

Il s’offre au mois de juin son immense victoire. Remportant le classement général du Tour de Suisse, l’une des courses à étapes les plus prestigieuses. Avec une victoire d’étape. Il s’offre ensuite le titre de champion du Danemark sur la course en ligne. Sur le Tour de France, il réalise cinq belles premières étapes, avant de coincer et d’aider Giulio Ciccone à remporter le maillot blanc à pois rouges. Il passe tout près de remporter le Tour du Danemark, avant de boucler sa saison par deux tops 10 sur les classiques de Québec et Montréal. Solide.

Felix Gall (AG2R Citroën, 25 ans)

Gagner l’étape reine du Tour de France peut presque vous faire entrer automatiquement sur cette liste. Mais résumer l’Autrichien à ce seul succès de prestige serait faire injure à sa belle saison. Il a franchi un cap sur les courses World Tour. Que ce soit d’une semaine ou de trois semaines. Terminant 10ᵉ du Tour du Pays Basque, avec quatre tops 10 d’étape. Neuvième d’un Tour des Alpes où il a joué de malchance. Avant de prendre la 8ᵉ place du Tour de Suisse, dont il a longtemps été le leader au général, après sa victoire de prestige sur la 4ᵉ étape.

Sur le Tour de France, il a été très régulier, malgré une entame difficile. Déjà 3ᵉ à Laruns. Il est absolument énorme sur la 20ᵉ étape, le seul à être au niveau de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, se permettant le luxe de les attaquer et de relayer dans la dernière montée. Il était tout simplement très fort sur ce Tour de France, peut-être juste en deuxième rideau derrière les géants. Sans son entame ratée au Pays Basque, un top 5 était envisageable. Mais il n’aurait sûrement pas gagné son étape de prestige.

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