JO : Ils ont obtenu la première médaille de leur pays… Les Fidjiens du rugby à 7 (Fidji)
JO 2024 – Alors que les Jeux Olympiques de Paris approchent de plus en plus, Dicodusport vous propose de revenir sur une série de performances notables. Durant les prochaines semaines, vous découvrirez l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont pour point commun d’avoir offert à leur pays la première médaille olympique de son histoire.
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Un jour pour l’histoire
Suva, capitale des îles Fidji, 10 heures du matin, jeudi 11 août 2016. Inutile de chercher à faire ses courses ou d’espérer voir son banquier en rendez-vous. Ce matin-là, c’est toute une nation qui avait rendez-vous avec son histoire. Les parents ont bien accompagné leurs enfants à l’école, avant de se rendre à l’HFC Bank Stadium où 15 000 iliens se sont donnés rendez-vous. Alors que les plus jeunes étaient devant le match – la plupart des écoles ayant décidé de le diffuser – les autres garnissaient les tribunes du stade afin d’encourager les leurs à plus de 13 500 kilomètres de là.
@sumostevenson Notice @ the Westpac Bank in Suva..😂🙌🏿 pic.twitter.com/vH1Dozw0k6
— KeriBale3 (@Bale3Keri) August 11, 2016
Et pour cause, l’équipe nationale s’apprêtait alors, à Rio, à disputer la finale olympique du tournoi de rugby à 7 masculin, le premier dans l’histoire des Jeux Olympiques. Hormis la possibilité d’écrire l’histoire de leur sport, les coéquipiers d’Osea Kolinisau, capitaine et porte-drapeau de la délégation, allaient offrir à l’archipel, la première médaille olympique de son histoire. Restait alors à déterminer la couleur du métal. Jusqu’alors, les Fidjiens avaient envoyé une délégation lors de 13 des 15 dernières éditions, leur première participation remontant aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956.
Cette année-là, quatre hommes étaient engagés. Mesulame Rakuro réussit, à cette occasion, l’honorable performance de rallier la finale, au lancer du disque (8e en qualifications, 15e et avant-dernier de cette finale). Depuis, la meilleure performance du pays lors des Jeux Olympiques remonte aux Jeux de Sydney en 2000. Tony Philip, véliplanchiste émérite aux cinq participations consécutives, entre 1984 et 2000 finissait 10e dans sa discipline, tandis que Kesaia Tawai, jeune femme haltérophile de 20 ans, terminait 9e de sa catégorie, bien qu’il n’y eût que neuf concurrentes.
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La voie royale vers la finale
Alors, il est possible de mesurer l’effusion qui pouvait nourrir les travées du stade de Suva. Loin d’ici, sur la pelouse de Deodoro, la foule garnissait la quasi-totalité des 15 000 sièges oranges, jaunes et verts, du stade, construit pour l’occasion. Jusqu’ici, le parcours des Flying Fijians était parfait. Vainqueurs de l’IRB Sevens World Series 2014-2015 et du World Rugby Sevens Series 2015-2016 après le changement de dénomination de l’institution, les Fidjiens se présentaient à Rio comme favoris crédibles au premier titre olympique.
En poules, leur tournoi débute idéalement par trois victoires 40-12 contre le Brésil, pays hôte, 21-14 contre l’Argentine le 9 août puis 24-19 contre les États-Unis le lendemain. Ce bilan, marqué par un jeu prolifique, n’est ni plus ni moins que le meilleur de toutes les équipes engagées : les Fidji totalisent 9 points (+42) soit autant que la Grande-Bretagne, mais qui dispose d’une différence de points inférieure (+28). Le véritable test intervient en quarts de finale contre la Nouvelle-Zélande. Les Fidjiens s’imposent sur le fil, 12-7, grâce à deux essais signés Osea Kolinisau et Jerry Tuwai. En demi-finale, les Océaniens validaient la première médaille de leur délégation en disposant facilement des étonnants Japonais (20-5), tombeurs des Français en quarts.
Les dieux du rugby étaient fidjiens
En finale, les Fidjiens affrontent les Britanniques. Jeux Olympiques obligent, la sélection comprend les meilleurs joueurs de l’Angleterre, du Pays de Galles et de l’Écosse. Les partenaires de Leone Nakarawa et de Josua Tuisova, bien connus chez les amateurs du Top 14, restaient alors sur une défaite contre l’Angleterre et une victoire sur le Pays de Galles en mai. Auteur d’un début de match tonitruant, l’archipel du Commonwealth, depuis l’accession à l’indépendance en 1970, plie la rencontre dès la première mi-temps. Au changement de côté, le score est déjà de 29-0, cinq essais à rien. Tuisova et Viliame Mata accentuent la marque en deuxième période, alors que Dan Norton sauve l’honneur de la Grande-Bretagne.

Victorieux 43 à 7, les Fidji remportent la première médaille olympique de leur histoire et leur premier titre de surcroît ! L’émotion des joueurs restera à jamais marquée par une image. Celle des joueurs, unis en rond, sur le terrain, yeux fermés et chantant à l’unissons le chant E da sa qaqa à la gloire de leur seigneur. Les Flying Fijians offrent ainsi aux leurs, un titre salvateur alors qu’à Suva, c’est un climat d’union nationale qui prévaut, en atteste la chanson Go Fiji Go enregistrée en soutien à leurs joueurs. Ce climat d’allégresse et de fête contraste avec les années difficiles connues par le pays au début du siècle, marquées par différents coups d’État.

Une équipe de précurseurs
À l’image de la médaille d’Alessandra Perilli pour Saint-Marin, l’or acquis par les Fidjiens aura pour mérite de lancer une véritable dynamique pour l’archipel. Grâce à la participation de l’équipe de football (éliminée prématurément), les Jeux Olympiques de Rio correspondaient au plus fort contingent fidjien lors d’une édition. La suivante, en 2021, permet, elle, au pays de battre son record de médailles. Les hommes réussiront à conserver leur titre alors que ces succès inspireront les femmes qui, en s’imposant contre la Grande-Bretagne, obtiennent leur première médaille de bronze. Le comité fidjien termine ainsi 59e au tableau des médailles, devant des pays tels que le Maroc, la Colombie, l’Argentine ou bien le Mexique et l’Arabie Saoudite. Fort, pour un pays de moins d’un million d’âmes (900 000).


