Bleu, Blanc, Rouge #17 : Jérémie Azou – Pierre Houin, le conte de fées


Votre blog dicodusport.fr revient pour vous sur un moment de légende réalisé par des sportifs français. Dans l’épisode 17, le couple d’aviron Jérémie Azou – Pierre Houin devient champion olympique à Rio le 12 août 2016.

Il en existe des histoires extraordinaires dans la mémoire du sport, celle qu’ont vécu Jérémie Azou et Pierre Houin n’a rien d’un conte de Perrault. Il faut remonter à l’origine pour en comprendre les tenants et aboutissants d’un tel scénario. 5 septembre 2015, Jérémie Azou fait équipage avec Stany Delayre. Triple champions d’Europe, victorieux de 35 de leur 36 courses ensemble, ce jour-là, ils décrochent le premier titre du deux de couple poids légers depuis 30 ans. Ils sont irrésistibles et à moins d’un an des Jeux Olympiques de Rio ils se placent comme les favoris ultimes pour arracher le titre qui manque à leur palmarès. Jérémy a 26 ans et Stany 27, bientôt 28. En 2012, le couple finissait au pied du podium olympique à Londres. Après 4 ans de collaboration, ils attendent leur revanche.

3 avril 2016, à quelques mois du rendez-vous brésilien, les championnats de France vont bouleverser la hiérarchie et la vie de 3 athlètes. Comme il est de coutume, et de la même manière que Delayre avait éjecté Frédéric Dufour du bateau olympique qui se dirigeait vers Londres en 2012, les deux premiers de la compétition nationale seront engagés ensemble pour les JO. Entre en scène le troisième larron, Pierre Houin, qui n’a pas encore 22 ans (il les aura le 15 avril). En devançant Stany Delayre, il s’invite au festin et remet en cause l’ordre établit. Le 29 mai 2016, Azou et Houin sont alignés pour l’épreuve de Coupe du monde de Lucerne qui sert de réglage avant les Jeux. Ils s’imposent, le sort en est jeté, ils feront équipe à Rio et Delayre, le malheureux, reste à quai.

Vainqueurs de leur demi-finale et meilleur temps des six engagés pour la finale, le deux de couple français est prêt pour gravir l’Olympe. Ils prennent un départ rapide, Jérémie « Superman » Azou maintient la cadence. Le bateau norvégien tente de s’accrocher mais s’épuise à vouloir suivre la trace des bleus. Les deux frères irlandais reviennent comme des morts de faim, mais les deux compères ne sont pas décidés à lâcher l’affaire. Les 2000 mètres peuvent parfois paraître interminables, comme ils peuvent sembler trop courts. Là, pour le coup, en tête dès les premiers coups de rame, la ligne d’arrivée est bien trop loin. Mais Pierre Houin va se révéler être un redoutable coéquipier et la décision des dirigeants français, un choix judicieux. Il prend le relais de son aîné pour mettre le dernier coup de collier nécessaire et le titre leur tend les bras. La pression était immense sur leurs épaules, suite à toutes ces péripéties, mais leurs épaules étaient décidément bien trop larges pour ne pas y déposer la plus belle des médailles. Jérémie Azou prendra quelques minutes pour se remettre de cet effort acharné. Les frères irlandais terminent à seulement 61 centièmes et auront offert une belle résistance. La France retrouve un titre olympique après lequel elle courrait depuis plusieurs olympiades (la dernière remontant à Athènes, en 2004 avec Sébastien Vieilledent et Adrien Hardy en deux de couple). Il s’agit du troisième titre de la délégation française à Rio et la douzième médaille.

1 an après leur victoire, les deux champions olympiques reviennent sur leur titre

Jérémie Azou : « J’ai l’impression que c’est loin alors que c’était il y a un an. Sûrement parce que nous sommes projetés sur les prochains championnats du monde. Chaque fois je me dis « whoua, c’était chaud ! Il s’en est fallu de peu pour que le titre nous échappe ». Mais c’est toujours un plaisir de se rappeler qu’on l’a fait 😅👌. »

Pierre Houin : « Un an après, les émotions sont bien retombées, puisqu’il a fallu se concentrer sur la suite, au quotidien. Mais cette année aura servi, comme je le pensais, à me rendre compte de ce que cela représente. Je suis plus conscient de ce que nous avons réalisé un après après, que sur le moment à Rio. Malgré tout, je replonge dans cette journée du 12 août à chaque fois que je me retrouve devant une vidéo qui la retrace. Les souvenirs, eux, sont intactes et le resteront toujours ! »

Alexandre Toussaint

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