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Championnat du monde de handball

Des statistiques qui ne mentent pas : l’impuissance des Bleues face à l’Allemagne en chiffres

Etienne Goursaud

Publié le

Contre l'Allemagne, les Bleues ont été totalement impuissantes partout
Photo Icon Sport

MONDIAL DE HANDBALL FÉMININ 2025 – Dominées en demi-finale par l’Allemagne, la France a laissé un grand sentiment d’impuissance.

Une errance offensive

Contre l’Allemagne, les Bleues sont passées à côté de leur rendez-vous sur le plan offensif. 23 buts marqués, de nombreux échecs au tir (61 % de réussite dans ce match). L’Allemagne a proposé une défense très haute, parfois en 1-5. Objectif des Allemandes : perturber la relation entre Léna Grandveau et Sarah Bouktit, qui avait posé énormément de problèmes au Danemark mercredi, en quart de finale. Si cette dernière a fait son match (cinq buts en six tirs), la relation entre les deux joueuses a bien été coupée.

Une défense allemande agressive et des Françaises qui ont semblé perdues dans leur animation offensive. Une circulation de balle parfois très précaire, avec des pertes de balle et des passes parfois très approximatives. Très peu de jeu vers les ailes. Nina Dury n’a eu que deux tirs à exploiter (tous deux convertis). Lucie Granier en a eu trois, mais un seul dans une situation de contre-attaque. Des contre-attaques qui constituaient pourtant le point fort de cette équipe de France, mais que l’on a vues bien trop rarement. Il faut dire que les ballons de récupération ont été plus que limités dans cette demi-finale.

L’équipe de France a clairement manqué de collectif et s’en est remise à des coups de génie et à des exploits individuels pour exister un minimum dans le match. Symbole de cette impuissance, la France n’a tiré que 38 fois au but ce vendredi.

Des Bleues retombées dans leurs travers défensifs

On avait souligné la grande performance défensive des Bleues contre le Danemark en quart de finale. On espérait de la continuité en demi-finale. Il n’en a rien été, loin de là. Contre les Danoises, les Bleues avaient subi 38 tirs sur l’intégralité de la rencontre, un véritable exploit face à l’une des meilleures équipes du monde. Contre l’Allemagne, les Tricolores ont subi 25 tirs dès le premier acte et 47 sur l’ensemble de la rencontre.

Un premier acte à 15 buts encaissés et un sentiment de Françaises trop facilement enfoncées. Notamment au niveau de la base arrière, en énorme difficulté face aux Allemandes. Le point fort contre le Danemark s’est transformé en véritable point faible ce vendredi soir. En difficulté également sur l’aile droite, où Antje Döll s’est régalée (9/10 aux tirs et meilleure buteuse du match).

Heureusement pour les Bleues, les Allemandes se sont parfois montrées maladroites, avec de nombreux tirs hors cadre (62 % de réussite, dans les mêmes eaux que les Françaises). Sans cela, ce match aurait pu tourner à la correction.





Des choix tactiques discutables

Au-delà des aspects offensifs et défensifs, défaillants dans cette demi-finale, le plus marquant a sans doute été ce sentiment d’impuissance de l’équipe de France à partir de la fin du premier quart d’heure de jeu. Le sentiment d’un match écrit d’avance s’est progressivement installé, face à une équipe d’Allemagne plus forte et implacable. L’impression d’une équipe sans solutions, à l’image de son sélectionneur Sébastien Gardillou.

Celui qui vit son deuxième échec consécutif en demi-finale d’une grande compétition a sa part de responsabilité dans cet échec. Lui aussi a semblé ne jamais vraiment trouver son équipe. Alors que Clarisse Mairot commençait à trouver ses marques, il sortait la Brestoise. Le poste de demi-centre a été modifié à plusieurs reprises, tout comme celui d’arrière droit.

Si le handball est un sport de rotations, le sélectionneur français en a sans doute abusé. Au moindre temps faible, à la moindre erreur, une joueuse pouvait sortir. Résultat : cela a probablement contribué au manque d’automatismes pointé plus haut. Comment se régler lorsque l’équipe change constamment ? Son interview au micro de nos confrères de beIN Sports interroge également : « On a fait ce qui devait être fait » ou encore « On a fait avec nos moyens du moment ».

Deux déclarations qui incarnent à elles seules l’impuissance ressentie autour de cette équipe de France. Le costume était-il trop grand pour celui qui a succédé à Olivier Krumbholz après les JO 2024 ? Une impuissance que l’on ne percevait pas auparavant, même lorsque la France perdait.

Des absences, certes, mais la France avait une grande équipe sur le papier

Certes, l’équipe de France était privée de Chloé Valentini, Estelle Nze Minko, Laura Flippes, Grace Zaadi et Laura Glauser. C’est beaucoup, et ce sont cinq joueuses titulaires lors du sacre mondial en 2023. Mais avec Floriane André et Hatadou Sako, la France était armée dans les cages. Tout comme au poste de pivot, avec Pauletta Foppa, Sarah Bouktit et Oriane Ondono.

La France disposait également de talents comme Léna Grandveau, l’une des meilleures joueuses du monde depuis le début de la saison, Clarisse Mairot ou encore Lucie Granier, référence mondiale à son poste. On peut y ajouter Orlane Kanor et Tamara Horacek. Sur le papier, non, la France n’était pas inférieure à cette équipe d’Allemagne. Oui, les absences ont peut-être pesé, mais le potentiel était bien là.

La stat : 2

Si la France échoue en petite finale contre les Pays-Bas (dimanche à 14h30), elle enchaînera, pour la première fois depuis 2015, deux compétitions consécutives sans médaille. Ce serait un véritable coup d’arrêt pour une dynamique exceptionnelle du handball féminin français.

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