Louise Maraval : « Je ne sais pas encore jusqu’où je peux aller »
ATHLÉTISME – Six mois après un premier entretien pour Dicodusport, Louise Maraval a accepté de répondre à nouveau à nos questions en marge de la préparation d’un nouvel épisode de la série « Ces Bleus qui peuvent surprendre aux JO » qui paraîtra au cours des prochaines semaines et qui se focalisera sur les relais 4×400 mètres femmes et mixte. Pour l’heure, les lignes qui suivent se concentrent sur l’athlète et sa carrière individuelle.
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Louise Maraval : « En individuel, pour moi l’objectif, c’est vraiment le 400m haies »
Cette année, tout s’est accéléré pour toi, entre ton titre aux Championnats de France Elite, ta médaille d’argent aux Championnats d’Europe espoirs, le titre avec le relais et une participation aux Championnats du monde Elite avec les relais. La saison a donc été longue, que s’est-il passé pour toi depuis ?
Louise Maraval (championne de France en titre du 400m haies) : Une bonne coupure d’abord, pour récupérer de tout ça, puis une belle préparation. J’ai pu partir en stage avec l’équipe de France au mois de décembre en Afrique du Sud et là j’ai fait deux compétitions en salle et j’aurai les Championnats de France élite pour finir la saison hivernale.
🥈 VICE-CHAMPIONNE D’EUROPE U23 !
🇫🇷 Louise Maraval prend la 2e place de la finale du 400 m haies en 55 »83, son nouveau record ! Incroyable fin de course !
💥 C’est la dixième médaille de la France à #Espoo2023 !
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— FFAthlétisme (@FFAthletisme) July 16, 2023
En parlant du stage en Afrique du Sud, c’était ton premier stage en décembre avec l’Équipe de France. Qu’est-ce qu’il t’a apporté ?
C’était vraiment très bien, on avait de très bonnes conditions. On s’est tous retrouvés et on a donc bien travaillé !
Ce stage, plus les Championnats du monde, ont-ils permis selon-toi de créer un socle pour le relais, même s’il y a beaucoup de monde qui peut prétendre à une sélection ?
Il y a une grosse densité, donc on ne sait pas qui sera présent à chaque championnat. Mais cela crée du lien et c’est très important pour la perf’, le fait de se connaître etc… Après, c’est sûr qu’il n’y a rien de fait pour les grands championnats, mais se retrouver comme ça, c’est important.
En regardant le calendrier, la saison qui s’annonce risque d’être encore plus longue que la précédente. Tu es engagée en salle, il y a les relais mondiaux, les Championnats d’Europe, les Championnats de France, déterminants pour la sélection olympique, les Jeux, des meetings, de Diamond League potentiellement. En quoi est-ce que ta préparation diffère dans de telles circonstances ? Il y a la gestion du pic de forme qui doit être déterminante…
Oui, tout à fait, cela va changer des choses ! Pour l’instant, je n’ai pas commencé la préparation estivale, donc on va étudier cela avec mon coach. Mais en plus du fait qu’il y ait plusieurs gros événements, ils sont plus tôt. Le premier [les Relais Mondiaux] tombe début mai, donc il faut essayer d’être en forme relativement tôt. C’est un facteur qu’il faut prendre en compte.
La préparation va être différente, mais puisque je suis relativement nouvelle sur le 400 et le 400 m haies, cela ne va pas vraiment me perturber, car je n’ai pas vraiment une préparation type. Ce n’est pas comme si cela faisait cinq ans que je faisais la même chose et que j’avais une routine de rentrée.
Justement, tu évoques le 400 m et le 400 m haies : l’été dernier, tu expliquais à Dicodusport que tu comptais continuer les deux disciplines pour l’heure. Depuis le temps qui s’est écoulé, tes plans sont-ils toujours les mêmes en cette année olympique ? Là, tu viens de battre ton record sur le 400m plat (indoor) mais tu es plus proche des minima olympiques sur le 400m haies (record en 55.83, minima à 54.85).
En individuel, pour moi l’objectif, c’est vraiment le 400 m haies. Après l’hiver, je fais du 400 m plat en salle, car il n’y a pas les haies et l’été je compte faire un peu de 400m plat pour les relais, mais sinon individuellement parlant, on est sur le 400m haies.
Louise Maraval : « J’aimerais bien participer aux Championnats d’Europe et puis si possible aller chercher les minima pour les Jeux »
Tu viens de signer ton meilleur temps indoor sur le 400 m, qu’est-ce que cela annonce à tes yeux pour l’été ? Tu te fixes des objectifs précis ?
Oui, forcément, j’ai des objectifs, mais après, on va voir. Je suis relativement nouvelle sur les disciplines, je ne sais pas encore jusqu’où je peux aller. J’ai des chronos en tête, après, on verra, mais je donnerai le maximum, c’est sûr. Concernant le 400 m plat je ne sais pas trop où je vais en courir, ni quand… ce sera à voir. Là, l’objectif, c’est le 400m haies en individuel avec les minima.
Tu vises les minima olympiques ou ceux des Championnats d’Europe ?
Les deux du coup ! Ceux pour les Championnats d’Europe sont à 55.70 donc j’aimerais bien y participer et puis si possible aller chercher les minima pour les Jeux qui représentent quand même un gros chrono. Mais pour l’instant, c’est dur de se rendre compte, car je n’ai pas encore couru de 400 m haies, donc on verra lors des premières compétitions où j’en suis pour aller chercher ces gros chronos.

Avec autant d’objectifs, tu dois te dire « je veux être présente partout », mais cela doit être difficile de gérer cela et d’être en forme partout sur une saison aussi longue…
Oui complètement. Après, je pense que je prends beaucoup les compétitions étape par étape. Si demain, je me retrouve sur une compétition, je vais vouloir tout donner et je laisse mon coach gérer la planification. Même s’il y a d’autres compétitions après, je donnerai tout à l’instant T.
Comment parviens-tu à composer entre le sport de haut niveau et tes études ?
J’ai dédoublé mon Master 1 en deux ans, donc là, j’en suis dans la deuxième partie, et je vais aussi dédoubler mon Master 2. Normalement, je serai diplômée en 2026. Donc ce n’est pas rien, mais honnêtement, même si ce n’est pas un choix anodin, je suis très contente de l’avoir fait et je ne regrette pas du tout. J’ai une responsable de master qui est incroyable avec moi, qui me comprend et me soutient dans mon projet et forcément ça m’a aidé à avoir les résultats que j’ai réalisés l’année dernière. Je suis sereine, car je sens que je suis accompagnée et que mes professeurs sont compréhensifs.


