Eulálio impressionne, Magnier supersonique, Pellizzari sombre… les Tops et Flops du Giro 2026
TOUR D’ITALIE 2026 – La révélation Afonso Eulálio, Paul Magnier patron du sprint, Giulio Pellizzari en détresse… Voici les Tops et Flops de cette édition du Giro 2026.
Les Tops du Giro 2026
Afonso Eulálio (Bahrain Victorious)
La grande révélation de ce Giro. Débarqué sur l’épreuve avec la volonté d’aller chercher une étape, Afonso Eulálio avait touché du doigt son but lors de la 5e étape, mais Igor Arrieta l’avait privé du succès au bout d’un final rocambolesque à Potenza. Cependant, le Portugais n’avait pas tout perdu puisque le peloton lui avait laissé l’opportunité de s’emparer du maillot rose avec plus de six minutes d’avance sur les favoris.
L’habituel puncheur a alors capitalisé sur cette opportunité en défendant bec et ongles son bien, bien protégé par l’expérimenté Damiano Caruso. Il a ainsi survécu au Blockhaus et à un long contre-la-montre avant de finalement lâcher sa tunique sur les pentes de Pila, lors de la 14e étape, au début de la troisième semaine.
Une troisième semaine qui aurait pu être celle de la fin de la belle histoire. Entamé physiquement, il a frisé la correctionnelle en chutant sur la 18e étape, avant de faire preuve de caractère en attaquant dans le final. Malgré la concurrence des meilleurs grimpeurs de ce Giro, il a continué d’étonner en faisant partie, à chaque fois, des dix meilleurs coureurs du peloton sur les deux dernières étapes de montagne. Au final, il arrache donc une brillante 6e place et remporte le maillot blanc de meilleur jeune. Phé-no-mé-nal.
Your Maglia Bianca of the 2026 #GirodItalia:
🤍 🇵🇹 Afonso Eulalio (TBV) – @conad#GirodItalia #rankings 👚 | @CastelliCycling pic.twitter.com/paiF429Qkf
— Giro d’Italia (@giroditalia) May 31, 2026
Paul Magnier (Soudal Quick-Step)
La machine à gagner tricolore n’a désormais plus de limites. Après sa prolifique saison 2025, Paul Magnier était attendu au tournant en 2026 pour convertir sa domination sur des épreuves supérieures. La mission a été accomplie haut la main. Un an après un premier Giro de découverte où il avait fini par abandonner sans réellement se montrer (trois Tops 10, dont une 3e place), le sprinteur de 22 ans a rayonné.
Parfaitement entouré, il s’est imposé comme l’homme le plus rapide de ce Giro en dépit d’une concurrence accrue (Milan, Andresen, Groenewegen…). Dès la 1re étape, il a obtenu son premier succès synonyme de maillot rose. S’il a logiquement perdu sa tunique dans la foulée, il lui aura fallu 48 heures pour claquer une deuxième victoire ! 3e à Naples sur la 6e étape, 5e à Milan sur la 15e, il a réussi à survivre aux journées de haute montagne, affichant de réels progrès dans le domaine.
Puis, il a assis sa domination sur la 18e étape en remportant un troisième succès en costaud, résistant à une bosse extrêmement difficile dans le final, avant de bénéficier du boulot remarquable de Jasper Stuyven. S’il n’a pas réussi à se mêler à la bataille lors de l’arrivée à Rome dimanche, cela ne l’a pas empêché de s’assurer le gain du maillot cyclamen. Une juste récompense pour le meilleur sprinteur de ce Giro.

Davide Piganzoli (Visma Lease a Bike)
Naturellement, Jonas Vingegaard a tiré la couverture à lui en écrasant ce Giro. Néanmoins, le collectif de la Visma Lease a Bike a encore une fois répondu présent. En particulier un Davide Piganzoli stratosphérique. Le jeune coureur italien de 23 ans faisait partie des éléments clés du dispositif en haute montagne, lui qui sortait de deux Tops 15 sous les couleurs de la Polti-VisitMalta.
Toutefois, il a surpassé les attentes en s’imposant comme le lieutenant numéro 1 du champion danois, en dépit de la présence de Sepp Kuss. Lorsque la route s’élevait, c’est bien Piganzoli qui a servi de dernière rampe l’essentiel du temps. Malgré les relais appuyés plus ou moins longs qu’il passait, il n’a jamais rien lâché, signant trois Tops 6, avec dans un coin de la tête la possibilité de remporter le maillot de meilleur jeune.
Au final, la surprise Eulálio l’a privé de cette récompense, mais il a bouclé ce Tour d’Italie à une magnifique 8e place. Une performance de haute volée qui confirme tout son talent et l’avenir radieux qui se présente à lui.
1️⃣ Visma arrasó.
Aunque en los últimos cursos pierde su fuerza ante UAE, el inicio de 2026 de Visma es brutal. Monumentos y un Giro de Italia increíble.
Jonas Vingegaard arrasó y vaya dos gregarios entre Piganzoli y Kuss -con etapa-. Muy dominadores.#GirodItalia pic.twitter.com/Ob3Aolg2a2
— Eugenio Muñoz Fernández (@eugemf7) May 31, 2026
Jhonatan Narváez (UAE Team Emirates)
Attendue pour jouer le général, la formation UAE Team Emirates a été contrainte de revoir ses plans dès le premier week-end en raison des abandons cumulés de Jay Vine, Marc Soler et surtout Adam Yates. Malgré tout, cela a offert des opportunités en or aux cinq coureurs restants. Au-delà de la révélation Igor Arrieta (vainqueur d’étape et 19e du général), Jhonatan Narváez a pleinement tiré profit de la situation.
Dès la 4e étape, il a ouvert son compteur dans un sprint en comité réduit en l’absence des meilleurs sprinteurs du plateau. Puis, il a fait parler ses qualités de baroudeur en échappée. Sur la 8e étape, il a doublé la mise en bénéficiant du formidable boulot de Mikkel Bjerg pour finir en solitaire. Enfin, il a scellé son triptyque de victoires à l’occasion de la 11e étape en faisant preuve d’une science de la course parfaite pour frustrer le malheureux Enric Mas.
Cela lui a permis de se mêler à la lutte pour le maillot cyclamen, jusqu’à ce que la victoire de Magnier sur la 18e étape anéantisse ses chances. Le lendemain, il a pu mettre la flèche avec le sentiment du devoir accompli.

Les Flops du Giro 2026
Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe)
S’il devait y avoir une seule déception à sortir de ce Tour d’Italie, il s’agirait sans doute de Giulio Pellizzari. Débarqué sur ce Giro en qualité de co-leader aux côtés de Jai Hindley, le jeune coureur italien est totalement passé à côté. Dans le coup la première semaine, il a montré des signes de faiblesse dans l’ascension finale vers Corno alle Scale dès la 9e étape. Malgré cela, il est resté dans le coup et a même semblé retrouver des couleurs en arrachant une belle 5e place à Pila (14e étape).
Hélas, il a explosé le lendemain à Cari. Lâché dès le pied de la longue montée finale, il a tout perdu en concédant plus de 18 minutes à Jonas Vingegaard. S’il a ensuite essayé d’aider Jai Hindley dans sa quête de podium, il n’avait tout simplement plus les forces pour accompagner les meilleurs grimpeurs. Seule sa 19e étape est venue apporter une éclaircie. Parti en échappée, il n’a rien pu faire face à un grand Kuss, mais a donné des coups de pédale précieux pour aider son coéquipier en fin de journée.
Au final, celui qui devait être l’homme à battre pour le maillot blanc boucle ce Giro à une anecdotique 21e place, à près d’une heure du vainqueur. Rude.
🇮🇹 #GirodItalia @JaiHindley 6ème monte sur le podium au classement général (3ème) ! 💪
Grâce à l’aide précieuse d’un Giulio Pellizzari retrouvé et présent dans l’échappée (avec le vainqueur Sepp Kuss) notre grimpeur australien a distancé son rival T. Arensman dans le final. 👏 pic.twitter.com/X7UEEHWj5U
— Red Bull – BORA – hansgrohe FR (@RBH_ProCyclingF) May 29, 2026
Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM)
En emmenant Felix Gall à la 2e place du général, Decathlon CMA CGM a réussi son Giro. Néanmoins, Tobias Lund Andresen conservera sans doute un goût amer de ces trois semaines. Au départ de son troisième Grand Tour en carrière, le Danois était attendu comme l’une des têtes d’affiche au sprint. Malheureusement, sa 2e place lors de la 1re étape restera son unique résultat marquant.
Affichant de terribles lacunes dès que la route s’élevait, il a traversé ce Tour d’Italie tel un fantôme et a raté les trop rares occasions qui se sont présentées à lui. En effet, en dehors de la 1re étape, il n’a accroché que trois malheureux fonds de Top 10 (deux fois 7e, une fois 9e). Bien trop peu pour un garçon qui devait se mêler à la lutte au sommet entre Magnier et Milan.
🇮🇹 @giroditalia – Stage 18
Tobias Lund Andresen était notre carte pour l’étape du jour, mais la dernière montée lui a coûté trop d’énergie pour le sprint.
Demain c’est l’étape reine de ce Giro ! 2 étapes de montagne d’affilé ! ⛰️Tobias Lund Andresen was our card for today’s… pic.twitter.com/3RaiR23b41
— DECATHLON CMA CGM TEAM (@decathloncmacgm) May 28, 2026
Ben O’Connor (Jayco AlUla)
Vainqueur d’étapes sur les trois Grands Tours, mais surtout 2e de la Vuelta 2024, Ben O’Connor faisait naturellement partie des candidats légitimes à un Top 3 final. Un statut que l’Australien a assumé durant près de deux semaines. Dans le coup en haute montagne et auteur d’un excellent contre-la-montre (11e), il pointait à la 5e place, à 47 secondes du podium, après 13 étapes.
Puis est arrivée la 14e étape, où les choses ont commencé à se corser. En perdant plus de deux minutes sur Felix Gall et Jai Hindley, ses rêves de boîte se sont évaporés. Les jambes n’ont plus vraiment suivi et la tête a sans doute un peu lâché. Dès lors, Ben O’Connor a reculé dans la hiérarchie jour après jour, perdant place après place.
Encore dans le Top 10 à trois jours de l’arrivée, il a explosé lors des deux dernières étapes de haute montagne, sans même réussir à peser dans une échappée, pour finalement échouer à une décevante 16e place. Tout simplement son pire résultat depuis la Grande Boucle 2023 (17e).
🇦🇺 The third week is tough on Ben O’Connor.
The Aussie was dropped from the lead, then the chase group, as we’re still in the first GPM of the day
📺 Follow the #Giroditalia on TV, and on socials, wherever you are 🌐 pic.twitter.com/KfRMvd4JAC
— Giro d’Italia (@giroditalia) May 29, 2026
Movistar
Débarquée sur ce Giro avec un collectif alléchant sur le papier pour, a minima, décrocher une victoire et une bonne place au général, la Movistar est finalement repartie les mains vides, avec de la frustration à tous les étages. Alors que les ambitions au général se sont rapidement dissipées en raison du niveau insuffisant affiché par Enric Mas, la formation espagnole a misé sur les échappées et sur Orluis Aular pour des sprints en comité réduit.
Hélas, malgré le travail stakhanoviste abattu par ses équipiers pour éliminer un maximum de sprinteurs à deux reprises, le Vénézuélien n’a pas transformé l’essai. Une première fois battu par Jhonatan Narváez, il a ensuite vu Alec Segaert réaliser le coup du kilomètre. Une frustration également vécue par Enric Mas sur la 11e étape. Revigoré, l’Espagnol n’avait pas réussi à se débarrasser de Jhonatan Narváez, avant de se faire aligner par l’Équatorien dans un sprint à deux.
Au final, seuls Lorenzo Milesi et Einer Rubio représentent des satisfactions. L’Italien a réalisé un boulot exceptionnel pour ses coéquipiers, tout en réalisant de belles choses en échappée. Le Colombien a aussi montré le maillot, signant même une belle 5e place sur la 17e étape. Mais difficile de se satisfaire de ce maigre bilan au vu des efforts consentis. Comme trop souvent, la Movistar n’a pas concrétisé ses ambitions…
🚴🇮🇹 | Jhonatan Narváez is deze Giro de koning van de vluchters. De hagedis boekt alweer zijn derde etappezege! 🦎🦎 #GirodItalia
Wielrennen 👀 HBO Max pic.twitter.com/sOoR5BxGNj
— Eurosport Nederland (@Eurosport_NL) May 20, 2026


