Football féminin : Sonia Bompastor, des performances à la hauteur de ses ambitions
FOOTBALL FÉMININ – Figure emblématique du football féminin, Sonia Bompastor s’est lancée un nouveau défi cette année, outre-Manche. Après avoir tout gagné avec Lyon, l’ancienne internationale tricolore a pris la direction de Chelsea, où la performance est également maître mot du club. Retour sur son début de saison, et pourquoi pas son avenir avec les Bleues.
Première femme à remporter la Ligue des Champions en tant que joueuse et entraîneure avec l’Olympique Lyonnais, Sonia Bompastor s’en ensuite vu confier les clefs de Chelsea après le départ pour la sélection américaine d’Emma Hayes, au terme de 12 ans de très bons et loyaux services. Une mission à la hauteur des attentes de la Française qui a parfaitement entamé son mandat. Et si celui-ci l’amenait encore plus loin ?
Du terrain au banc, de Lyon à Chelsea
Amenée très tôt sur les terrains de football par un père arbitre, Sonia Bompastor a rapidement chaussé les crampons pour s’imposer, au fil des ans, dans les plus grands clubs français de D1. Montpellier d’abord, avec qui elle soulève son premier titre de championne de France, puis Lyon, qu’elle mènera pour la première fois du club au sommet de la Ligue des Champions, aux côtés de Louisa Necib, Wendie Renard, Amandine Henry ou encore Camille Abily et Eugénie Le Sommer. Multi casquette sur la pelouse, ses performances la propulsent logiquement vers l’équipe de France. Forte de 156 sélections (toujours dans le Top 10 actuel), de 3 participations aux Championnats d’Europe et 2 en Coupe du monde, elle dispute son dernier grand tournoi sous le maillot tricolore aux Jeux Olympiques 2012. Les Bleues termineront au pied du podium et Bompastor mettra un terme à sa carrière de joueuse l’année suivante.
✨ 𝐂𝐇𝐀𝐌𝐏𝐈𝟖𝐍𝐍𝐄𝐒 ✨
La Women’s Champions League est de retour à la maison ! 🏆❤💙
Tout simplement 𝙇𝙚́𝙜𝙚𝙣𝙙𝙖𝙞𝙧𝙚 ! 🦁🔴🔵
1-3 #FCBOL #UWCLFinal pic.twitter.com/oPHhOeJbLT
— OL Féminin (@OLfeminin) May 21, 2022
Aux manettes du centre de formation (Académie OL) de 2013 à 2021, sa route se poursuit naturellement sur le banc lyonnais après le licenciement de Jean-Luc Vasseur du poste d’entraîneur. Si les Fenottes viennent d’achever la saison sans trophée, l’armoire est néanmoins déjà bien remplie. Sonia Bompastor ajoutera une Ligue des Champions aux 7 présentes sur l’étagère lyonnaise ainsi que trois titres de championnes de France et une Coupe de France, pour ne citer que le principal. Nommée meilleure entraîneure de l’année 2022 et 2023 en D1 Arkema, elle est repérée par Chelsea qui rachète sa dernière année de contrat à Lyon. Un nouveau club avec un enjeu de taille, les Blues ayant remporté les cinq dernières éditions de la Women’s Super League.
Début idyllique en Angleterre pour Sonia Bompastor
Dans ses valises, Sonia Bompastor emmène en Angleterre ses deux adjoints, Camille Abily et Théo Rivrin. Et force est de constater que la mayonnaise a bien pris, la langue n’étant de surcroît pas un problème pour l’ancienne coach de l’OL qui fait d’ores et déjà l’unanimité. À quelques minutes d’un 10ème succès de rang historique en Women’s Super League avant de concéder le nul contre Leicester, Chelsea reste néanmoins invaincu cette saison dans le championnat national. Mais c’est loin d’être le seul objectif de la saison pour les Blues. Car une récompense en particulier manque au palmarès, la Ligue des Champions.
✅Defeated Arsenal at the Emirates for the first time
✅Defeated Liverpool away for the first time since 2019
✅Defeated Man City in the WSL for the first time since 2022
✅Defeated Real Madrid away in the UWCL for the first time in three tries
The Sonia Bompastor Era 🙌 pic.twitter.com/1UnV3oK0mt
— Chelsea women (@CFC__Women) December 17, 2024
Toujours engagée en Coupe d’Angleterre et Coupe de la ligue, la formation de Sonia Bompastor a déjà soulevé à plusieurs fois ces trophées. Mais même si chaque compétition mérite d’être gagnée, la plus prestigieuse d’entre elles est encore à aller chercher. Et autant dire que Chelsea a fait forte impression pour attaquer l’édition 2025 de la Ligue des Champions. Reçues 6/6 lors des phases de poules, les Britanniques se placent parmi les favorites, avec pour ambition de décrocher ce titre qui leur avait échappé la saison dernière, battues en demies par Barcelone, futur vainqueur face… à l’OL de Bompastor. Un premier succès de Sam Kerr et ses partenaires dans le tournoi européen et le nom de la tacticienne française s’inscrirait un peu plus dans l’histoire du football.
Des Blues aux Bleues ?
On pourrait se demander pourquoi n’a-t-elle pas pris les commandes de l’équipe de France féminine. Car sa connaissance du haut niveau féminin, son esprit de compétition et ses résultats ne sont plus à démontrés. Peut-être parce que l’occasion ne s’est pas encore présentée. Si Sonia Bompastor a été pressentie pour succéder à Corinne Diacre, au même titre que Sandrine Soubeyrand ou Gérard Prêcheur, la FFF s’était finalement tournée vers Hervé Renard qui avait fait forte impression en Coupe du monde avec l’Arabie Saoudite quelques mois plus tôt. Les JO terminés et le départ du nouveau sélectionneur acté, Bompastor avait validé son futur sportif avec Chelsea pour une durée de quatre ans, se laissant aussi tenter par ce projet de vie en Angleterre pour elle et sa famille.
Interrogée par l’AFP au sujet de l’équipe de France après sa prise de fonction à Chelsea, la Blésoise fait la part des choses entre le métier d’entraîneur d’une sélection et d’un club, deux choses bien distinctes selon elle. Pour autant, Sonia Bompastor ne ferme pas la porte aux Bleues.
Aujourd’hui, je me sens plus proche du métier d’entraîneure de club avec les joueuses que l’on a à disposition quotidiennement. Si l’opportunité se présente, ce serait difficile de dire non. Je ne suis pas à la recherche mais si cela doit aller dans cette direction, pourquoi pas ?
Des Blues aux Bleues ? Seul le temps nous le dira, demain est un autre jour.


