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Cyclisme sur route

Le cyclisme français face au manque de moyens : comment les équipes s’adaptent

Etienne Goursaud

Publié le

Le cyclisme français face au manque de moyens comment les équipes s’adaptent
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE – Confrontées à la réalité budgétaire, comment les équipes françaises s’adaptent-elles pour performer ?

Face aux armadas comme UAE Team Emirates XRG ou encore Red Bull–Bora–Hansgrohe, aux budgets quasiment illimités, c’est la question que se pose actuellement le cyclisme français. Une interrogation qui s’est sans doute renforcée après la disparition de B&B Hotels-KTM en 2022, puis celle plus récente d’Arkéa-B&B Hotels à la fin de la saison dernière. Cette dernière évoluait en WorldTour, le plus haut échelon du cyclisme mondial.

Aujourd’hui, tant économiquement que sportivement, le cyclisme français est en souffrance. Cofidis a été relégué à l’échelon inférieur, sanctionné par des résultats sportifs insuffisants. On exclut volontairement de cette analyse la formation Decathlon–CMA CGM, en train de devenir un véritable mastodonte, avec un budget dépassant les 40 millions d’euros.

Hors Decathlon, Groupama-FDJ United possède le plus gros budget

Le plus gros budget du cyclisme français, hors la formation savoyarde donc, est celui de Groupama-FDJ United, avec environ 20 millions d’euros lors de la saison 2025 (chiffre encore inconnu pour 2026). À l’arrivée de Groupama en tant que sponsor titre en 2018, l’alliance entre la société d’assurance mutualiste et l’entreprise de jeux permettait à la formation dirigée jusqu’il y a peu par Marc Madiot de figurer parmi les meilleures équipes mondiales.

Au bout de la saison 2028, l’équipe s’offre un Monument avec la victoire de Thibaut Pinot sur le Tour de Lombardie. Le Français remporte également deux étapes de la Vuelta et y signe un top 10 au classement général, après être passé tout près d’un podium sur le Tour d’Italie. Si la formation ne figure pas dans le top 10 du classement UCI par équipes en 2018 et 2019, elle est alors capable de coups d’éclat.

Avec un budget de 19 millions d’euros en 2019, seulement un million de moins qu’en 2025, la formation tricolore restait loin d’INEOS Grenadiers (39 millions), mais faisait partie des grosses structures du peloton du Tour de France.

Début 2026, selon La Gazzetta dello Sport, le budget moyen des équipes WorldTour atteignait 33,1 millions d’euros, en hausse de plus de 50 % en cinq ans. Une inflation que les équipes françaises n’ont pas pu suivre, souffrant désormais de la comparaison avec Decathlon–CMA CGM.





Un recrutement très français des équipes tricolores

Si Decathlon–CMA CGM a axé son recrutement sur l’international, avec notamment Olav Kooij et Matthew Riccitello, les autres formations françaises privilégient un recrutement beaucoup plus hexagonal. On retrouve ainsi des coureurs confirmés comme Clément Berthet chez Groupama-FDJ United, Hugo Page chez Cofidis ou encore Geoffrey Bouchard chez TotalEnergies.

Mais aussi des paris sur l’avenir, à l’image de Matteo Milan chez Groupama-FDJ. Cofidis, formation historiquement liée à la Belgique, a également profité de la disparition d’Arkéa-B&B Hotels pour récupérer Jenthe Biermans. Globalement, les équipes françaises ont su tirer parti de cette situation.

Une formation qui fonctionne, mais souvent pillée

La formation est également au cœur du projet de plusieurs équipes. Groupama-FDJ a lancé sa structure continentale en 2019 et promeut Maxime Decomble en 2026, auteur d’une excellente saison chez les Espoirs, porteur du maillot jaune sur le Tour de l’Avenir, vainqueur de Paris-Tours Espoirs et vice-champion d’Europe U23.

D’autres talents montent en responsabilité, comme Thibaud Gruel. Cofidis mise également sur la jeunesse avec Louis Rouland ou Yaël Joalland, formé à la CIC Pro Cycling Academy.

Ces formations continentales restent des viviers essentiels malgré la multiplication des équipes de développement WorldTour. Jordan Jegat, brillant 10e du dernier Tour de France, a été formé à Nantes, tout comme Jason Tesson. Chez les femmes, Marion Bunel suit un parcours similaire.

Malgré tout, même les meilleures équipes françaises peinent à retenir leurs talents. Groupama-FDJ a ainsi perdu Laurence Pithie, Lenny Martinez et Jake Stewart en 2025, puis Lewis Askey cette saison. Même Decathlon–CMA CGM a dû laisser partir des éléments solides comme Benoît Cosnefroy vers UAE Emirates XRG, Dorian Godon chez INEOS Grenadiers ou Bruno Armirail chez Visma | Lease a Bike.

Face à un cyclisme toujours plus rapide et à des budgets en constante augmentation, le cyclisme français tente de se réinventer, loin des grandes stars et des paillettes, mais avec courage.

 

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