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Handball

Édito : Olivier Krumbholz, légende du sport français

Etienne Goursaud

Publié le

Edito - Olivier Krumbholz, légende du sport français
Photo Icon Sport

HANDBALL – Olivier Krumbholz est en finale du Mondial de handball avec les Bleues. Vingt-quatre ans après sa première finale. Hommage à un immense bâtisseur du handball français.

Vous faisiez quoi en 1999 ? J’avais six ans et le sport n’avait pas cette place qu’elle a aujourd’hui dans ma vie. Je n’en avais même à peine conscience. En 1999, Olivier Krumbholz était déjà à la tête de l’équipe de France féminine, prêt à mener son premier grand combat, sa première grande finale. Si la France n’a pas gagné, cet homme et cette équipe de France ont placé le handball féminin français sur l’échiquier mondial. Désormais, il faut compter sur elles.

Vingt-quatre ans après, de l’eau a coulé sur les ponts. Internet a émergé, la médiatisation du sport féminin est devenue enfin une vraie préoccupation. Même si chaque bataille est une immense lutte. Lui est encore là, prêt à mener une nouvelle finale d’une grande compétition. Sa dixième finale. Rendez-vous compte. Les mots vont manquer au moment d’évoquer sa contribution au sport français. Il a tout gagné, tout connu, entraîné des générations de championnes, de Valérie Nicolas à Amélie Goudjo en passant par Allison Pineau et Chloé Valentini. Des joueuses emblématiques, qui ont toutes grandi avec ce sélectionneur. Imaginez qu’il a pris l’équipe de France de handball, au moment où Roger Lemerre prenait l’équipe de France de football.

Parmi les grands

Imaginez un sélectionneur de foot qui aurait entraîné Zinédine Zidane et Kylian Mbappé sous le maillot frappé du coq. Inimaginable. Pourtant, Olivier Krumbholz l’a fait en handball. Il s’est, en quelque sorte, invité dans les foyers de tous les fans du handball, s’élargissant, au moment des plus belles épopées, à un public encore plus large. Évidemment, c’est indissociable de la réussite des joueuses et des générations de championnes qui se sont succédé et qui auraient – sans doute – mérité encore plus de considération. Mais, la France a voulu faire sans son sélectionneur entre 2013 et 2016. Pour une des périodes les plus difficiles des Bleues. Revenu en 2016, comme par hasard, la France se hisse en finale des JO dans la foulée. Je suis sûr qu’au fond de lui, en même temps que de savourer sa finale, il devait savourer ce petit triomphe personnel.

Profitons encore un peu, car il a annoncé s’arrêter après les JO 2024. Quoi de mieux que des JO à domicile. À Paris pour tirer la révérence d’une carrière absolument formidable. Partir en héros, Quel que soit le résultat. Mais avant, il reste deux campagnes à mener. Une finale demain, avec un vrai désir d’enfin mettre au pas cette Norvège qui frustre les Bleues depuis quelques championnats. Puis des Jeux Olympiques et une défense d’un titre.

Dans un monde du sport et globalement une société moderne propice à la sur-consommation et à la culture de l’instant, Olivier Krumbholz a su incarner la longévité absolue. Jamais « has been » toujours au sommet du handball français. Merci monsieur.



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