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Volley-Ball

La Finlande, un cadeau empoisonné pour les Bleus en demi-finale de l’EuroVolley ?

Sébastien Gente

Publié le

La Finlande, un cadeau empoisonné pour les Bleus en demi-finale de l'EuroVolley
Photo Icon Sport

CHAMPIONNAT D’EUROPE HOMMES DE VOLLEYBALL 2026 – Les Bleus affronteront en demi-finale la Finlande, qui a battu le favori italien. Pas forcément une bonne nouvelle.

L’équipe de France hommes de volleyball fait partie du gratin mondial, aucun doute là-dessus. Les Bleus sont doubles champions olympiques en titre (2021, 2024) et ont gagné quatre fois la Ligue mondiale / Ligue des nations (2015, 2017, 2022, 2024). Mais en ce qui concerne les autres compétitions, ce n’est pas à la hauteur de leur palmarès.

Les Championnats du monde résistent toujours à la France, qui n’y a décroché qu’une seule médaille, le bronze en 2022. Et question Championnats d’Europe, les Bleus ont bien été sacrés en 2015. Mais lors des quatre éditions suivantes, ils n’ont pas raflé la moindre médaille, terminant deux fois au pied du podium. Et notamment lors de la dernière édition en 2023.

Un autre genre de défi pour les Bleus

Indiscutablement, la France restait candidate à la médaille lors de cet EuroVolley. Pour l’instant, les Bleus sont à la hauteur des attentes. Les demi-finales étaient l’objectif minimum au vu du talent de l’effectif constitué par Andrea Giani. Rien d’étonnant donc à les voir présents dans le dernier carré. Mais comme on l’a vu lors de la dernière édition, demi-finale ne rime pas forcément avec médaille.

Et initialement, les Français étaient prêts à un grand défi ce vendredi soir. L’Italie, parmi les quatre pays organisateurs, et qui accueille les demies et la finale. Mais l’Italie, c’est surtout un des monstres actuels du volleyball. Tout simplement la nation double championne du monde en titre, championne d’Europe en 2021, en argent en 2023. Un choc quatre étoiles présumé pour les Bleus. Sauf que ce ne sera pas le cas.

Mercredi soir, les Transalpins ont bataillé jusqu’au bout du tie-break, mais ont fini par rendre les armes contre la sensation de cet EuroVolley : la Finlande. Malgré toute son expérience et son effectif royal, la Squadra Azzurra ne jouera pas la finale et tout le monde en a été quitte pour une énorme surprise. Une bonne nouvelle pour les Bleus ? Pas forcément.



La Finlande, c’est sérieux, et pas que lors de l’EuroVolley

En effet, la Finlande, c’est un très mauvais souvenir pour la France, et ce souvenir n’est pas si lointain. Lors des derniers Mondiaux, en septembre 2025, les Bleus, après une victoire inaugurale aisée contre la Corée du Sud, avaient concédé une défaite alors totalement surprenante. Menés deux fois d’une manche, ils avaient réussi à arracher un set décisif avant de s’écrouler. Une défaite qui avait précipité une élimination pas loin d’être honteuse dès le premier tour pour les champions olympiques en titre.



19-25, 25-17, 27-29, 25-21, 9-15, un score qui représentait bien le combat qu’avait été la rencontre. Mais à l’époque, cette défaite sortait de nulle part. Certes, deux jours avant, les Scandinaves avaient poussé au tie-break une nation référencée, l’Argentine (qui éliminera les Bleus ensuite), mais jamais ils n’avaient mis un pied en Ligue des nations, ni même aux Jeux Olympiques. Et jamais ils n’étaient sortis des poules aux Mondiaux.

Le début de la révélation pour une nation qui a, depuis sa campagne aux Mondiaux 2025 (terminée en 8e de finale contre la Belgique), remporté 17 de ses 20 derniers matchs. Un jeu offensif brillant, une débauche d’énergie continuelle, et un mental à toute épreuve. C’est surtout dans ce domaine que les progrès sont les plus importants : totalement vidés après leur exploit en phase de poule aux Mondiaux, ils n’avaient pu confirmer. Cette fois, l’affaire est différente.

Les Bleus attendus

Comme les Bleus, les Finlandais ont lâché le dernier match de poule, contre l’Estonie, après avoir remporté les quatre premiers. Et notamment en prenant leur revanche sur la Belgique, ou en battant des nations solides comme la Serbie ou les Pays-Bas. Et en 8e de finale, ils ont encore une fois eu du mal à évacuer leur performance du premier tour, mais ont trouvé les ressources mentales pour assommer la Grèce au finish.

Tout ça avant un exploit incroyable donc. Battre l’Italie, en Italie, pour une nation cataloguée en deuxième division européenne, on frôle le génie. Mais avoir en prime deux joueurs qui dépassent les 20 points contre les favoris, c’est la preuve des progrès et de l’étoffement d’un effectif qui ne repose pas que sur Joonas Jokela (28 points), la révélation des derniers Mondiaux avec sa puissance phénoménale en attaque.

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D’autres évoluent désormais dans les plus grands championnats européens, comme Luka Marttila (22 points). Severi Savonsalmi (Montpellier) et Nooa Marttila (Sète) évoluent d’ailleurs en Marmara Spike Ligue (désormais Alterna Volstar). Une équipe dense, puissante, redoutable en attaque, épatante en réception, qui n’aura plus peur de personne après un tel exploit.

Pour les Bleus, le piège est béant : un relâchement et un soulagement après avoir évité l’Italie qui se transformerait alors en désillusion. Finalement, peut-être que cette défaite aux Mondiaux sera une bénédiction : le groupe finlandais n’a pas changé (12 des 14 joueurs étaient présents l’an dernier), et ce souvenir devrait offrir un surcroît de motivation à l’équipe de France. Mais cela ne change rien : le défi sera immense pour enfin s’assurer la médaille.

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