FDJ United-SUEZ triomphe, mais les Françaises reculent : le paradoxe du Tour de France Femmes 2026
TOUR DE FRANCE FEMMES 2026 – Une seule Française dans le Top 10 et aucune victoire d’étape. Alors que FDJ United-SUEZ a triomphé avec Demi Vollering, la Grande Boucle a été plus difficile pour les Tricolores.
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C’est un Tour de France mi-figue mi-raisin pour les Françaises. Derrière le succès historique de la FDJ United-SUEZ, le bilan est plus que mitigé pour la délégation tricolore, qui marque le pas après deux éditions de réels progrès. Un Tour de France qui vient confirmer un constat de recul observable depuis le début de l’année. Pauline Ferrand-Prévot a été battue et perd son titre sans avoir pu combattre jusqu’au bout. C’est légèrement inquiétant, alors que le cyclisme féminin semble avoir passé un cap en 2026.
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L’abandon de Pauline Ferrand-Prévot pèse lourd, mais pas seulement
Une seule Française dans le Top 10 au classement général
Pauline Ferrand-Prévot (Visma | Lease a Bike) avait propulsé le cyclisme français sur les plus hauts sommets en 2025, mettant en lumière tout un pays qui avait brillé à domicile. Ses défaillances et son abandon pèsent lourd, alors qu’elle était candidate à sa propre succession. Cela contribue à plomber le bilan français. Mais on ne peut pas désigner la championne olympique de VTT en 2024 comme seule responsable de ce relatif échec cette année.
En 2024 et 2025, trois Tricolores terminaient dans le Top 10 du Tour de France. Pauline Ferrand-Prévot n’était pas là en 2024 et n’était pas seule en 2025. Cela illustre la petite dégringolade de l’ensemble du cyclisme féminin français. Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly) termine 6e. C’est le moins bon classement pour la première Française depuis le retour de l’épreuve en 2022. La Bretonne a été à son niveau, sans parvenir à égaler sa 5e place de 2024.
Néanmoins, cela reste une performance intéressante au vu de la densité de la startlist au départ. Elle aura été régulière et a bénéficié de la méforme d’Anna van der Breggen ou encore de la chute de Marlen Reusser. Avec un 3e Top 10 de rang, elle confirme sa régularité sur le Tour de France. Mais il semble lui manquer ce petit truc pour franchir encore un cap.
Aucune victoire d’étape
C’est sans doute là le point le plus noir de ce Tour de France Femmes. Alors que quatre étapes avaient été remportées par les Françaises en 2025 (deux pour Maeva Squiban et deux pour Pauline Ferrand-Prévot), cette année, le compteur est resté bloqué à zéro. Une première depuis 2023.
Pire, hormis la 2e place de Cédrine Kerbaol lors de la 6e étape remportée par Kim Le Court, aucune Tricolore n’a semblé en mesure d’aller chercher une victoire. Ce jour-là, les supporters français étaient sans doute plus focalisés sur Célia Gery (FDJ United-SUEZ) que sur la Bretonne. Mais la jeune championne de France était trop courte, malgré ses qualités au sprint. C’est le seul moment où une Française a réellement pu rêver. À la pédale pure, les Tricolores ont été dominées, tandis que l’exploit de ce Tour a été réalisé par Sigrid Haugset, vainqueure de la 3e étape.
Une Norvégienne pour endosser quelque peu le rôle de Maeva Squiban en 2025, auteure de deux raids victorieux l’an passé. La Française, héroïne en 2025, a été plus en retrait cette année. Dans un rôle de coéquipière, certes, mais également moins tranchante les rares fois où elle a eu sa carte.

Le Tour n’est que le reflet du début de saison
Surtout, l’échec du Tour est à l’image d’un début de saison moins probant, dans lequel il n’y a eu que peu d’arbres pour cacher la forêt. La deuxième et la troisième place de Pauline Ferrand-Prévot sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. La troisième place de Marion Bunel sur la Vuelta et le beau tir groupé des Tricolores sur ce Tour d’Espagne.
Sur les courses à étapes, Évita Muzic a pris la 2e place d’un Tour de Burgos certes World Tour, mais à la startlist assez légère. La performance est venue de Cédrine Kerbaol lors du Tour de Suisse. Deuxième du général, devant Kasia Niewiadoma et bien d’autres coureuses de renom. Sur les classiques d’un jour, hors PFP, aucune Française n’est montée sur le podium d’une course. Un constat implacable, et un Tour de France qui n’a pas renversé l’ordre établi. À l’issue du Tour, la France est 4e du classement UCI par nations, avec 9 132 points.
La FDJ United-SUEZ remporte le Tour avec Demi Vollering
À côté de ce constat se dresse une performance historique. Celle de la FDJ United-SUEZ, qui devient la première formation française à remporter le Tour de France Femmes depuis le retour de l’épreuve en 2022. Mieux, depuis 1990 et le succès de Greg LeMond avec l’équipe Z, aucune formation française n’avait remporté la Grande Boucle chez les hommes. Une éternité comblée par l’équipe managée par Stephen Delcourt.
THE YELLOW IS OUUUURS !! 💛💛 pic.twitter.com/tw4DVctsqS
— FDJ – SUEZ (@FDJ_SUEZ) August 9, 2026
Créée il y a 20 ans sous l’appellation Vienne-Futoroscope, l’équipe a bien grandi depuis. D’abord renforcée par la région Nouvelle-Aquitaine et FDJ, elle avait franchi un cap au début des années 2020 avec l’arrivée de SUEZ, jusqu’à recruter Demi Vollering pour la saison 2025. Une des meilleures cyclistes du monde est arrivée en France et a permis à FDJ United-SUEZ de monter sur la plus haute marche du podium. Il n’aura suffi que de deux ans à l’équipe pour réaliser cette performance.
On se souviendra de quelques coups tactiques réussis, comme lors de la 5e étape et du premier succès de Demi Vollering. Avec cette démonstration de force et la présence de Juliette Berthet et Franziska Koch à l’avant, qui ont servi de relais après la première offensive de la Néerlandaise. Tout n’a pas été parfait, à l’image de l’étape du Ventoux, qui reste un petit échec collectif. Mais on a vu une grande Célia Géry, épatante en montagne pour tirer sa leader, que ce soit dans le Mont Ventoux ou ce samedi, lors de la prise de pouvoir de la numéro 1 mondiale.


