Face à face : la VAR est-elle encore crédible ?


Les rédacteurs de Dicodusport entrent sur le ring et s’affrontent dans un Face à Face autour d’un sujet d’actualité. Dans ce un-contre-un engagé, chaque rédacteur ou rédactrice tentera de convaincre son adversaire, ainsi que vous-même, qu’il mérite de remporter ce duel. Un arbitre sera alors chargé de les départager et de désigner un vainqueur. Aujourd’hui, deux de nos rédacteurs s’opposent au sujet de la VAR. Celle-ci est-elle encore crédible après les récentes polémiques liées à son utilisation ?


Romain continue de croire en la VAR

👍 Romain : Oui, la VAR reste crédible

Oui, la VAR reste crédible dans les différents championnats et la Ligue des Champions. Par exemple, en Ligue 1 Conforama, après la 16ème journée, le VAR avait corrigé 3 fois plus d’erreurs d’arbitrage. Lorsque cela ne fait pas débat, mais que les arbitres n’ont pas la possibilité sur le moment même de reconnaître l’erreur, la VAR est un soulagement qui réduit l’injustice. C’est une aide non-négligeable pour l’arbitrage de haut niveau où les enjeux sportifs et économiques prennent le dessus et les acteurs en quête de justice et d’équité.

Alors oui, la VAR ne résout pas tout, preuve ces derniers temps en Ligue des Champions ou encore en Ligue 1. Mais là où l’assistance vidéo est crédible, c’est qu’elle demande encore du temps pour se développer et développer son utilisation. Je pense qu’il faut surtout réfléchir sur le fonctionnement général de la VAR. Ce n’est pas l’outil qui est mis en cause, mais son utilisation. Définir et communiquer les règles au grand public, l’utiliser de manière commune avec des règles franches (comme à quel moment l’arbitre va vérifier de lui-même à la vidéo) et l’utiliser de manière plus fréquente si cela le nécessite. L’orgueil et le pouvoir des arbitres sur une rencontre doit pouvoir être mis légèrement de côté pour une utilisation maximisée de l’assistance vidéo.

Si l’argument des clubs au grand pouvoir financier et d’intimidation par l’histoire et par la grandeur tient la route, c’est malheureusement le cas sur n’importe quel sujet du football, VAR ou pas. Continuons d’aider les arbitres mais aussi les footballeurs, supporters et téléspectateurs avec la vidéo et des règles bien définies. Laissons les arbitres interpréter à leur manière et utiliser la vidéo pour contrebalancer leur avis.


A voir aussi ⇒ Pour aider les arbitres, il faut lourdement sanctionner les tricheurs


Pour Julien, la VAR a ses limites

👎 Julien : Non, la VAR n’est plus crédible

Dès mes premières lignes, je vais être clair sur mon point de vue. Je ne suis pas contre les évolutions dans le football, quelques soient leur nature, si ces dernières permettent d’améliorer le jeu. Mais pour autant, si je suis par exemple à 100% pour la Goal-Line Technology qui s’avère être une réelle avancée dans le monde du ballon rond, comme en atteste récemment le but accordé à Cristiano Ronaldo la semaine dernière face à l’Atlético Madrid qui aurait été clairement impossible à valider à vitesse réelle, je suis beaucoup plus nuancé pour l’assistance vidéo, ou du moins par son utilisation. Cette dernière est-elle crédible ? C’est-à-dire fiable et digne de confiance ?

A cette question, il est évident de répondre que non. La vidéo devait réduire voir anéantir toute formes de polémiques ? Finalement, ces dernières se sont accentuées… Sur 16 utilisations de la VAR lors des 8èmes de finale de la Ligue des Champions, 6 cas litigieux ont été recensés. Lors de Juve-Atlético, la Juve obtient un penalty, après visionnage des ralentis, l’accrochage est loin d’être évident alors qu’en fin de match, une situation identique se passe dans la surface adverse et le point de penalty n’est pas désigné et la VAR pas consultée. Si des faits de jeu sont à recenser lors des matchs Porto-Roma ou Real-Ajax par exemple, il est aisé d’évoquer les rencontres du PSG et de Lyon.

Selon les textes, la VAR, en Ligue des Champions, doit être utilisée lors de situations évidentes afin de modifier une erreur manifeste et qui ne doit pas prêter à interprétation. Or, lorsque l’arbitre de PSG-Manchester est sollicité pour consulter les images, nous sommes bien dans une (mauvaise) interprétation. Pour Lyon, à vitesse réelle, 99% des personnes auraient désigné le point de penalty, les images révèlent le contraire, mais cela n’a pas fait changer la décision de l’arbitre. La vidéo accentue le sentiment d’injustice, si elle peut être efficace notamment sur des situations de hors-jeu, son fonctionnement et son utilisation doivent être repensés, le football est un sport d’émotions, mais cet outil est en train de le dénaturer, de casser le rythme avec des arrêts de jeu parfois interminables. Et désormais, à chaque but ou presque, les joueurs, les supporters se retiennent avant de laisser exploser leur joie car le moindre petit détail est scruté et analyser alors que, encore une foi,s cet outil doit venir gommer des erreurs flagrantes.

Et parfois l’aberration est encore plus grande, certes il s’agit de la Ligue 1, mais Nîmes ne serait jamais revenu à 2-1 si Strasbourg n’avait pas marqué le but du 3/0, car sans ce but, la VAR n’aurait pas été consultée et le coup-franc non attribué aux Nîmois. Une évolution dans le football, je dis oui, mais de cette façon, bien entendu que non !


Verdict de l’arbitre :

Depuis l’instauration de l’assistance vidéo dans le football, défenseurs et détracteurs ne cessent de s’écharper à propos de celle-ci, et pour cause. Si elle a permis de corriger davantage d’erreurs d’arbitrage, notamment en Ligue 1 comme l’évoque Romain, elle a aussi mis en évidence certaines limites d’un système encore perfectible, comme le défend Julien.

Pour Romain donc, la VAR est une réelle plus-value dans le football de haut niveau, un monde où effectivement des erreurs d’arbitrage peuvent avoir un impact négatif au niveau économique et financier pour des clubs victimes d’une injustice. Cette notion d’injustice, justement, est mise en avant dans l’argumentaire de Julien. S’il n’est pas contre les évolutions technologiques liées à l’arbitrage, il n’oublie pas non plus que la VAR a défrayé la chronique lors des 8èmes de finale de la Ligue des Champions, avec 6 cas litigieux sur les 16 recours à l’assistance vidéo. Une injustice qui tend à dénaturer le football et ses émotions procurées.

Mais nos deux rédacteurs semblent se rejoindre sur un point : améliorer l’utilisation de l’assistance vidéo. Romain avance alors un argument de poids lorsqu’il dit : « Mais là où l’assistance vidéo est crédible, c’est qu’elle demande encore du temps pour se développer et développer son utilisation. Je pense qu’il faut surtout réfléchir sur le fonctionnement général de la VAR. Ce n’est pas l’outil qui est mis en cause, mais son utilisation. »

Effectivement, avant de dire qu’elle n’est pas crédible pour de bon, donner la possibilité d’améliorer son utilisation afin de favoriser son développement semble être une solution. A commencer par la compréhension de celle-ci, pas toujours évidente aux yeux des joueurs, entraîneurs et supporters. La pédagogie, préconisée par Romain, peut être un premier pas vers une première évolution positive.

🏆 Romain remporte donc ce débat !

Flo Ostermann

1
Poster un Commentaire

avatar
1 Commentaires
0 Réponses
0 Followers
 
Commentaire le plus populaire
Commentaire avec le plus de réponse(s)
1 Nombre d'utilisateurs
stéphane tomadini Utilisateurs récents
  S'abonner  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
stéphane tomadini
Invité
stéphane tomadini

une fois de plus la var est une honte…comment peut-on ne pas aller vérifier la vidéo sur une suspicion
de penalty pour Nantes, et se précipiter pour une possible main non volontaire dans la surface au bénéfice de Paris.
Accorder un penalty à un professionnel du plongeon acrobatique….meme si cela était litigieux.
Je pense qu’il serait bénéfique de mettre en place une consultation ophtalmique aux personnes désignées
à la var dans le bus, à moins qu’ils touchent de petites enveloppes complaisantes.
Stef, Pays Basque!!