F1 : Laura Müller, l’ingénieure pionnière qui parle à l’oreille d’Esteban Ocon
FORMULE 1 – Laura Müller entre dans l’histoire de la Formule 1 en devenant la première femme ingénieure de course. L’Allemande épaulera Esteban Ocon pour ses débuts dans l’écurie Haas. Un petit pas en avant pour la cause féminine dans la discipline.
Haas a décidé de poursuivre sa restructuration durant l’intersaison 2024-2025. Les pilotes ont bien évidemment été changés avec un duo alliant expérience et jeunesse, puisque Esteban Ocon et Ollie Bearman sont désormais les titulaires de l’écurie américaine. D’autres modifications ont également été effectuées en coulisses.
Ces nouveaux pilotes sont accompagnés par des ingénieurs de course qui découvrent le poste, mais pas l’équipe. Ronan O’Hare sera au plus proche du jeune Britannique, lui qui était auparavant à la performance pour Haas. Un tandem qui a déjà pu se découvrir et travailler ensemble lors d’un roulage avec d’anciennes monoplaces et actuellement aux essais hivernaux de Bahreïn. La Formule 1 découvre aussi un autre nom.
Laura Müller, l’évolution rapide au sein d’une écurie
Laura Müller, Allemande de 33 ans, devient l’ingénieure de piste d’Esteban Ocon à partir de cette saison. Une première dans l’histoire de la discipline puisque jamais une femme n’a eu auparavant cette place sur le muret des stands. Ayo Komatsu, qui entame sa seconde saison à la tête de l’écurie propriété de Gene Haas, a justifié devant la presse ce choix de promouvoir ces deux personnes. « Plutôt que d’aller chercher des grands noms expérimentés à l’extérieur, nous promouvons quelqu’un [qui] n’a peut-être pas assez d’expérience pour commencer, disons, mais qui a du potentiel, avec une bonne éthique de travail et une bonne communication ».
Laura Müller, your first female F1 race engineer 🙌
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— Females in Motorsport (@FemalesinMSport) January 21, 2025
Cette fan de Michael Schumacher a rapidement gravi les échelons dans l’équipe, 7ème du dernier classement constructeurs. Arrivée en 2022, elle était d’abord responsable du simulateur avant de goûter aux joies des week-ends de course. « Elle a ensuite participé à certains Grands Prix. Puis, nous avons fait tourner les ingénieurs en charge de la performance au cours des deux dernières années. Quand il s’est agi d’avoir un ingénieur de course, elle a exprimé son intérêt [pour le poste]. Et en termes de communication à la radio, elle est très claire, très calme », ajoute son patron japonais.
Esteban Ocon : “Quelqu’un d’hyper motivé, très engagé”
En bref, Haas a préféré faire monter des éléments intérieurs à des postes clés plutôt que faire appel à d’autres personnes ne connaissant pas l’écurie. Mais Laura Müller, c’est bien son principal collaborateur qui en parle le mieux. Esteban Ocon s’est exprimé, pour nos confrères d’AutoHebdo, sur la relation qu’il est en train de développer avec l’ingénieure allemande. « C’est quelqu’un d’hyper motivé, très engagé et qui a toujours rêvé d’occuper ce poste en Formule 1. Elle a dû travailler d’arrache-pied depuis qu’elle a débuté en sport automobile pour en arriver là, et je suis fier que l’on puisse œuvrer ensemble ».
Le Normand ajoute ensuite : « Nous nous sommes retrouvés au centre 321 Perform à Annecy pendant trois jours avec Laura. […] Nous avons réalisé plein de tests différents : physiques, psychologiques, du travail de cohésion… On a fait de la spéléologie, qui est un vrai test de gestion de soi. Ce type d’activité est excellent pour voir dans quel état on sera au moment où le stress montera ». Ocon travaille également avec un ingénieur performance français en la personne de Sacha Fouquet. Passé par ART Grand Prix et dernièrement Prema, le Tricolore va découvrir la Formule 1 cette année.
La place des femmes est encore minime dans la catégorie reine du sport automobile, mais un développement est en cours, et cela, depuis plusieurs années. La présence des femmes au sein des dix écuries est estimée à 37%. Depuis le boom de la série Netflix Drive to Survive et sa dizaine de millions de viewers, la gente féminine représenterait 40% des fans de F1 (contre 8 auparavant, selon des chiffres officieux).

Schmitz, Wait et Wolff comptent aussi en Formule 1
Puis, nous avons récemment vu plusieurs femmes à des postes importants et/ou mises en lumière par leur travail. Les plus connues sont Hannah Schmitz, boss du département stratégie de Red Bull, et Rosie Wait, qui occupe une place similaire chez Mercedes. Donc deux des plus grandes équipes actuelles.
La femme ayant le plus pesé depuis 15 ans en Formule 1 est Susie Wolff. L’Écossaise de 42 ans est bien plus que l’épouse de Toto Wolff. Elle est la dernière femme à avoir piloté de manière officielle une F1, c’était lors des essais libres du Grand Prix de Grande-Bretagne en 2014. Elle était au volant d’une Williams. Depuis, elle a mis fin à sa carrière, mais devient aujourd’hui la figure de la F1 Academy, cette compétition support réservée aux pilotes femmes. La 3e saison va se lancer le 21 mars à Shanghaï et semble pour le moment une évolution positive à la W Series, championnat mal né et vite abandonné.
Laura Müller se rapproche donc du sommet de la hiérarchie d’une écurie de Formule 1. Un poste d’ingénieure de piste, qui, visiblement, colle à ses qualités et son caractère. L’Allemande, novice dans ce rôle, accompagnera Esteban Ocon au moins pour cette saison, lui qui est tout aussi novice au volant d’une monoplace du constructeur américain.


