Nous suivre

Handisport

Matéo Bohéas : « J’ai peu de regrets car Patryk Chojnowski est plus fort que moi »

Publié

le

Matéo Bohéas J'ai peu de regrets car Patryk Chojnowski est plus fort que moi
Photo T. Nguyen / France Paralympiques

PARA TENNIS DE TABLE – Tout juste vice-champion paralympique à Tokyo, Matéo Bohéas a répondu à nos questions pour évoquer sa finale, la compétition par équipes, Paris 2024 ou encore la médiatisation des Jeux Paralympiques de Tokyo. 

Matéo, avec quelques jours de recul, est-ce que tu réalises ce que tu as accompli à Tokyo ?

Oui, je commence à réaliser que j’ai fait quelque chose d’énorme et que peu de personnes m’attendaient sur la 2ème marche du podium. J’étais venu pour une médaille et je repars avec l’argent, donc mon contrat en simple est rempli. Cependant, la défaite en quarts de finale en équipe nuance la réussite de ce tournoi, car c’était sans doute ma plus grande chance de médaille en arrivant à Tokyo. Je voulais vraiment faire une médaille avec mon partenaire Gilles de la Bourdonnaye, pour tout ce qu’il a fait pour moi et pour sa dernière compétition de sa carrière. Mais malheureusement, on est passé à côté de notre quart de finale.

Tu entames très bien cette finale, tu mènes de plusieurs points et derrière, tu as plus de mal. Que s’est-il passé ?

Chojnowski est n°1 mondial depuis de nombreuses années, et il ne perd que très peu de matchs chaque année (2 matchs perdus en 5 ans). C’est un joueur très complet et compliqué à mettre en difficulté. Je savais que je devais bien partir pour le faire un petit peu douter, et le plan marche bien car je mène 8-5 dans le premier set. Malheureusement, après, il commence à faire moins de fautes et à jouer beaucoup plus juste, et je n’arrive plus à remporter les points. Il a été solide sur cette fin de set donc après la perte de celui-ci, tout devient plus difficile.

As-tu des regrets sur cette finale ?

J’ai peu de regrets car il est plus fort que moi. Après oui, si je remporte le premier set, peut-être qu’il se serait un petit peu tendu, et que j’aurais pu avoir une petite chance. Sinon, mon niveau de jeu n’était pas mauvais et j’ai essayé de trouver des solutions donc dans l’ensemble, j’ai fait mon maximum. Mais il est plus fort.

Après l’argent, l’objectif ne peut être que l’or à Paris ?

L’objectif sera bien sûr de faire mieux, mais surtout de se rapprocher du niveau de Chojnowski, car il y a vraiment de l’écart entre lui et les autres. J’ai surtout pour objectif d’arriver à Paris en étant le n°2 incontesté de la catégorie et me rapprocher de lui pour continuer à le faire douter un peu plus à l’avenir. Après, aller chercher une médaille restera l’objectif premier, et la plus belle possible dans l’idéal.

Par équipes, cela s’est donc moins bien passé, comment l’expliques-tu ?

On était prêts, mais on est complètement passé à côté lors du double. Les Australiens, et surtout l’un d’entre eux, ont très bien joué, et nous avons fait trop de fautes directes. On est mené très rapidement dans chaque set et on arrive parfois à revenir, mais un des Australiens a super bien joué certains points en fin de set. Ils ont mérité leur victoire. Nous sommes passés à côté, ça arrive.

Comment se sont passés ces JP, sans public, avec les contraintes liées à la crise sanitaire ?

Pour ma part, ça ne m’a pas trop gêné car le reste du temps, je ne joue jamais devant beaucoup de personnes. Ce n’était donc pas un désavantage pour moi et l’ensemble de l’équipe de France s’est beaucoup encouragé, pour quand même avoir de l’ambiance durant les matchs, c’était cool. Après, la salle était magnifique et avec du public, ça aurait été encore mieux. Mais on savait que ça serait bizarre de jouer dans une salle aussi grande mais vide, mais je l’ai plutôt bien vécu.

Il y a eu un suivi bien plus important que d’habitude sur ces Jeux Paralympiques, on imagine que c’est plaisant quand on est athlète ?

Oui, c’est très plaisant de se sentir soutenu par les supporters, les amis, la famille en France. Même les médias ont répondu présent sur ces Jeux Paralympiques et c’est génial car c’est une compétition qui montre comment l’Homme, même avec un handicap, peut réussir à faire des choses exceptionnelles. De plus, la France est un peu en retard sur la question du handicap dans sa société, donc c’est avec un suivi plus important de certaines compétitions que l’on va rattraper notre retard, par rapport à d’autres pays comme le Royaume-Uni par exemple. Merci à tous de nous avoir suivis, et j’espère que vous avez vibré pendant cette quinzaine !


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon et de cyclisme.

Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Fil Info

Actus à la une