Deux semaines de Tour de France Femmes : bonne idée ou fausse bonne idée ?
TOUR DE FRANCE FEMMES – Faut-il passer le Tour Femmes sur deux semaines au lieu des neuf étapes actuelles ? On expose le pour et le contre.
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Le débat a commencé à germer sur les réseaux sociaux avant le Tour de France Femmes et s’est amplifié durant la Grande Boucle ! Alors que l’épreuve dure neuf jours et a été rallongée d’une étape en 2025, est-il temps de la passer sur deux semaines ? On a essayé de peser le pour et le contre d’une telle décision.
Ce qui peut peser en faveur d’un Tour de France sur deux semaines
Malgré un Tour de France plus dur, les écarts ne se sont pas creusés
Cela a été dit et répété avant l’épreuve : le Tour de France 2026 allait être le plus corsé de son histoire. Avec 18 775 mètres de dénivelé positif répartis sur les neuf étapes. Près de 600 mètres de plus qu’en 2025 (18 125 mètres), malgré deux étapes avec des cols Hors Catégorie l’an passé. Cette année, aucune étape totalement plate, des classiques tous les jours ou presque.
Pourtant, les écarts sont restés sensiblement les mêmes au classement général. Avec 15:14 d’écart entre Demi Vollering (FDJ United-SUEZ), vainqueure du classement général, et Niamh Fisher-Black (Lidl-Trek), 10e cette année. L’écart en 2025 était de 15:50. On peut également ajouter les 53:15 entre la première et la 25e, contre 51:58 l’an passé.
🚲 Jérôme Pineau sur un potentiel Tour femmes plus long : « Pour cela, il faut des coureuses. Dans les régions, il n’y a pas de course. Des femmes capables de courir 15 jours, il y en a peu. Si au bout de huit jours, t’as des écarts de 2h, tu perds en crédibilité. » #RMCLive pic.twitter.com/l88yk7kmXK
— Les Grandes Gueules du Sport – RMC (@GGsportRMC) August 1, 2026
Cela illustre que, malgré l’enchaînement d’étapes très dures, sous une chaleur elle aussi très éprouvante, les écarts n’ont pas explosé. Cette crainte de voir se créer des écarts énormes, notamment soulevée par Jérôme Pineau dans l’émission Les Grandes Gueules du Sport, ne semble donc pas être un argument aussi évident que cela.
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Les femmes très proches des hommes sur la filière de l’endurance
Un argument d’autant plus contestable que la littérature scientifique commence à progresser concernant les femmes dans le sport. Des études menées au début des années 2020 tendent à montrer un écart moindre entre les femmes et les hommes sur la filière de l’endurance. Et même, si on se réfère à cet article d’Esprit Trail, quelques avantages pour les femmes sur le plan de la biomécanique et de l’utilisation de certaines fibres musculaires lors d’efforts longs.
Ces études portent plutôt sur la course à pied et l’ultra-trail en particulier. L’ultra-traileuse américaine Courtney Dauwalter a, par exemple, remporté au scratch (hommes et femmes confondus) la Moab 240 et signé de nombreux Top 10 au scratch sur les plus grandes épreuves. Elle avait notamment terminé 7e de l’UTMB en 2021, peut-être LA référence chez les femmes. L’écart entre les records du monde masculin et féminin est également plus réduit sur marathon que sur 100 m. S’il existe une grosse différence en matière de force, celle-ci semble moins déterminante dans la capacité à répéter les efforts. Oui, les femmes vont pédaler moins fort et moins vite. Non, elles ne semblent pas incapables de prolonger l’effort au-delà de neuf étapes.

Pour devenir un grand tour, le Tour doit s’étoffer
Le Tour de France Femmes ne compte aujourd’hui que quatre étapes de plus qu’un Tour de Suisse ou un Tour de Grande-Bretagne. Inconcevable chez les hommes, réalité chez les femmes. Ce qui fait la légende et la difficulté d’un grand tour, c’est aussi le fait d’enchaîner les efforts. Bien des coureurs performants sur une semaine n’ont jamais réussi à franchir le cap sur trois chez les hommes. C’est le sens de l’histoire, mais aussi celui d’un cyclisme féminin qui a trouvé son public et qui s’est étoffé au fil des années.
Ce qui peut coincer
Les effectifs réduits de la plupart des équipes
Si les femmes venaient à basculer sur un Tour de France de deux semaines, voire sur trois Grands Tours de deux semaines, il est clair que l’on verrait moins de coureuses disputer les trois épreuves. À l’instar des hommes, qui se concentrent surtout sur un ou deux Grands Tours dans la saison.
Ce scénario peut coincer au niveau des effectifs. Même la FDJ United-SUEZ, qui est la meilleure équipe du monde et qui vient de remporter le Tour de France avec Demi Vollering, ne possède que 16 coureuses dans son effectif. La CANYON//SRAM de Kasia Niewiadoma, 2e du Tour, n’en compte que 15. Une norme parmi les meilleures équipes du World Tour féminin. Certes, une équipe comme UAE Team L’IMAD possède 20 coureuses, mais c’est l’exception.
Si on regarde du côté des ProTeam, c’est encore plus délicat. Ma Petite Entreprise, qui a participé à son premier Tour de France, ne compte que 10 coureuses. Cofidis possède un effectif un peu plus fourni de 15 coureuses, mais peut s’appuyer sur la puissance d’un sponsor également actif chez les hommes. Malgré tout, on sait qu’un changement de format peut avoir des conséquences. Ce n’est pas un hasard si le calendrier féminin évite autant que possible les grandes courses concurrentes le même jour.
Des coûts encore plus importants pour les équipes
Dans la lignée de la question des effectifs, les budgets de certaines équipes restent limités. Deux semaines d’épreuve, ce sont aussi cinq à six jours de coûts supplémentaires pour des formations qui auront parfois du mal à se le permettre. On le sait, malgré la hausse de la médiatisation du cyclisme féminin, son économie reste encore fragile actuellement. Cette réalité peut être un frein au passage à deux semaines dans un futur proche.


