Handball : La belle rédemption d’Aïssatou Kouyaté
HANDBALL – Après trois ans marqués par les graves blessures, Aïssatou Kouyaté va retrouver l’équipe de France pour le match contre la Roumanie. Le 14 avril prochain. Une belle rédemption pour la Brestoise.
Le sport, et particulièrement le sport de haut niveau, fascine l’imaginaire par la dramaturgie des résultats et des épopées. Mais flatte l’imaginaire par les belles histoires qu’il peut raconter. Celle d’Aïssatou Kouyaté occupe une place de choix. Loin d’être la handballeuse française la plus connue, elle fait son retour dans le groupe France, pour le match contre la Roumanie, le 14 avril prochain. C’est l’histoire d’un mélange parfait entre l’abnégation et la rédemption. Car elle fait son retour en bleu, près d’un an après une rupture totale du tendon d’Achille, lors d’un entraînement… avec l’équipe de France.
Les Brestoises Aïssatou Kouyaté et Audrey Dembélé appelées en équipe de France de handball
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Trois graves blessures en deux ans
Sa troisième grave blessure en moins de deux ans, après deux ruptures des ligaments croisés au genou. La première en avril 2021, pour faucher une carrière en pleine expansion. La Française venait de boucler, quelques mois plus tôt, l’Euro 2020 avec les Bleues. Avec une médaille d’argent à la clé et du temps de jeu pour celle qui évolue alors à Besançon. Peu de temps après, Brest Bretagne Handball annonce sa signature. Le club brestois ne se rétractera pas malgré la blessure subie par Aïssatou Kouyaté. Près de neuf mois de rééducation pour revenir sur le terrain. Pas de Jeux Olympiques, un potentiel titre avec l’équipe de France qui s’envole. Sans elle, la France crée l’exploit à Tokyo.
Quatre buts ce soir pour Aïssatou Kouyaté.
✅Son meilleur total depuis le début de l’Euro
✅Une entrée fracassante
✅Un symbole de la réussite du banc
Retrouvez son portrait ici (pour ceux qui l’ont manqué) : https://t.co/A0FaHL62lr#FRASWE #FRASUE #EspritHandball #Ehfeuro2020 pic.twitter.com/9YNzyzlyGK— Sans Filtre (@SansFiltreOff) December 15, 2020
Un retour, des premières minutes avec son nouveau club. Prête à entrer dans une nouvelle dimension et disputer la plus prestigieuse des compétitions de club : La Ligue des Champions. Et là, le drame. Une nouvelle rupture des ligaments croisés en février 2022. Retour à la case départ. Celle de la rééducation et des kinés. Terminés les rêves de Mondial avec les Bleues, qui termineront deuxièmes de la compétition. Un nouveau purgatoire, les années qui passent et de nouvelles joueuses qui s’installent, que ce soit en équipe de France ou à Brest.
Elle s’accroche et revient. Puis commence à enchaîner les matchs. Et de bons matchs, car elle est appelée en équipe de France en mars 2023. Près de deux ans et demi après. Troisième drame, avec cette rupture du tendon d’Achille. « J’ai pensé à arrêter », confie la joueuse à nos confrères du Télégramme. On peut la comprendre. Mais encore une fois, elle s’accroche. Et revient. Reprend du temps de jeu avec Brest. Dispute de bons matchs en Ligue des Champions, malgré l’élimination de son équipe, le week-end dernier, contre le FTC. Et revient en équipe de France.
Concurrence exceptionnelle en équipe de France
De quoi en faire une prétendante pour les JO ? Aïssatou Kouyaté peut se réjouir d’être rappelée, dans ce groupe élargi de 20 joueuses, par Olivier Kurmbholz. Mais la concurrence pour les JO sera féroce. Seules 14 joueuses seront de la partie, contre 16 pour l’Euro et le Mondial. Et même si on n’aimerait pas être à la place du sélectionneur français, qui fait face à un sacré casse-tête, les joueuses championnes du monde, en décembre dernier, partiront favorites pour les JO. Et encore, parmi elles, il faudra en enlever trois (Océane Sercien-Ugolin avait rejoint le groupe en cours de Mondial). Et, au poste d’arrière droite, Laura Flippes tient la corde, comme Léna Grandveau, demi-centre, mais qui a joué tout le Mondial au poste d’arrière droite, avec grand succès.
Difficile pour la Brestoise de se faire un trou dans cet effectif pléthorique. Quand on sait que des joueuses emblématiques comme Cléopâtre Darleux, Allison Pineau ou encore Béatrice Edwige, piliers du sacre olympique en 2021, pourraient ne pas être du voyage. Comme on a dit, personne n’aimerait être à la place du sélectionneur français. Mais qu’Aïssatou Kouyaté puisse être une prétendante à cette sélection, bien que pas favorite, c’est déjà une sacrée victoire pour elle. Et une sacrée leçon de courage pour tous les sportifs et sportives qui traversent des moments difficiles. Avant de s’envoler, à la fin de la saison, à Buducnost au Monténégro. Pour une première expérience à l’étranger.


