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Athlétisme

JO 2024, ces Bleus qui peuvent surprendre : Pablo Matéo (athlétisme)

Victor Clot-Amiot

Publié le

JO 2024, ces Bleus qui peuvent surprendre Pablo Matéo athlétisme
Photo Sona Maleter

JO PARIS 2024 – Loin de se livrer au jeu des pronostics, Dicodusport vous propose de découvrir une série d’athlètes français qui pourraient profiter des Jeux Olympiques pour se révéler un peu plus aux yeux du grand public. Non cités parmi les favoris, parfois méconnus ou fort d’un palmarès peu fourni, certains d’entre eux ont tout pour briller à Paris. De là à aller chercher une médaille, seul l’avenir nous le dira. Aujourd’hui, focus sur le sprinteur Pablo Matéo.

Direction les États-Unis

En début de saison, il fallait avoir les yeux rivés outre-Atlantique si l’on s’estimait être un amateur d’athlétisme. En effet, à ce stade de l’année, alors que les meetings de Ligue de Diamant reprenaient doucement leur rythme, la saison estivale était déjà bien lancée aux États-Unis. La raison ? Les universités américaines se livrent bataille à cette période lors de compétitions offrant des plateaux très relevés. De très nombreux athlètes américains – et mondiaux – sont effectivement liés à une université. Le système universitaire américain et l’agence Track and field – Elite Athletes apparaissent pour beaucoup comme le meilleur moyen de lier le sport à haut niveau et les études.

De fait, il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre l’intérêt autour de ces compétitions printanières. Du côté des Français, nombre d’entre eux ont décidé d’aller fouler les tartans américains. Parmi eux, Pablo Matéo, sprinteur de 23 ans, sélectionné au sein du 4x100m lors des derniers championnats d’Europe en 2022, et du monde en 2023, mais qui ne comptait encore aucune sélection individuelle en grand championnat. Le moins que l’on puisse dire est que le jeune sprinteur semble avoir passé un cap, tant il a impressionné.

Sa saison estivale a débuté tôt, très tôt même. Le 16 mars dernier, le natif d’Evry disputait l’Arizona spring break fiesta, modeste compétition dont les listes de départ ne contenaient aucun grand nom. Sa participation s’inscrivait ainsi dans le cadre du programme mené par l’ancien sauteur en hauteur français, Mickael Hanany, le Hanany Oly Projet. L’équipe d’athlètes, basée à El Paso au Texas, alignait ainsi plusieurs de ses membres comme Fanny Peltier ou Ryan Zeze. Matéo signait donc, pour sa rentrée, deux chronos très probants de 10.17 sur 100m et 20.25 sur 200m. Remarquable performance alors que son record personnel était alors de 20.82.

Un nouveau cap de franchi

Mais le Français ne s’est pas contenté de ces temps. Aligné sur les Texas Relays, dont les listes de départ présentaient des noms plus connus – Chijindu Ujah, Emmanuel Matadi ou encore Sondre Guttormsen et Josephus Lyles – le Français crevait l’écran. Auteur de 20.03 sur 200m (vent à la limite autorisée, 2m/s) et 9.92 sur 100m (3m/s, chrono non homologué), Pablo Matéo validait ainsi les minima olympiques sur le demi-tour de piste. En 2022, ce chrono lui aurait permis de décrocher l’or aux Championnats d’Europe tandis qu’il aurait été le troisième performeur européen la saison dernière. Il devient ainsi le troisième performeur français de l’histoire sur la distance.

Le 26 avril, Matéo validait ce nouveau statut en réalisant 20″12 lors des East Coast Relays de Jakcsonville en Floride, où de nombreux Français étaient présents en stage afin de préparer les Relais Mondiaux qui se sont tenus début mai. Néanmoins, ce temps, réalisé dans des conditions de vent au-delà de la limite autorisée (3,1m/s) n’a pas été homologué.





Une première participation aux Championnats d’Europe début juin

L’essentiel est ailleurs. La France, à la peine depuis quelques saisons sur le sprint, se trouve peut-être à travers Matéo, un nouveau leader à quelques semaines des Jeux. Néanmoins, cela ne sera pas sur 100m où le Français n’a pas réalisé les minima demandés (10.00). Il s’en est approché lors des Championnats de France en s’imposant en finale avec un temps de 10.08. Pour la première fois, depuis 1932, aucun tricolore ne disputera l’épreuve reine de l’athlétisme.

Le Français disputera néanmoins le 200m et sera sans doute revenchard après sa disqualification en finale lors des Championnats d’Europe, début juin, alors qu’il venait de remporter sa demi-finale. Une première expérience amère, accompagnée d’une 8e place sur 100m, lui qui venait de perdre son frère, quelques jours auparavant.

Si la médaille est pour l’heure utopique sur 200m, une place en finale serait déjà une performance remarquable. Mais un autre objectif est sans doute dans un coin de sa tête… le record de France du 200m, détenu par Christophe Lemaitre, en 19.80…

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