Luc Tardif : « La création de la fédération est ce qui me rend le plus fier »
Suite au premier volet concernant sa future candidature au poste de président de la Fédération Internationale de Hockey sur Glace, Luc Tardif est également revenu pour Dicodusport sur ses quinze années passées à la tête de la FFHG. De la création de cette dernière en passant par l’organisation des championnats du monde en France, ou encore une toujours possible qualification olympique pour une Équipe nationale, l’ancien joueur fait le bilan.
Une équipe cohérente pour accompagner
« J’ai vraiment attaqué ce dernier mandat en disant que l’on va travailler à trois avec mon secrétaire général, et un vice-président exécutif en se partageant les tâches pour qu’à la fin du mandat, on dispose d’une équipe fédérale qui soit déjà au fait de la situation, même s’il y a bien sûr des élections. Je ne me retirerais jamais du hockey, quand on est passionné, la flamme ne s’éteint pas. Cette année j’ai pris un petit peu de recul, et je suis rassuré par la façon dont l’équipe a géré les affaires courantes.
Je suis ravi d’avoir pu garder l’équipe de base avec laquelle on a créé la fédération. A partir du moment où elle reste fidèle, et me suit jusqu’au bout, je ne pense pas être maso. On a intégré de nouvelles personnes en lesquelles j’ai entièrement confiance. »
La création de la FFHG, la base de tout
« J’ai gagné des championnats en tant que joueur mais ce qui me rend le plus fier, c’est la création de la Fédération Française de Hockey sur Glace. Il n’y a pas eu de trophée au bout mais cela reste une victoire d’équipe. Je suis rentré dans un monde au sein duquel il y a de la politique. On a pas les mêmes armes même si dans le sport on est habitués à se préparer, on sait gagner comme l’on sait perdre, et on analyse tout ça après. On rentre dans un environnement différent, et il fallait sortir de cette fédération des sports de glace. Je ne fais pas un jugement de valeur mais le patinage est un sport artistique alors que le hockey sur glace est un sport collectif.
On a eu une chance avec les jeux de Salt Lake City en 2002, et l’histoire de la corruption des juges qui a mis en difficulté Didier Gailhaguet à l’époque. Nous, on y a vu une petite ouverture, et là c’est l’instinct du buteur qui parle ! Le hockey essayait d’avoir de l’indépendance depuis des décennies en France. René Fasel m’a aidé à cette époque-là alors que la France faisait candidature pour les Jeux Olympiques de 2012 finalement attribués à Londres. Il y a eu une fenêtre de tir dont on a profitée, et c’est ça qui me rend le plus fier. »
AG. Durant son allocution, le Président Luc Tardif est revenu sur l’évolution de la #FFHG depuis sa création en 2006 pic.twitter.com/B9ulsTPCVU
— Équipes France Hockey (@Hockey_FRA) June 19, 2016
Un hockey français qui se développe progressivement
« On a également triplé notre budget en l’espace de quinze ans. On a augmenté considérablement le nombre de personnes travaillant à la fédération. Au début nous étions sept, nous sommes trente aujourd’hui. Je me souviendrais aussi toujours de notre retour à Bercy la deuxième année. A l’époque, le complexe n’avait pas accueilli de hockey depuis dix-neuf ans. On avait fait un pari de dingue pour y aller en calculant qu’il nous fallait 8000 spectateurs afin d’équilibrer le budget. Cela s’est déroulé le mercredi soir de la Saint-Valentin parce que c’était la seule date libérée par l’annulation d’un concert de Johnny Hallyday. On a fait 12000 avec une affiche Angers-Epinal qui n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.
Je me souviendrais aussi toujours des victoires contre la Russie et le Canada aux championnats du monde, mais aussi de l’organisation de ces championnats (2017) qu’on arrive à réaliser avec un petit budget de cinq millions au lieu d’une dizaine. Cela a été un succès populaire malgré les difficultés en raison des normes de sécurité que l’on avait pas, et les promesses non tenues par les élus entre les deux tours des élections de l’époque. Mais on s’en est bien sortis et on organise désormais des championnats du monde tous les ans.

Les villes sont demandeuses, et une fois qu’elles en ont eus, elles en veulent de nouveau. Désormais, la Coupe de France se dispute régulièrement à Bercy devant des travées remplies, peu importe l’affiche. Le nombre de licenciés est croissant, et le développement des sections féminines se poursuit. Je n’ai qu’un seul regret, mais ce n’est pas encore terminé, c’est la qualification olympique. Nous avons encore une chance, que ce soit avec les garçons ou les filles.
Et puis il y a la création du centre national. Avec peu d’argent, on a construit un centre qui nous est envié par toutes les autres fédérations pour 76 millions d’euros, grâce aux subventions. Depuis, on a rajouté des logements pour les filles, notre pôle. On doit discuter cette semaine d’un autre bâtiment à Chamonix. A l’époque, il n’y avait que Clairefontaine, Marcoussis, Roland-Garros, le Vélodrome, et nous. Le handball est arrivé après. On est petits, mais on a des idées. Il faut préparer l’avenir et passer la main. Je reste au comité directeur, sauf si je suis appelé par la fédération internationale, mais j’aurais toujours un œil bien veillant sur la FFHG. »


