Louise Maraval : « Je me rends compte que Paris n’est plus inatteignable »
ATHLÉTISME – Louise Maraval est une des révélations 2023 de l’athlétisme français, double médaillée aux Europe espoirs puis championne de France élite du 400 m haies. Elle a surtout fait sensation en Finlande, avec son finish incroyable, lors du titre espoir européen des Françaises sur 400 m haies. Les comparaisons avec Floria Gueï et son finish en 2014 n’ont pas manqué. Flashée en 50.60, elle est entrée dans les 10 meilleures françaises de l’histoire sur un 400 m lancé. Louise Maraval s’est confiée sur sa saison et son choix de privilégier le tour de piste, elle qui pratiquait auparavant les épreuves combinées.
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Avec ces deux médailles en Finlande, il y a forcément eu un déclic, que ce soit sur 400 m haies ou 400 m ?
Louise Maraval : « C’était prévu qu’un jour, je passe sur 400 m et 400 m haies. Ce n’est pas une surprise, mais cela me conforte dans mon choix. Je savais qu’il y avait de belles choses à faire sur ces disciplines. C’est vraiment chouette.
Pourquoi ce choix ? Car tu étais également très performante sur les épreuves combinées ?
J’ai toujours été assez douée (elle met des guillemets) dans les courses. J’avais eu l’occasion de faire le 4×400 il y a deux ans et on avait fait une médaille (NDLR, avec Sokhna Lacoste, Camille Seri et Shana Grebo, record de France espoirs à la clé en 3:30.33). Je savais que j’avais des aptitudes. Et j’aime beaucoup ce type d’effort lactique. Je ne regrette pas mon choix et je pense que les combinés m’ont apporté une bonne formation. Mais le moment était venu de changer.
C’est totalement derrière toi les épreuves combinées ?
Pour le moment oui. Après je ne vais pas cacher que j’aime beaucoup et que cela me manque. J’en ferai peut-être plus tard. Mais pour le moment, on se concentre sur le 400 m et le 400 m haies.
On a beaucoup parlé de la Finlande, mais cet hiver, tu passes tout près du record de France espoirs. Est-ce que c’était déjà un premier déclic ?
Oui, car c’était ma première saison sur 400 m. C’était positif ! Je n’avais pas eu l’occasion de faire beaucoup de courses à la bagarre avant les France. Voir qu’à la bagarre, le chrono pouvait descendre, c’était hyper positif. Je sais que je suis quelqu’un qui aime courir avec de l’adversité et cela m’a conforté dans ce sens. Et cela m’a encore plus donné envie pour la suite.

Tu te vois doubler les deux distances à l’avenir ?
(Elle rigole) Dans des championnats c’est compliqué tout de même, je ne suis pas Femke Bol et je ne suis pas rendue à faire cela (elle rigole de nouveau). Pour l’instant, je n’ai pas encore réussi à montrer ce que je valais sur le 400 plat en solo. J’y arrive davantage en relais, car c’est de la confrontation directe. Mais j’aime beaucoup mes haies et je vais avoir du mal à les lâcher. Pour le moment, je continue les deux.
On a dû beaucoup te parler de ce relais en Finlande ? Au-delà de ta remontée, c’est ton chrono lancé qui est hyper intéressant.
Complètement. Je savais qu’à la bagarre j’étais capable d’accélérer. C’est vraiment cool de casser des barrières. Sur le coup, je n’ai absolument pas réfléchi, j’ai suivi et j’ai tout fait pour gagner. C’est là qu’on se rend compte que tout est possible et qu’il ne faut pas se mettre de limites. Quand on débranche le cerveau, cela peut vraiment faire des chronos. C’est prometteur pour la suite.
Tu as fait cela dans la foulée de ta finale au 400 m haies. Cela prouve aussi tes facultés de récupération.
Cela vient aussi des épreuves combinées. Cela m’a énormément servi. Dans le sens que cela ne me faisait absolument pas peur d’enchaîner des efforts comme cela. Que ce soit physiquement ou nerveusement, je savais qu’après ma finale du 400 m haies, je serai capable de me reconcentrer pour le relais. Toute mon éducation reçue en épreuves combinées m’a été hyper utile dans ces moments-là.

Cela t’a apporté d’autres choses les épreuves combinées ?
Sur le plan technique, cela m’a appris à me servir de mon corps, avec toutes les disciplines, dont les lancers. Cela m’apporte une connaissance de mon corps et de moi. Cela a développé toutes mes capacités physiques, car on ne s’est pas concentré sur une seule chose.
Comment as-tu abordé ces championnats de France élite ? Il y avait de la fatigue ou juste un surplus de motivation ?
Un peu des deux. Il a fallu prendre le temps de digérer les Europe, que ce soit physiquement, parce que j’ai enchaîné plusieurs courses, mais aussi nerveusement, parce que j’ai vécu des émotions incroyables. Mais on a bien travaillé sur cela avec mon coach. Pour passer à autre chose. Ce sont mes premiers France élite sur 400 m haies et vivement demain (NDLR : interview faite après sa série et à la veille de la finale, qu’elle a remporté).
Est-ce que tu penses déjà à 2024 et les JO de Paris ?
Forcément. Je me rends compte que le chrono descend sur 400 m haies. Et que je suis capable de certaines choses à la bagarre. L’objectif va être d’essayer de rentrer dans de gros meetings. Pour aller chercher des points au ranking. Se rapprocher des minima serait le top. Sinon, on va tenter des gros meetings.
Et encore plus avec ta saison.
Avec le chrono qui descend, cela me rapproche du niveau requis. Je sais qu’il y a des filles qui vont aller à Budapest qui sont dans mes chronos. Mais elles ont plus de points au ranking. Cela me fait me rendre compte que ce n’est pas quelque chose d’inatteignable. Et cela me rapproche de mon objectif.

En sachant que tu pratiques une discipline qui nécessite de la maturité.
Complètement. Je vois que je suis encore en train d’apprendre. Chaque course que je fais est différente. C’est hyper positif, cela me permet d’apprendre. J’apprends chaque jour.
Et Budapest dans le relais, tu y penses aussi ? (interview faite avant la sortie de la sélection française)
Je ne vais pas mentir. Oui j’y pense. Je sais ce que j’ai fait, mais cela ne dépendra plus de moi. Je ne vais pas refaire de 400 m plat. On va attendre de voir ce qui sera décidé. J’espère que je serai dans la liste.
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